« Non cumul des mandats : le mythe du député les pieds dans la glaise »

Sous ce titre, Frédéric Gonano (ex-PS), conseiller municipal d’Opposition de la Ville de Perpignan, nous prie d’insérer en réaction à un communiqué de l’ancien député et maire de Pollestres, Daniel Mach (par ailleurs secrétaire départemental de l’UMP’66), que nous avons publié hier dans ces mêmes colonnes :

« Dans un communiqué du 18 septembre 2013, le maire de Pollestres a exprimé sa position et celle de la majorité des parlementaires UMP sur le non-cumul. Cette position a le mérite d’être claire et assumée ! Sur le fond, elle ne convainc pas.

En substance, il est dit que le cumul mandat local/mandat national « permet à l’élu de rester connecté aux réalités de terrain » et de « relayer les préoccupations des citoyens au Parlement ». S’il ne s’agissait que de cela, le projet de loi devrait les rassurer et les satisfaire puisque le non cumul ne s’appliquera qu’entre un mandat national et un exécutif local. Autrement dit, un député pourra toujours être « simple » conseiller municipal ou régional. Il sera donc connecté aux réalités du terrain, ce qui répond parfaitement aux exigences affichées par l’UMP ! Il ne lui reste donc plus qu’à voter la loi…. 

Mais poussons la logique un peu plus loin et arrêtons-nous un instant sur le cumul, par exemple, député/maire ! Quelle(s) plus-value(s) apporte le cumul des mandats ?

–          Les lois votées par les députés français qui cumulent sont-elles si outrageusement meilleures que celles de leurs homologues européens qui ne cumulent pas ?

–          Un député qui cumule est-il plus efficace, en tant que député, que ses collègues non cumulards  ?

–          Un maire qui cumule est-il plus performant, en tant que maire, qu’un homologue non cumulard ?

En d’autres termes est-on meilleur ou plus performant quand on cumule ?

Ceux qui répondent « oui » devraient diffuser rapidement l’information : il ne faudrait pas que puissent être investis des « non cumulards », par définition moins bons que les autres, pour gérer le destin des citoyens d’un territoire.

Si on répond, en toute logique non partisane, par la négative, alors on est bien obligé de constater que le non-cumul n’apporte rien, en termes d’efficacité, au citoyen. Il apporte juste une concentration du pouvoir dans des mains réduites.

Personne ne conteste la nécessité d’un lien avec le terrain et les citoyens. Mais ce contact direct peut être fait indépendamment de tout pouvoir exécutif local. Une expérience professionnelle, un parcours personnel, un investissement dans une association… sont autant de contacts en prises directes avec « le terrain » et ces expériences ne valent pas moins qu’un mandat de maire ou de président de région. Rien n’empêche non plus un député d’aller directement sur le terrain…

Et puisqu’il est question d’écoute du terrain, il semblerait que les citoyens soient largement favorables au non-cumul ! Mais ce message-là peine, apparemment, à être entendu… malgré le cumul sensé « maintenir le contact… ».

– NDLR, Rappelons que Frédéric Gonano a démissionné du PS au printemps dernier, car en profond désaccord avec son parti à propos du cumul des mandats des élus de la République, souhaitant lui l’application immédiatement d’une loi « anti-cumul »…