C’est écrit !

L’Histoire se répète, on le dit souvent, et cela se réalise (presque) toujours.

Parmi les nombreux enseignements que l’on peut tirer « mathématiquement » des résultats du 1er tour de l’élection présidentielle dans le département des Pyrénées-Orientales, on peut affirmer dès à présent que si le second tour des élections législatives avaient lieu dimanche prochain, les quatre circonscriptions des P-O basculeraient à gauche inévitablement… Comme ce fut déjà le cas le 1er juin 1997 ! Exactement.

En effet, l’équation est simple et évidente : un taux de participation élevé, environ 80%, avec un Front National (FN) largement au-dessus des 20% des suffrages exprimés, assurent la présence du parti de Mme Marine LE PEN au 2ème tour dans tous les cas de figure pour imposer des « triangulaires » meurtrières pour la Majorité présidentielle actuelle (l’UMP) à l’Assemblée nationale.

Dans les 4 circonscriptions qui nous concernent ici, hier le FN a réalisé nettement plus que la barre des 12% des inscrits imposée par la Loi pour pouvoir se maintenir à un second tour :

– 1ère circonscription : 18,60% (des électeurs inscrits)

– 2ème circonscription : 22,29%

– 3ème circonscription : 17,69%

– 4ème circonscription : 18,83%.

Dans ce cas de figure, et si dans la foulée de la présidentielle les électeurs roussillonnais maintiennent leur choix politique en juin prochain : Jean VILA (Front de Gauche) devrait succéder à Daniel Mach (UMP), sur la 1ère circonscription ; Mme Toussainte CALABRESE (PS) devrait succéder à Fernand Siré (UMP), sur la 2ème circonscription ; Mme Ségolène NEUVILLE (PS) devrait succéder à François Calvet (UMP), sur la 3ème circonscription ; et Pierre AYLAGAS (PS) devrait succéder Mme Jacqueline Irles (UMP).

Et ce, d’autant que dans les 4 circonscriptions des P-O les candidats de gauche disposeraient d’un réservoir de voix considérable (écologistes, communistes, etc).

Rappelons que c’est ce scénario qui avait permis, le 1er juin 1997, à la gauche de l’emporter :

Jean VILA (PCF) avait été élu sur la 1ère circonscription, avec 42,52% des voix ; contre 33,22% à Claude Barate (RPR-UDF) et 24,26% à Jean-Louis De Noell (FN)

Me Jean CODOGNèS (PS) avait été élu sur la 2ème circonscription, avec 44,17% des voix ; contre 38,53% à André Bascou (RPR-UDF) et 16,5% à Denis Saenz (FN)

– Sur la 3ème circonscription, Christian BOURQUIN (PS) l’avait emporté sur François Calvet (UDF-RPR), avec 53,44% contre 46,56%

– Enfin, la 4ème circonscription des P-O était restée à gauche, grâce à Henri SICRE (PS) qui avait largement distancé Me Pierre Becque (UDF-RPR) : 57,65% contre à peine 42,35%.

On le constate, les deux circonscriptions classées les plus à droite sur l’échiquier politique départemental – la 1ère et la 2ème – n’avaient eu « aucun mal » à basculer à gauche…

En affinant l’analyse, et toujours à la lueur des résultats de ce 1er tour de l’élection présidentielle localement, si les victoires de la gauche semblent désormais acquises sur la 3ème et 4ème circonscriptions, en revanche l’UMP pourrait sauver les meubles dans la 1ère circonscription mais seulement en cas de duel fratricide à gauche entre Jacques CRESTA (PS), vice-président du Conseil régional et Jean VILA (FdG), maire de Cabestany et conseiller général… Quand à la 2ème circonscription, il sera très intéressant de suivre le duel entre Mme Toussainte CALABRESE (PS), conseillère général et José PUIG (MoDem), maire de Claira et président de la communauté de communes Salanque-Méditerranée.