« Non à la région Hollande/Valls »

Sous ce titre, le parti Convergence Démocratique de Catalogne (CdC), nous communique avec prière d’insérer :

« La réforme territoriale voulue par M. Hollande pourrait marquer une nouvelle date tragique pour les P.O., pour notre Catalogne du Nord. En effet la fusion des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon et la disparition à terme de notre département risquent purement et simplement de faire disparaître l’identité catalane en France.

L’importance de l’enjeu et l’imminence du projet de réforme territoriale imposent que soit lancé le débat: les Catalans ne peuvent être mis devant le fait accompli!

L’avenir de notre territoire n’a pas à se décider dans les bureaux d’un ministère, ni à être sacrifié aux intérêts personnels des barons investis par les partis parisiens.

Nul ne conteste la nécessité d’effectuer des économies. Mais la débâcle de l’État français est d’abord celle d’un État centralisé à outrance. Et le centralisme coûte cher!

Réduire le millefeuilles administratif est une urgence absolue: oui, bien sûr. Mais dans l’appareil d’État! En effet, une multitude d’institutions détiennent le vrai pouvoir mais échappent à tout contrôle démocratique direct: ministères, administration centrale, préfectures, sous-préfectures, rectorats d’académies… Régionaliser l’appareil d’État, supprimer les doublons et réduire l’appareil central au seul exercice des fonctions régaliennes, voilà qui serait une vraie réforme salutaire. Les gisements d’économies sont dans une véritable fédéralisation et non dans une énième recentralisation.

Les éventuels redécoupages territoriaux doivent se fonder sur les réalités économiques, culturelles, géographiques et historiques, et non sur des vues déshumanisées et bureaucratiques. Nous plaidons pour des régions qui ont du sens, dans la réalité et le vécu: Alsace, Catalogne, Corse, Savoie, Pays-Basque, Bretagne avec Nantes comme capitale, Normandie réunifiée, Lorraine, Bourgogne, Franche-Comté, Occitanie… Ainsi se sont organisés des pays fédéraux comme la Suisse ou l’Allemagne, pays qui compte des Länder de tailles aussi diverses que la Bavière, la Sarre ou la ville de Hambourg.

Nous devons donc urgemment nous mobiliser pour débattre et décider de notre avenir. Mais si M. Hollande entend imposer, sans vote démocratique, notre disparition pure et simple, nous serons contraints de remettre en cause le bien-fondé de notre appartenance à cet ensemble. Car il n’a pas œuvré à notre épanouissement économique, démocratique et linguistique et son bilan aura été décidément bien désastreux.

Et nous pourrons envisager une autre appartenance: celle qui nous tourne vers un ensemble catalan prospère, réconcilié avec son identité, ouvert vers l’Europe, vivant en harmonie avec ses voisins Sud-Catalans… Et si c’était là notre chance? La question mérite d’être posée et débattue.

À l’heure où l’Écosse et la Catalogne, deux grandes régions européennes, préparent leur référendum sur l’indépendance, le temps des États mastodontes, monolithiques et sclérosés semble révolu. Ces entités, trop grosses pour être réactives et proches des citoyens, sont d’ailleurs devenues trop petites à l’échelle d’une économie mondialisée. L’avenir est selon nous aux communautés à taille humaine, à l’Europe des régions et des peuples solidaires.

CDC, proposera dans les prochains jours des initiatives pour débattre et faire en sorte que les habitants du Pays Catalan soient informés et que toute décision concernant notre avenir soit prise après un débat démocratique ».