-« Nous pouvons renverser le Conseil Départemental, la gauche est très absente, En Marche est en perdition et le RN ne compte que sur la ville de Perpignan ».

 

Chacun, dans son camp politique, appréciera le propos signé de…

La phrase est de Stéphane Loda, prononcée par le maire de Canet-en-Roussillon en tant que secrétaire départemental du parti Les Républicains des P-O (LR’66), lors du dernier en date Comité départemental des LR qui s’est tenu fin septembre dans sa commune. « Aussi, devait-il précisé, alors que l’on nous taxe à longueur de journée de parti politique mort, en perte de vitesse, nous avons enregistré de formidables succès aux municipales, sur les villes moyennes entrainant ainsi d’excellents résultats aux sénatoriales (…) ».

 

 

Sauf que présenté ainsi, ce constat dressé dans un passé proche pour se projeter dans l’avenir, c’est oublier que par exemple les Régionales se déroulent à la proportionnelle*… alors que les dernières Municipales – qui se sont achevées dans la douleur – le sont dans un scrutin majoritaire à deux tours. Conséquences et résultats sont différents. Si le vote à la proportionnelle était acté pour l’élection des députés, nul doute que le Rassemblement National (RN) serait le premier groupe en nombre de parlementaires à siéger dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale. Y’a du boulot d’ici à mars 2021. Refermons la parenthèse.
Christine Moulénat-Gavalda, présidente des LR’66, a pris la parole pour dire que depuis 2017, avec l’arrivée d’En Marche**, « nous avons vécu des moments compliqués, mais nous sommes heureux des résultats des sénatoriales ».

 

L’inoxydable sénateur et ex-maire du Soler, François Calvet, toujours là, indéboulonnable et ineffaçable – il restera dans l’Histoire politique contemporaine du Roussillon entre autre comme le seul élu à avoir battu à plusieurs reprises, électoralement parlant, feu le bulldozer socialiste Christian Bourquin –  prend la parole pour remercier les militants de leur présence malgré le contexte et dire son « plaisir d’accueillir dans la famille des Républicains le nouveau maire de Pia, Jérôme Palmade et le nouveau maire de Claira, Marc Petit. Ce dernier était d’ailleurs venu au Soler, dans le cadre de son mandat d’élu d’opposition de l’époque à Claira ». Cela crée des liens, forcément…

 

« C’est comme avec James Bond, nous avons le permis de rêver ! »

 

François Calvet a remercié également les maires élus, les conseillers municipaux. Le travail de terrain a payé. Il a rappelé « l’importance pour les nouveaux élus des deux premières années de mandat qui impriment la marque du nouveau maire » et il a exprimé toute sa satisfaction de voir le maire de Saint-Estève, Robert Vila, désormais président de la communauté urbaine, ainsi que les passages de témoins entre anciens et nouveaux maires, tels que Canet-en-Roussillon, Pollestres ou Le Soler, être une réussite.

 

Evidemment, les participants à ce Comité départemental LR’66, n’ont pas pu passer sous silence l’humiliante défaite électorale engrangée à Perpignan, et ce malgré – se sont-ils rassurés – « l’excellent bilan et le bon travail de l’ancienne majorité »… Visiblement, une analyse qui n’était pas partagée par les Perpignanais.e.s si l’on en juge par le résultat final dans les urnes.

 

 

Et François Calvet de conclure ainsi son intervention : « Il va falloir maintenant se revoir pour reconstituer un groupe, Droite et Centre Droit, pour repartir au combat pour Perpignan. Il est clair en revanche que tous ceux qui ont fait des accords avec En Marche, que ce soit aux Municipales ou aux Sénatoriales ont tous perdu. La « marque » n’est pas porteuse. Les vraies valeurs, c’est les Républicains qui les portent. L’événement important pour nous dans notre département, c’est la nomination de Jean Castex au poste de Premier Ministre, et nous verrons ce qu’il fera pour notre département, dans le cadre du Plan de Relance. Nous devons en profiter pour présenter des projets, projets à même de faire rêver, comme le TGV*** par exemple. Les communes doivent recenser les projets et se rapprocher de la préfecture ou des sous-préfectures pour le montage des dossiers éligibles au plan de relance à conjuguer avec le plan de
relance régional. En terme d’élections départementales, nous avons en face une équipe usée qui sent qu’elle va perdre, il faut donc en profiter et si nous gagnions les Départementales, cela évidemment nous aiderait pour revenir sur Perpignan (…) ».

 

Réaction d’un élu : « Chez les LR’66, c’est comme avec James Bond, nous avons le permis de… rêver ! ».

 

L.M.

 

*Pour ce qui est des élections régionales. Les Départementales, sauf si elles venaient à être « greffées » aux Régionales, se déroulent au scrutin majoritaire à deux tours.

**En Marche = La République En marche (LaREM) qui présentait des listes à Perpignan (conduite par le député Romain Grau) et à Thuir (le député Sébastien Cazenove), notamment.

***Déjà, avant d’aller plus vite que la musique, faudra penser au Train Jaune les Z’amis.