Arnaud Montebourg est décidé à « faire monter la pression »… Il a demandé, hier, à Martine Aubry, 1ère secrétaire nationale du Parti socialiste (PS), de fixer à 67 ans l’âge limite des candidats PS aux prochaines élections législatives, dans une lettre qui donne en annexe la liste des députés touchés par cette limite d’âge en 2012. « Je te propose donc de demander au Bureau national de demain, mardi 8 novembre 2011, de fixer l’âge limite à l’investiture à 67 ans révolus », écrit le député de Saône-et-Loire à la première secrétaire du PS, dans ce courrier rendu public.

« Est-il acceptable que des députés socialistes ayant accompli parfois leur 7e ou 8e mandat, élus depuis 1978 ou 1981, atteignant l’âge respectable de 68, 69, 70, 71, 72 ou 73 ans, déclarent vouloir se représenter dans une période où le monde ne vit plus sur les mêmes règles qu’il y a ne serait-ce que 10 ans? », s’interroge le troisième homme de la primaire du PS, qui aura 50 ans début 2012.

« Je constate d’ailleurs que certains de nos camarades député(e)s ont décidé par eux-mêmes de ne pas se représenter aux suffrages des électeurs afin de laisser la place à des femmes, à des jeunes ou à des Français issus de l’immigration », ajoute Arnaud Montebourg, qui a annoncé qu’il ne se représenterait pas en 2012 après trois mandats depuis 1997. En annexe de sa lettre, il reproduit une liste de 21 noms de députés « de plus de 68 ans révolus à la date de l’investiture », en précisant s’ils veulent ou non se représenter.

Parmi ceux qui veulent se représenter figurent les ex-ministres Jack Lang (72 ans), ancien ministre de la Culture élu dans le Pas-de-Calais, Tony Dreyfus (73 ans), élu à Paris… ainsi que Jean-Louis Bianco, ancien Secrétaire général de l’Elysée sous François Mitterrand, Gérard Bapt, élu dans le département de la Haute-Garonne (Toulouse), en pointe sur le dossier du Mediator, ou René Dosière, grand contempteur de l’envolée des dépenses de l’Elysée depuis la présidence de Jacques Chirac.

Arnaud Montebourg ajoute qu’il avait « bien sûr pris le soin d’avertir (le) candidat François Hollande de la présente initiative qu(‘il) prend en (sa) qualité de secrétaire national à la rénovation ».

Si la direction du PS, dans sa probable, et même certainement inévitable rénovation et recomposition – suite à l’élection primaire le mois dernier pour désigner le candidat socialiste à la présidentielle de 2012 – décidait de retenir les « conseils » d’Arnaud Montebourg, alors, par exemple, dans notre département des Pyrénées-Orientales, à à peine 69 ans Pierre Aylagas (PS) ne pourrait pas se présenter aux législatives de juin 2012 sur la 4ème circonscription, car il aurait alors dépassé la limite d’âge imposée… Ce qui, dans le cas présent, serait assurément un coup dur pour le maire d’Argelès-sur-Mer et président de la communauté de communes Albères-Côte Vermeille, de par ailleurs président du Comité départemental de tourisme (CDT), l’homme fort justement sur cette partie du territoire.

Mais Pierre Aylagas peut dormir tranquille. La requête formulée par Arnaud Montebourg a très peu de chance d’aboutir, car elle intervient beaucoup trop tard : aux lendemains en tout cas de la mise en place de la nouvelle et définitive circulaire que les candidats socialistes pour les législatives s’engagent à respecter « à la lettre ». Cette circulaire officielle et non modifiable a déjà été envoyée aux candidats et certains l’ont retournée dans la foulée dûment complétée et signée ; c’est le cas de Pierre Aylagas.

Dans le quotidien national Le Monde daté du dimanche 6 novembre 2011, les « rénovateurs » (ou plutôt les « nettoyeurs » ?) du PS vont encore plus loin, car ils souhaitent qu’à l’avenir « chaque candidat s’engage contre le cumul des mandats… Il devra signer un courrier comme quoi il démissionnera de tout mandat local, une fois élu (…). Il pourra rester simple conseiller municipal, voire président d’une communauté de communes, mais en aucun cas maire – et qu’importe la taille démographique de la commune – ou conseiller général ni conseiller régional… ». Dans ce cas, nombre de candidats à l’investiture PS pour les prochaines législatives, pour ne pas dire tous, sont plus ou moins directement concernés… Et c’est là d’ailleurs l’essentiel de la fameuse circulaire officielle rédigée par les instances nationales du PS. Comme le dit Le Monde, cette circulaire met les points sur les « i » concernant le cumul des mandats, et chaque candidat à l’investiture socialiste doit signer un document annexe dans lequel il s’engage effectivement à démissionner des autres mandats concernés en cas de victoire à la députation…
Dans ce cas toujours, cette fois-ci Robert Garrabé (PS), l’autre prétendant à l’investiture du PS sur la 4ème circonscription des P-O, serait à son tour touché et prié de préciser sa position et ses choix, puisque déjà maire de Saint-Jean-Pla-de-Corts (dans le canton de Céret) et conseiller général des Pyrénées-Orientales… A moins, bien sûr, qu’il décide de laisser ses deux mandats de maire et de conseiller général. Mais comme Pierre Aylagas, Robert Garrabé, selon son entourage, se serait déjà déclaré candidat auprès de la Fédération catalane du PS.

En tout cas, nous, à la rédaction d’ouillade.eu, on en connait (au moins) un, né un certain 7 mai 1942 à Lyon (Rhône), qui doit être heureux de ne pas être au PS, et de solliciter aujourd’hui et quelque part dans les P-O une investiture UMP… Car avec cette circulaire et l’épée de Damoclès de l’âge agitée par Arnaud Montebourg, il aurait été définitivement hors course !