Ce dimanche 15 mars 2020, 1er tour des élections municipales, marquera incontestablement un tournant dans notre démocratie nationale. La question est, maintenant : faut-il annuler le second tour de ces municipales abrancadabrantesques programmé pour le dimanche à venir, le 22 mars 2020 ? Voire faut-il tout annuler, même le 1er tour ?…

La réponse ne sera ni facile ni évidente, car elle ne peut être que multiple parce que : faut-il écouter les éminences grises du Comité Scientifique National ? Les partis politiques ? Les médecins urgentistes ? Les professionnels de santé dans leur ensemble ?… Sans oublier les citoyens, qu’un jour ou l’autre ce Gouvernement qui cumule maladresses, erreurs de communication (« pas que » sur le dossier de la crise sanitaire en cours) et certaines incompétences devra se résoudre à entendre une bonne fois pour toutes, un jour ou l’autre, dans un sens comme dans l’autre.

Hier, dans notre département, certains maires ont été élus ou réélus avec des scores digne d’une République Bananière, dès le 1er tour et ce parfois malgré la présence de listes multiples et diverses concurrentes, mais alors qu’à peine un électeur inscrit sur deux s’était déplacé…

La veille du scrutin, le Gouvernement, par une maladresse supplémentaire, et totalement irresponsable de sa part, a terrassé une majorité de l’électorat en mettant le pays sous cloche : annonçant notamment à 19h 30 ce samedi 14 mars par la voix du Premier ministre Edouard Philippe le passage de la nation au Stade 3… et la fermeture à minuit de « tous les lieux privés et publics non essentiels à la vie du pays ».

Evidemment, que cette décision incompréhensible (dans son acte de précipitation genre « prise le couteau sous la gorge »), de toute dernière minute sur un calendrier déjà sévèrement affaibli par la pandémie, a influencé, a eu un impact majeur sur le vote du 1er tour.

Le résultat : moins d’un Français sur deux s’est rendu aux urnes, hier ! Du jamais vu jusqu’ici lors d’un scrutin dans la République française. Avec la complicité d’une boulette gouvernementale – étourderie calculée ou bêtise involontaire ? –  le coronavirus a volé le droit de vote à nos aînés. Et en ce sens, l’élection d’hier est insupportable, démocratiquement pensant. Même si nous devons respecter toutes les personnes qui sont allées voter et bien sûr le choix qu’elles ont exprimé.

Il n’est pas question de remettre en cause ici la légitimité du scrutin qui a eu lieu hier (bien que…), mais les élus d’hier resteront dans la mémoire collective comme les « maires-coronavirus » de la République française. Il n’y a pas de quoi en être fier.

L.M.