EURL PARC PEDAGOGIQUE

FERME DE DECOUVERTE

Monsieur Hubert LEVAUFRE

2 Place de la Libération

66690 SAINT ANDRE

06.85.73.00.06

Madame Hermeline MALHERBE

Présidente du Conseil Départemental

24 Quai Sadi Carnot

66000 PERPIGNAN

 

 

Saint André, le 24 Janvier 2017

 

 

Madame la Présidente du Conseil Départemental des Pyrénées – Orientales,

La responsabilité sociale de la Ferme Découverte est forte ; nous sommes performant dans l’embauche, l’innovation sociétale, l’éveil des consciences et depuis 23 ans dans l’éducation populaire (60000 visiteurs et 5000 scolaires accueillis chaque année). Néanmoins nous sommes sans cesse mis en difficulté par un monde bancaire qui ne comprend, ou ne souhaite pas comprendre notre modèle économique.

Comme les agriculteurs, sans subventions ou sans financement, notre modèle n’est pas viable, car nous ne bénéficions d’aucune ligne de trésorerie pour couvrir notre cycle d’exploitation hivernale.

Vous devriez comptabiliser les quantités de financements que certaines banques comme le Crédit Agricole Sud Méditerranée (40% des financements immobiliers) investissent dans l’économie réelle et innovante.

En approfondissant le sujet, vous constateriez que nous devons d’urgence promouvoir les « CLUSTERS » pour sortir du marasme économique dans lequel est plongé notre département : plus fort taux de chômage, RSA, friches, interdiction bancaires, votes extrêmes et 16,4% d’inscrits aux restaurants du cœur.

Pour exemple, en 2008 les basques ont créé le  » CLUSTER Goazen » ; en 2012 ils ont créé la Banque Crédit Agricole du Tourisme Pyrénées Gascogne et reconnus qu’il était devenu indispensable de placer un grand panel de professionnels dans toutes leurs instances décisionnelles.

Nos amis banquiers d’« aqui », s’appuient eux sur l’économie de rente qu’apporte notre Département ; avec le plus fort pourcentage national d’impôts sur la grande fortune. Le rôle que nous devons assumer est capital pour l’avenir de notre département et essentiel pour sortir de nos difficultés.

Entendu que si personne n’incite la prise de risque, rien ne les contraindra à investir dans l’innovation et l’économie frugale. Avant d’avoir d’autres records liés à l’insécurité financière et sanitaire, déclarez notre département « Zone de garantie financière prioritaire » pourrait être incitatif pour relancer un meilleur soutien à l’économie innovante.

Cela couvrirait le risque des prêts de consolidation et assurerait pour beaucoup d’entreprises un cycle normal d’exploitation. De nombreux acteurs essentiels avec lesquels j’ai travaillé (Pierre Aylagas, Guy Esclopé, Francis Manent, Gilles Giuliani, l’UPE, la CGPME, l’Université, la CDC, le CEDAM…) connaissent ma vision constructive.

Il serait déplorable que les dégâts collatéraux assumés par le Crédit Agricole Sud Méditerranée, ne trouvent pas rapidement une issue gagnant /gagnant.

Dans l’espoir de vous rencontrer rapidement, je vous adresse, Madame la Présidente, l’expression de toute ma détermination à valoriser l’éveil des consciences et l’éducation bienveillante.

 

Hubert LEVAUFRE.

 

 

 

 OBJET : Cluster Agro-pastoral de l’Albèra

Une succession de réunions, « un projet commun », ainsi que la construction de parcs de contentions viendront-ils à bout des abattages d’animaux errants ?

Quand une vache passe côté Français, nous parlons souvent de « vaches Espagnoles ».

Avec les efforts entrepris, nous gardons l’espoir qu’avec une meilleure cohésion nous parlerons bientôt des vaches de nos « amis Catalans du Sud ».

En quelques mois, le ton a changé. L’esprit volontariste d’un excellent corps Préfectoral a enrichi notre communauté de projets, et cela bien entendu parfaitement coordonné par Pays Pyrénées Méditerranée.

Cet esprit de rigueur et la préoccupation d’ordre public prise très au sérieux par notre Sous-Préfet Gilles GIULIANI, ont permis de considérablement réduire le nombre de vaches en divagation non bouclées ; mais les efforts doivent être maintenus.

Notre capacité d’éradiquer le problème passera obligatoirement par la valorisation de nos vaches de l’Albères.

Cette économie pastorale accompagnée par le Pays Pyrénées Méditerranée, l’ADPRLPC, l’Université de Perpignan et Barcelone, différentes associations d’éleveurs de Catalogne Nord et Sud, des Chambres Consulaires et des services de l’’Etat contribueront ainsi à la valorisation d’un conservatoire des races caractéristiques et endémiques des Albères.

Cette valorisation pastorale ne se limitera pas à 13 partenaires car elle intègre aussi :

– les propriétaires fonciers qui autorisent ce sylvo-pastoralisme (60% de propriétaires privés, côté Français);

– les éleveurs, associations d’éleveurs et groupements pastoraux ;

– les associations de consommateurs (slow Food…);

– les centres d’interprétations déjà associés au projet, dont l’association Élevage d’Antan, propriétaire de vaches et taureaux des Albères et conservatoire de races anciennes depuis 23 ans;

– les défenseurs des chèvres catalanes (Martin et Karine Quintana) et nombreuses autres ressources encore sous-évaluées ;

– de nombreux maires et corps constitués de chaque côté de la frontière.

 

Ce projet doit être une aventure humaine qui intègre chaque maillon. En effet, comme il a été signalé, en 10 ans la forêt a progressé de 10 à 15% ; et si une valorisation de la filière a commencé dans les hauts cantons sur le littoral nous restons le maillon faible.

L’idée du POCTEFA n’est qu’une première étape d’un long processus, et comme l’a rappelé Guy ESCLOPE, la première étape est très réussie, car nous intégrons les contrats de ruralités engagés par la grande Région.

Il y a eu un symbole fort, le premier contrat de ruralité a été signé sur notre territoire. Parmi les 104 mesures, plusieurs actions publiques/ privées nous concernent pleinement.

Nos groupes de réflexions ou laboratoires d’idées, regroupent des experts.

Nos différentes propositions ont jusqu’à présent fait avancer nos politiques publiques de façon très constructives.

Aussi j’attire votre attention sur d’indispensables prochaines étapes, dont un  » Cluster Agro-pastoral de l’Albèra ».

Pour votre compréhension, je vous adresse comme possibilité d’exemple cette présentation remaniée que des amis basques et audois ont établi dans un domaine touristique et agroalimentaire, d’ailleurs pour notre cohésion et la réussite de nos actions, nous pourrions très bien nous en inspirer.

DE L’IMPORTANCE DES CLUSTERS ET DU ROLE DES CLUSTERS DANS LE DEVELOPPEMENT DES FILIERES EN FRANCE

CE POINT DE VUE EST INSPIRÉ DE LA COLLABORATION DE MADAME CORINNE CERVEAUX POUR LE CLUSTER GOAZEN ET MONSIEUR PATXI CASTAGNET POUR LE CLUSTER TOURISME DE L’AUDE, QUE NOUS REMERCIONS CHALEUREUSEMENT…

Ce texte est inspiré du travail réalisé́ par Jérôme CAROVOL, Directeur associé du cabinet EMOVEO.

  • Avant toute chose, l’idée de cette suggestion est de définir ce qu’est l’esprit d’un cluster ?

Il est utile de rappeler qu’un cluster est une grappe d’entreprises, généralement dans un même domaine d’activité́, potentiellement concurrentes mais qui décident de développer des coopérations dans le but de construire des avantages compétitifs durables.

Par exemple, un cluster concentre les entreprises et acteurs de différentes filières. Ensemble, ils s’accordent sur une vision stratégique commune pour relever les enjeux et développer la compétitivité́ de leur territoire.

Cette stratégie est déclinée en plan d’actions pluriannuel, mis en œuvre à la fois entre et pour les adhérents du cluster, mais aussi, en interaction avec les politiques publiques locales (Pays, villes et communes, syndicats d’éleveurs, structures de promotion, écoles et universités, chambres consulaires etc.… ).

Le périmètre des actions porte sur une ou plusieurs thématiques qui relèvent de la performance économique : les ressources humaines, le marketing et l’internationalisation des clientèles, la qualité́, l’innovation, la mutualisation de moyens…

Ainsi, un cluster poursuit des finalités multiples et croisées, qui peuvent être classées en deux grandes catégories d’objectifs :

  • des objectifs d’accompagnement de la compétitivité́ des entreprises ;
  • des objectifs de développement territorial.

Cette définition permet de faire la distinction entre une démarche cluster et un schéma de développement qui sont complémentaires.

  • Pourquoi se poser la question d’un cluster ?
L’on pourrait qualifier la première approche de « top-down » (c’est la stratégie territoriale qui
Impulse le cluster) et la deuxième de « bottom-up » (ce sont les besoins des entreprises qui
font cluster). Au final, l’important est que les deux approches se croisent.
  • Pourquoi le cluster est-il le bon niveau de réponse pour développer l’activité ?

Lorsque l’on observe la chaine de valeur, l’on observe des caractéristiques fondamentales : le client est au centre, les activités sont normées, les besoins en capital sont importants, la professionnalisation des ressources humaines est une condition nécessaire au développement des entreprises, l’obligation d’innovation est permanente.

Ces caractéristiques sont également présentes dans l’industrie et l’expérience industrielle a montré́ que le cluster est le bon niveau de réponse

En outre, le client est acteur de la construction du produit qu’il consommera, les entreprises sont essentiellement des TPE et le point d’accroche est l’identité́ du territoire. Ce sont autant de caractéristiques supplémentaires qui renforcent le sens d’une démarche cluster pour améliorer la compétitivité́ économique des entreprises, anticiper les mutations des marchés et développer la qualité́ de l’offre.

  • Quelles sont les conditions de réussite d’un cluster ?

« Top 6 » des conditions de réussite, les 6 fondamentaux seraient les suivants :

  •  Une vision/des objectifs partagés qui font sens pour l’ensemble des entreprises et qui permettent de se centrer sur ce qui est important tout au long de la vie du cluster.
  •  Une organisation qui s’appuie sur les « majors » dans chaque filière pour garantir la représentativité́ et la force du message, pour mobiliser les ressources financières (adhésions) et techniques (compétences…) privées, pour agir lourdement sur le territoire.
  •  Un fonctionnement en mode « projet » pour donner la priorité́ aux projets, pour faciliter l’implication de toutes les parties prenantes, pour concrétiser les ambitions.
  •  Des responsabilités de pilotage variables selon les actions :

o Maître d’ouvrage et maitrise d’œuvre ; o Assistant à la maitrise d’ouvrage ; o Fournisseur de données sur les entreprises.

  •  Un organisme d’appui pour assurer le besoin en fond de roulement financier, pour apporter des ressources techniques et logistiques mais aussi des compétences humaines.
  •  Une animation du réseau par un expert en appui des entreprises pour poser les premières briques et accompagner la démarche dans le temps : i) commencer par apprendre à travailler ensemble ; ii) expérimenter les idées/actions ; iii) communiquer régulièrement les succès comme les échecs qui font partie de l’expérience.

En conclusion, avoir des résultats tangibles est nécessaire pour impulser et ancrer une dynamique collective. Les entreprises veulent mesurer les retombées économiques et le cluster doit leur apporter une valeur ajoutée additionnelle. C’est pourquoi il est absolument indispensable que les entreprises soient au centre de la démarche de cluster.

Or, le secteur privé n’est que peu structuré en clusters.

Le cluster est le bon outil pour la dynamisation d’un territoire et permet, via l’interclustering, de développer les synergies indispensables avec le tissu économique local pour consolider la solidité́ et/ou anticiper les mutations économiques territoriales.

Texte inspiré du travail réalisé par le cabinet EMOVEO