C’est une évidence, il ne manque au tableau de chasse électoral de Christian Bourquin (PS) que l’agglo de Perpignan (PMCA) et, par conséquence, la Ville de Perpignan…

Après avoir galéré – au plan politique s’entend – les dix premières années de sa carrière publique, l’homme, à peine âgé de 58 ans (et encore il ne les aura que le 7 octobre prochain puisque né en 1954 à Saint-Féliu d’Amont), ingénieur de formation, caracole depuis 1998, année où il est devenu président du Conseil général des Pyrénées-Orientales, en tête du département (et depuis novembre 2010 aux commandes de la Région Languedoc-Roussillon, en digne successeur de son mentor Georges Frêche, trop tôt disparu).

Ce règne « Bourquiniste » est aujourd’hui amplifié par trois belles victoires aux élections législatives qui ont eu lieu les 10 et 17 juin 2012 : Jacques Cresta, sur la 1ère circonscription ; Ségolène Neuville, sur la 3ème ; et Pierre Aylagas, sur la 4ème. Seule la 2ème lui a échappé, de justesse (495 voix sur près de 51 000 suffrages exprimés), mais sa candidate, Toussainte Calabrese et lui-même n’ont rien à se reprocher car la réélection du sortant s’est déroulée dans des conditions extrêmement douteuses qui ne grandissent pas la morale en politique…

« Belles » victoires à ces élections législatives parce qu’elles ont été remportées dans une partie de bras de fer absolument idéologique opposant la Droite et la Gauche, sans compromission, mais sur de vrais thèmes de campagne – Que sont le social, le chômage, le pouvoir d’achat… – et de vraies préoccupations des Français.

« Belles » parce que ces trois victoires dans le département des P-O ne sont dues qu’au peuple de Gauche, qu’avec les Forces de Gauche. Sans la moindre tractation honteuse dans les coulisses, n’en déplaise aux éternels adversaires politiques de Christian Bourquin, à ses détracteurs, à ces observateurs-du-dimanche qui sévissent encore et encore dans l’intimité de leurs blogs qu’ils alimentent entre une canette de Pelforth et le bidet, en s’essuyant en permanence l’excès de bave qui déborde de leurs lèvres !

Ces figurants du statu quo, ces plumitifs du cynisme (qui frappent aujourd’hui à toutes les portes pour récolter quatre sous et entretenir leur haine), ont oublié que nous sommes en France, en République, et que ce n’est pas le PS qui « bourre les urnes » comme on dit vulgairement, mais bien les électeurs-trices, comme vous et moi, qui accomplissent un devoir dans le cadre de leurs droits civiques… et des valeurs républicaines auxquelles ils sont attachés, eux.

Rassurons-les, le « Bourquinisme » n’est ni dangereux ni scandaleux, mais plutôt plein d’enseignements. Il exprime, à sa façon, un espoir, une solution, une indignation, une nature humaine. Tout ce que ses adversaires politiques paraissent, élection après élection, n’avoir toujours pas compris (les chiffres sont là), en s’engluant dans la nostalgie, la démagogie et le ressentiment. Et ce, en complète rupture avec l’air du temps qui appelle à un débat authentique autour des très sérieuses difficultés du moment. Ce n’est qu’à ce prix-là que l’alternance pourra voir le jour… un jour, peut-être.

Le jour où ils retrouveront des stratégies claires – et pas le spectacle que vient de nous offrir la 2ème circonscription des P-O – des idées originales pour enfin mobiliser l’énergie des citoyens, l’expression d’enjeux pour (nous) éclairer et (nous) guider par la compréhension et non les compromissions en trompe-l’oeil rédigées dans l’arrière-boutique de supérettes alimentaires

Il n’aura échappé à personne que le puissant (dans les urnes locales déjà) Front national de Louis Aliot dans ces élections et en particulier sur le territoire du département des Pyrénées-Orientales, avait appelé publiquement et très médiatiquement à faire battre les candidats « Bourquinistes », et en particulier Ségolène Neuville, allant jusqu’à faire de cette dernière par la voix nationale de Marine Le Pen « la femme à abattre »

Manqué ! Ségolène Neuville a distancé le candidat de l’UMP, Jean Castex, soutenu de fait par le FN, avec près de 3 000 voix d’avance ! Un record historique pour la Gauche dans cette 3ème circonscription des Pyrénées-Orientales.

La seule circonscription du département des P-O qui aura échappé à la Gauche, qui a empêché Christian Bourquin de réaliser le Grand Chelem, c’est la 2ème, où le député sortant, Fernand Siré (UMP), par ailleurs maire de Saint-Laurent de la Salanque, a été élu grâce à l’appui au grand jour du Front national, puisque son leader roussillonnais, toujours Louis Aliot, avait ouvertement appelé ses électeurs-trices à voter Fernand Siré : le FN avait retiré sa candidate, Irina Kortanek, qui pouvait pourtant se maintenir au second tour (?), et très officiellement annoncé qu’il fallait voter pour le docteur Siré chantre d’un « Front de droite ».

Mission accomplie pour Louis Aliot. Rien à (re)dire. Un soutien à Fernand Siré (dont pourtant dans l’entourage on continue de nous dire qu’il se serait bien passé et que surtout il n’a jamais voulu provoquer), réglé comme du papier à musique, et au final, « LA » gagne ! Louis Aliot prouve ainsi à la famille UMP’66, et magistralement, qu’il faudra compter « avec » lui lors des prochaines échéances électorales, les municipales notamment. L’épine est dans le pied de l’UMP’66, en attendant… la piqûre de rappel ?

La réalité, au-delà du FN, est que l’UMP, localement, écartelée par des luttes fratricides, des dissensions internes d’une extrême gravité, des ambitions personnelles, est incapable de faire contrepoids au « Bourquinisme », qui bientôt (en 2014 ?), à ce rythme-là, aura tout. Le risque majeur pour l’UMP’66, désormais, est de laisser à droite le champ libre au FN.

PHOTO (DU BAS) : Jacques Cresta, nouveau député PS sur la 1ère circonscription des P-O, et son suppléant, Jean Roque, 1er adjoint au maire de Toulouges.