Tous les socialistes de cette langue de terre qui va des villages du Fenouillèdes jusqu’à Saint-Cyprien s’étaient donné rendez-vous, l’autre vendredi soir à Claira, pour écouter avec ferveur les propos de Toussainte Calabrese, leur candidate aux élections législatives, et de Michel Maffre son suppléant, en présence d’ Hermeline Malherbe, présidente du Conseil général des Pyrénées-Orientales, et du sénateur des P-O, Christian Bourquin, président de la Région Languedoc-Roussillon.

Plus de deux cents personnes s’étaient déplacées, venues de toute part, de tous les cantons de la 2ème circonscription – Torreilles, Saint-Laurent, Pia, Maury, Salses-le-Château… – pour entendre les propos de Toussainte Calabrèse, de Christian Bourquin, d’ Hermeline Malherbe, de Michel Maffre… Heureux, enthousiastes de se retrouver pour soutenir leur candidate aux législatives et, surtout, leur candidat à la présidentielle : François Hollande.

Michel Maffre, vivement acclamé, a souligné la tristesse de la situation présente : précarité, mal logement, appauvrissement, etc. Son leitmotiv : « On continue ou on change », a soulevé un cri unanime : « On change » !

Toussainte Calabrèse lui a succédé. Elle a décrit son parcours (brièvement puisque devant un public largement composé de fidèles). Elle a évoqué son travail de cadre notarial spécialisé dans le droit de la famille qui la met en contact avec la dure réalité de beaucoup de familles, sa mission de conseillère générale sur le canton du Bas Vernet (Perpignan), où elle touche du doigt la déchéance des divers services publics : la « santé » dont les conditions de travail se dégradent, l’Assurance-Maladie de plus en plus déficiente, la politique familiale et son aberration du travail le dimanche, le manque de places dans les crèches, la réduction du pouvoir d’achat, les personnes âgées ne pouvant demeurer chez elles, les jeunes, victimes du chômage croissant, l’école et l’amplitude de l’échec scolaire, la suppression des classes maternelles, 80% des enseignants dont les salaires stagnent depuis des années… « Et pourtant, s’est-elle emportée, l’enseignement se devrait d’être une connaissance, un savoir digne d’investissement ».

Enfin, Toussainte Calabrèse a terminé son intervention en insistant sur le fait « qu’il n’est nul besoin de travailler plus, mais surtout de travailler tous » !

Hermeline Malherbe a exprimé sa confiance en la victoire de François Hollande. Elle a insisté sur son espoir « de voir gagner le réalisme et la justice ».

Sa seule recette : « Se rassembler pour l’emporter ».

« CASSES-TOI PAUVRE CON ! »

Enfin, Christian Bourquin a commencé son intervention comme un bruit de tonnerre : «Casses-toi pauvre con !». Et devant un public d’abord surpris puis conquis, il se livra à une imitation très réussie des tics du président-candidat… Puis il devint sérieux. « C’est de nous, nous les 65 millions de Français qu’il s’agit aujourd’hui. Nous et nos préoccupations : emploi, éducation, pouvoir d’achat, justice… La liste n’est pas exhaustive. Sarkozy, lui n’a qu’un seul but : chercher à nous opposer. Ainsi, cette diatribe au Salon de l’Agriculture : «Ah, vous au moins vous n’êtes pas des fonctionnaires». Minable ! Retenons que Sarkozy n’est pas président de la République, mais seulement le chef d’un Etat fait à sa botte ! ».

Christian Bourquin a interpelé l’assemblée: « Amis, réfléchissons: nos valeurs ne sont pas celles de l’Elysée. Ce sont des valeurs simples, de tous les jours. Votons donc pour celui qui représente nos valeurs démocratiques ! »

Il a appelé à la prudence: « Attention à l’accélération du temps médiatique qui fait que les 45 jours qui nous séparent de la présidentielle l’équivalent d’un an pour des élections antérieures. Attention au parfum de victoire dont il faut se méfier. Soyons donc vigilants et sachons propager l’espérance qui sous tend la campagne de François Hollande, natamment sur le plan institutionnel avec l’abrogation de la loi relative au démantèlement des pouvoirs locaux, et l’enterrement définitif des conseillers territoriaux, avec une importance accrue donnée aux élus locaux… Ouvrons donc le pouvoir local et laissons à l’Etat le pouvoir régalien de la justice , de l’éducation, de la santé, de la représentation à l’étranger… ».

Enfin, se rappelant son premier mandat d’élu, l’actuel patron de la Région a déclaré : « Je terminerais par cet anagramme que je trouve de bon aloi : Etre Maire, c’est Aimer« .