Du centre gauche – avec les candidatures de « La République en Marche! » d’Emmanuel MACRON et du MoDEM – jusqu’à Lutte Ouvrière, en passant par le Parti Socialiste, Europe Ecologie Les Verts (EELV), La France Insoumise, le Parti Communiste, etc.-etc., la moitié des candidats qui se présentent sur les quatre circonscriptions des Pyrénées-Orientales sont estampillés (ou se revendiquent) de la Gauche sur l’échiquier politique départemental.

A ce rythme-là, dans cette configuration-là, et sans être un expert patenté en commentaires géopolitiques, il est clair que la Gauche n’a pratiquement aucune chance d’accéder au second tour des élections législatives, le 18 juin prochain.

A l’évidence, pour alimenter ce contexte, il suffit de retranscrire dans chacune des quatre circonscriptions, les résultats des premier et deuxième tours de l’élection présidentielle, en tenant compte bien sûr uniquement des suffrages exprimés, et de les calquer sur la carte départementale des législatives…

L’analyse est sans appel !

Dans la 1ère circonscription : le candidat du FN, Alexandre BOLO, devrait logiquement arriver en tête, suivi de Daniel MACH (LR/ Les Républicains)… Romain GRAU (La République en Marche!) et Jean CODOGNèS (EELV-PS) ? Dans cette circonscription, on peut s’attendre à une triangulaire, sachant qu’il faut afficher au compteur au soir du 1er tour un résultat supérieur à 12,5% des inscrits. Romain GRAU a désormais une image floue, trouble et un peu déroutante au plan politique, pour être passé par tous les partis du système (à l’exception de l’extrême-droite et de l’extrême gauche, c’est vrai) ; quand à Me Jean CODOGNèS, comme on dit du côté de Montpellier : « méfie ! ». Jean CODOGNèS a déjà été élu député socialiste, dans la 2ème circonscription, il peut compter sur un réseau personnel impressionnant et, indirectement, une aide à peine masquée de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée. Les « bookmakers » le donnent « probablement dans le tiercé de tête » au soir du 1er tour.

C’est en tout cas la circonscription qui, à n’en pas douter, sera la plus suivie par les observateurs et chroniqueurs de la vie politique locale, tant l’enjeu est considérable pour l’avenir de personnalités telles que Romain GRAU (Que l’on dit ministrable en cas de victoire… mais on l’a également dit en leur temps pour Jean-Paul ALDUY et Arlette FRANCO – on connaît la suite), 1er adjoint de la Ville de Perpignan, et Daniel MACH, maire de Pollestres.

Dans la 2ème circonscription : devraient être qualifiés pour le second tour : Louis ALIOT (FN) et le député sortant Fernand SIRé (LR/ Les Républicains). Avec, pronostique-t-on, une très large avance du député européen « Frontiste » Louis ALIOT, qui bénéficie du soutien actif de nombreux élus locaux. ALIOT et SIRé, un point c’est tout ! Et s’il y avait une 3ème place pour former un podium, les observateurs privilégient à l’unanimité un seul nom : celui de Christine ESPERT (MODEM), pour « La République en Marche! ». Mais ils n’y croient pas.

Dans la 3ème circonscription : bien qu’inconnue de la scène politique locale, la candidate du FN Sandrine DOGOR – à la vue des résultats à la dernière élection présidentielle dans des communes clés comme Saint-Estève, Millas, Claira ou Perpignan – est pratiquement assurée de figurer au second tour. Mais face à qui ? Danièle PAGèS (LR/ Les Républicains), adjointe au maire de Perpignan, ou l’ex-secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l’exclusion, Ségolène NEUVILLE, par ailleurs 1ère secrétaire de la fédération catalane du PS ? Logiquement, si tous les maires LR de la circonscription jouent le jeu avec leur électorat pour Danièle PAGèS, en mouillant la chemise pour celle dernière, ça devrait passer… pour accéder au second tour. Pour Ségolène NEUVILLE, la tâche parait plus ardue et plus compliquée, car sur sa gauche, La France Insoumise a fait un excellent résultat aux dernières élections, écrasant le PS de Benoît HAMON dont elle demeure localement le porte drapeau. Philippe ASSENS, pour La France Insoumise (Jean-Luc MéLENCHON), pourrait s’avérer être un redoutable adversaire, tant l’homme est apprécié, écouté et connu sur ce territoire. Il y a du repêchage dans l’air pour la seconde place… pour le second tour.

Dans la 4ème circonscription : Sébastien CAZENOVE, le référent bogosse départemental d’Emmanuel MACRON, celui auquel le mouvement « En Marche! » doit tout dans les P-O depuis les débuts, avait un boulevard devant lui pour succéder au socialiste Pierre AYLAGAS, ancien maire d’Argelès-sur-Mer. Moins, peut-être, depuis le choix de sa suppléante – Laurence MUGUET, contre laquelle nous n’avons rien – qui risque de constituer son premier faux-pas dans son sans-fautes ! Car dans cette 4ème circonscription, pour assurer ses arrières au plan électoral, il faut savoir s’ancrer à Argelès-sur-Mer, ou quelque part sur la Côte, et du côté de Céret. Sébastien CAZENOVE aurait pu constituer un tandem avec Isabelle MOLY-BLIN (l’épouse du 1er vice-président du Conseil Départemental), ou avec le maire de Sorède, Yves PORTEIX, qui fut l’un des premiers à parrainer Emmanuel MACRON pour la présidentielle, et qui est très actif sur la Côte depuis les Albères… tout en étant natif de Céret ! Ce n’est visiblement pas le choix retenu par Sébastien CAZENOVE.

Toutefois, nous constaterons également au soir du 1er tour que le duo socialiste formé par Alexandre REYNAL (maire d’Amélie-les-Bains/ Palalda) et Marina JOLY-PARRA (1ère adjointe au maire d’Argelès-sur-Mer), reposant pourtant sur le Vallespir et la Côte Vermeille, n’est pas un heureux attelage, loin s’en faut !, mais là pour d’autres raisons.

Il en est de même pour Jacqueline IRLèS (LR/ Les Républicains), maire de Villeneuve-de-la-Raho, ancienne députée dans cette 4ème circonscription (2007-2012), qui n’a toujours pas réussi à s’implanter sur la façade littorale de la circonscription qu’elle vise donc à nouveau. Ses relais locaux n’y sont pas (très) actifs.

Dans cette 4ème et dernière circonscription des P-O, les électeurs-trices pourraient décider d’une triangulaire pour le second tour avec comme acteurs politiques : Stéphane MASSANELL (FN), Sébastien CAZENOVE (La République en Marche!) et Jacqueline IRLèS (LR/ Les Républicains).