C’est fait ! C’est officiel ! Et c’est un coup de théâtre qui risque de faire exploser la droite perpignanaise… Romain GRAU (LR/ Les Républicains), 1er adjoint de la Ville de Perpignan, conseiller départemental, a été investi officiellement par le mouvement politique du nouveau président Emmanuel MACRON, « La République en Marche! », sur la 1ère circonscription des P-O, actuellement détenue par le socialiste Jacques CRESTA, conseiller régional.

Romain GRAU avait déjà averti le maire de Perpignan, Jean-Marc PUJOL, il y a quarante-huit heures, de la validation de sa candidature. Celle-ci devrait être officialisée, ce jeudi 11 mai à 14h 30, avec les trois autres candidats investis dans le département des P-O : Frédérique LIS (sur la 2ème circonscription), Laurence GAYTE (sur la 3ème circonscription) et Sébastien CAZENOVE (sur la 4ème circonscription).

Que s’est-il passé depuis dimanche soir, à l’issue du second tour de l’élection présidentielle ? Car cette soirée-là, le député sortant de la 1ère circonscription des P-O, Jacques CRESTA (PS), avait toujours le soutien (et les faveurs) de l’équipe « d’En Marche! » pour relever le défi des prochaines élections législatives. Et puis, subitement, la candidature de Romain GRAU (LR) s’est imposée, petit à petit, de plus en plus, de mieux en mieux, jusqu’à ce mardi 9 mai où il se murmure que c’est carrément Emmanuel MACRON qui aurait décidé d’investir personnellement le 1er adjoint de la Ville de Perpignan, avec lequel, dit-on, il aurait usé quelques culottes courtes sur les bancs de l’école (l’ENA)… A vérifier.

La certitude est que Romain GRAU a gagné la première bataille, mais d’autres l’attendent en chemin avant la victoire finale.

Pour commencer, quelle va être la réaction du maire de Perpignan à son égard ? L’équipe municipale souhaite dans sa majorité, il semblerait, que Jean-Marc PUJOL retire toutes ses délégations à Romain GRAU. Dès à présent. La tâche, pour le 1er magistrat, risque d’être particulièrement compliquée, cette fois-ci, car nous ne sommes plus là dans le même cas de figure qu’avec Brice LAFONTAINE, l’adjoint catalaniste privé de ses délégations « pour avoir trahi la majorité municipale »… Romain GRAU pourrait prendre pour suppléante une autre élue de la Majorité municipale, il serait question de Joëlle ANGLADE. A confirmer.

Ensuite, quelle va être l’attitude des candidats déjà investis par Les Républicains et le centre (l’UDI) ? Pour les premiers, il s’agit de Daniel MACH, le maire LR de Pollestres et vice-président de la Communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM), qui a fait deux mandats de député dans cette 1ère circonscription (avant d’être battu par Jacques CRESTA), et qui a pour suppléante dans cette nouvelle aventure électorale une proche du maire de Perpignan, Christine GAVALDA MOULENAT… Pour les centristes, il est question de Fabrice VILLARD, ancien directeur de cabinet de l’ex sénateur-maire de Perpignan Jean-Paul ALDUY, soutenu donc par l’UDI… Ajoutez à cela que Romain GRAU a été le suppléant du député Daniel MACH et vous aurez le pourquoi du comment du schisme perpignanais qui menace de faire imploser la droite !

Peut-être, peut-être ?, que Romain GRAU espère limiter la casse en s’étant assuré (en amont ?) du soutien de François LIETTA, le jeune président du Comité départemental LR des P-O, dont il vient d’appuyer l’entrée au Grand Orient (Loge GO)… Là aussi, de quelle tonalité va être la riposte du secrétaire départemental de LR, un certain… Daniel MACH ?

A gauche, toujours dans cette 1ère circonscription des P-O, la situation n’est guère meilleure : Me Jean CODOGNES, investi par Europe Ecologie Les Verts (EELV) et le PS, tente de rassembler toutes les sensibilités. Et ce n’est qu’à cette condition qu’il pourra prétendre accéder au second tour des législatives ; pour cela rappelons que le score de 12,5% des inscrits sont nécessaires. Pour l’anecdote, il faut se souvenir que Romain GRAU a été l’attaché parlementaire du député socialiste Jean CODOGNES (c’était alors sur la 2ème circonscription des P-O), après avoir été l’assistant parlementaire du député-maire de Céret, Henri SICRE (c’était alors sur la 4ème circonscription des P-O)… Vous suivez toujours ? Quand à Jacques CRESTA, c’est sûr et certain selon son entourage : « Sans investiture, il ne repartira pas ». La gauche, pour peu qu’elle redevienne stratégique dans l’union, soudée autour d’une seule et unique candidature, celle de Jean CODOGNES, pourrait alors créer une heureuse surprise face aux divisions osées de la droite – Romain GRAU, Daniel MACH, Fabrice VILLARD… – et à la candidate « Frontiste » assurée elle d’être présente au second tour. Souvenons-nous que Jean VILA (PCF), maire de Cabestany, avant Daniel MACH avait occupé le siège de député dans cette 1ère circonscription où, pour peu qu’elle soit fédérée, la gauche conserve des chances de l’emporter.