Certaines des mesures et précautions gouvernementales prises, affichées pour lutter contre la crise sanitaire liée au COVID-19 (coronavirus), notamment dans l’espace public, apparaissent plus ou moins farfelues. Il en est ainsi des protocoles que les communes du bord de mer sont tenues d’appliquer pour rouvrir leurs plages et ports de plaisance au public.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que dans ce domaine en tout cas nos édiles manquent d’idées, d’imagination, le Gouvernement également au passage, pour dérouler à la va-vite un mode d’emploi dont les professionnels et usagers de la mer savent qu’au fil du temps et de la déferlante estivale ces protocoles seront absolument intenables !

Un maire propose qu’on réserve sa place sur la plage par Internet, un autre de nous menotter avec un bracelet de couleur correspondant à un horaire particulier, un autre encore veut imposer un accès à la mer avec un ticket nominatif (un « pass plage »), un maire imagine même des box en thermoplastique transparent… et on ne vous dit pas tout ! Bref, des solutions, ou plutôt des propositions qui relèvent davantage de la dernière histoire belge que d’une réalité évidente qui saute aux yeux. Heureusement que le ridicule ne tue pas (encore) !

En se comportant ainsi, en agissant dans la précipitation coûte que coûte pour rouvrir leur plage « surtout avant le pont de l’Ascension » (…), les maires de la côte ne se sont-ils pas tirés une balle dans le pied ? Cela ne fait plus aucun doute désormais. Car ces mesurettes-là, empilées les unes sur les autres, n’ont certes aucun sens mais surtout ne pourront être appliquées face au tsunami estival.

En effet, on ne pourra jamais mettre un gendarme derrière chaque baigneur ou à côté de chaque adepte de la bronzette.

Vendredi, à Compiègne dans le département de l’Oise, et malgré l’interdiction du maire et des autorités, 600 personnes se sont rassemblées pour assister aux obsèques d’un jeune homme, dépassant ainsi largement la limite de vingt personnes fixée pour les enterrements. Sur place, la police a rapidement été submergée mais a géré la situation tant bien que mal. Ce genre d’événement va évidemment se développer.

Dans la mesure où le Gouvernement d’Edouard Philippe a décidé que cet été chaque Français pourrait partir en vacances sur le territoire national sans limites imposées, il fallait tout simplement commencer dès à présent par rouvrir les plages sans condition. Cela s’appelle la confiance. Il faut arrêter de déresponsabiliser les Français. Au-delà de l’aspect sanitaire incontournable qu’il fallait mettre en place pour enrayer la pandémie, le Gouvernement n’a cessé au plan sécuritaire de prendre des mesures d’assistanat inqualifiables et insupportables. Devrions-nous être un peuple définitivement d’assistés ? Alors qu’on nous verse un Revenu minimum pour rester chez soi, soyons logiques jusqu’au bout.

Les Français ont bien mérité de respirer sans contrainte, en toute Liberté. Comme le chantait Dalida : « Laissez-moi danser, chanter en liberté tout l’été ! ».

 

L.M.