« À Monsieur le préfet des Pyrénées-Orientales Quai Sadi Carnot 66 000 – Perpignan

 
Monsieur le Préfet,

 

Notre association « Bien vivre en Pyrénées catalanes » a, parmi ses objectifs, le souci de la préservation des milieux agricoles et naturels en les préservant d’opérations d’urbanisations qui leur sont préjudiciables. Ceci dans les limites du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes.

Nous avons été surpris par la lecture d’un article de Frédérique BERLIC en page 4 de L’Indépendant (édition Catalan du 15 novembre 2019) intitulé « Le Puigmal renaît de ses cendres ». Cette journaliste nous informe que la station « Quatre saisons » prévue pour être implantée sur le site de l’ancienne station de ski fermée au public en 2013 allait avoir un début de réalisation et qu’elle ouvrirait déjà le 21 décembre 2019, avec « 17 parcours tracés », sous l’égide du service Outdoor Experiences du Groupe Rossignol.

La communauté de communes Pyrénées-Cerdagne, avec l’appui du PNR et de sa présidente, par ailleurs présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales, soutient ce projet.

Nous apprenons aussi que l’État a cautionné ce dernier car, lors de la présentation in situ de la station « Quatre saisons » le 14 novembre 2019, le sous-préfet de Prades, Dominique FOSSAT, a donné son aval à sa mise en œuvre. Notre association n’est pas opposée a priori à la mise en place d’un projet alternatif tel celui d’une station « Quatre saisons ». Elle l’a fait savoir lors de l’enquête publique concernant le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté de communes Pyrénées-Cerdagne. Celle-ci, qui aborde la problématique de la station (UTN) du Puigmal, est close depuis le 31 octobre et le commissaire enquêteur n’a pas encore donné d’avis.

Nous avons fait remarquer que cette implantation d’infrastructures diverses, même « légères », dans ce milieu fragile de la haute montagne pyrénéenne ne pouvait s’effectuer sans étude d’impact préalable.

C’est ce que l’on prévoit lorsqu’il s’agit de territoires concernés, comme celui de la station du Puigmal, par une ZNIEFF et un site Natura 2000.

Avant d’engager la réalisation d’aménagements, il faut savoir ce que permettent de faire les règles environnementales concernant les impacts sur les milieux naturels et la biodiversité.

Pendant l’enquête publique pour le PLUIi de Pyrénées-Cerdagne, nous n’avons pas été les seuls à demander que cette enquête d’impact soit réalisée avant même d’entreprendre la mise en place d’infrastructures nouvelles. D’autres associations ont fait la même demande. Des personnes physiques également.

Deux points ont attiré notre attention :

1) Comme nous venons de le développer ci-dessus, il nous semble anormal d’entreprendre quoi que ce soit avant l’aboutissement du PLUi de Pyrénées-Cerdagne, alors même nous attendons l’avis du commissaire enquêteur.

Ce PLUi de Pyrénées-Cerdagne abordait le thème d’une UTN avec un périmètre limité à celui de l’ancienne station de ski alpin. Or, d’après la journaliste, dix-sept parcours seraient tracés le 21 décembre.

Où ? Comment ? Avec quel impact ? L’intercommunalité, le Département et le PNR auraient donc décidé de mettre la charrue avant les bœufs. Avec la bénédiction de l’État, comme semblerait l’indiquer la présence d’un sous-préfet ? On nous parle ensuite de « douze parcours de trail balisés, quatre ateliers (?), un kilomètre vertical (?), huit parcours de VTT et de VTT à assistance électrique et cinq parcours de marche nordique ». Il faut savoir où ils seraient implantés, quelles interventions sont envisagées pour mettre en place ces aménagements et quels en seraient les impacts prévisibles sur la biodiversité. Pour certaines de ces activités, on sait déjà qu’elles posent problème. Il faut donc agir prudemment.

Une fois de plus, une enquête d’impact est indispensable. Elle n’aurait jamais été envisagée et n’aurait pas plus été réalisée.

2) Nous sommes inquiets lorsque nous apprenons, toujours sous la plume de Mme BERLIC, que ce projet va déborder sur d’autres communes que celle d’Err, ce qui n’a jamais été évoqué dans le PLUi soumis à enquête publique.

En effet, il va concerner en sus de la vallée d’Err, celle du Sègre (Llo) et de la Vanera (Osséja et Valcebollère). On nous parle de Vedrinyans, hameau de la commune de Saillagouse et de la lointaine borne 504, très à l’ouest du cœur de l’ancienne station de ski du Puigmal, sur la crête frontière. C’est subrepticement, grâce à cet article et avec beaucoup d’inquiétude, que nous découvrons l’ampleur géographique du projet de « station des Quatre saisons » du Puigmal.
Nous vous demandons donc de faire diligenter, avant tout début d’aménagement, même a priori « légers » et supposés anodins (?), après avoir fait observer la séquence préalable « Éviter, Réduire, Compenser », une étude d’impact dans un périmètre qui devra être soigneusement délimité avant tout début de mise œuvre d’un quelconque projet dans un espace riche d’espèces végétales et animales, pour certaines rares ou endémiques. C’est de droit dans tous les territoires concernés, comme ces espaces, par des ZNIEFF et des zones Natura 2000.

Dans l’attente d’une réponse précise à nos questions et sachant que l’une de vos fonctions est de faire respecter la stricte légalité, veuillez agréer, Monsieur le préfet, l’expression de nos respectueuses salutations ».
Thomas FIGAROL, secrétaire de Bien vivre en Pyrénées catalanes, pour le bureau.