Ne nous y trompons pas !

La gestion du Syndicat départemental de transport et de traitement des Pyrénées-Orientales (SYDETOM’66), qui se trouve aujourd’hui placée sous la rampe des feux de l’actualité*, dans une tourmente politico-médiatique est, en quelque sorte, l’arbre qui doit cacher la forêt… à quelques mois des élections Départementales et Régionales.

Le pauvre Fernand, quoi qu’il (lui) en coûte, ne sortira pas indemne de cette attaque déclenchée dans les rangs de sa propre famille (politique, s’entend bien ici).

Souvenez-vous, tout simplement, de ce qui s’est passé lors de la dernière élection, à l’issue des Municipales, pour installer un nouveau conseil d’administration (élections du président, des vice-présidents).

La lutte pour s’emparer de la gouvernance du SYDETOM’66, bizarrement et de manière inquiétante, a été particulièrement féroce, menée notamment par le nouveau président de la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM), Robert Vila (LR), maire de Saint-Estève et conseiller départemental, souhaitant imposer son candidat au perchoir du SYDETOM’66 : Thierry Del Poso (LR), président de la communauté de communes Sud-Roussillon, maire de Saint-Cyprien, conseiller départemental… On connait la suite : un fiasco total ! Malgré les pressions diverses, la candidature de Me Thierry Del Poso a été recalée, jetée aux orties par certains de ceux-là même qui avaient pourtant juré fidélité à M. Vila la main sur le cœur (et la tête dans la rancune tenace), lors d’une réunion secrète à Bompas de le soutenir, dans une atmosphère « Vaticanesque ».

Pourquoi, s’interrogera-t-on alors, le président de PMM avait-il décidé de soutenir un maire qui n’est pas issu de sa compétence territoriale ? Puisqu’il n’aura échappé à personne que la commune de Saint-Cyprien n’est pas situé sur le territoire de la communauté Urbaine PMM ? Là aussi, encore et encore, une histoire de famille (politique, s’entend bien toujours).

Car derrière cette présidence du SYDETOM’66, c’est toute une stratégie politicarde qui avait été mise en place avec pour objectif principal et en ligne de mire : les futures élections départementales, initialement prévues pour ce mois de mars mais reportées pour cause de coronavirus (COVID-19), vraisemblablement au mois de juin prochain.

L’élection de Thierry Del Poso à la présidence du SYDETOM’66, grâce à l’appui de Robert Vila et consorts, aurait permis de libérer derrière lui de la place et de calmer certaines ardeurs, ou plutôt impatiences. Mais là, admettons-le, nous entrons dans le domaine de la Science-fiction, au-delà donc du thriller politique à la sauce catalane (qu’aucun chef-cuisinier nous envie hors le « 66 »). En attendant, LR doit revoir entièrement sa copie des Départementales et, un trimestre plus loin, la pilule a toujours du mal à passer. Robert Vila étant redescendu sur terre, il doit désormais s’atteler à reconstituer au sein de PMM une solide majorité si, dans quelques courtes semaines maintenant, il veut arriver à sauver son Budget.

Le SYDETOM’66 rayonnant sur l’ensemble du département des P-O, et pénétrant de par ses actions plus ou moins directement dans les foyers roussillonnais, il constituait un met de choix, un bon plat de résistance – certes, c’est assez cocasse de parler bouffe dans une entreprise spécialisée dans les déchets ménagers – pour aborder le prochain calendrier des échéances électorales. Bon appétit !

Sans vouloir mettre la charrue avant les boeufs, sans jeter de l’huile sur le feu, sans accuser quiconque de tenter un coup d’état à la tête du SYDETOM’66, reconnaissons qu’il y a là un troublant chassé-croisé dans cette affaire qui, au final, pourrait bien se retourner et éclabousser ses auteurs présumés, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent. Pur hasard ? Simple coïncidence ?…

Venons-en aux faits :

-Il est reproché aujourd’hui, près de dix ans plus tard, à Fernand Roig d’avoir embauché son fils ?!… A l’époque, le conseil d’administration l’a approuvé à l’u-na-ni-mi-té. Y siégeaient même, dans ce CA, des élus qui aujourd’hui crient avec les loups. A l’époque aussi, le pourtant très vigilant Contrôle de légalité (en Préfecture) a validé le recrutement, les comptes-rendus qui l’encadraient.

-Il est reproché à l’ancien directeur du SYDETOM’66 d’être allé plus vite que la musique, et ce en ayant changé de grade pour augmenter ses indemnités juste avant de partir à la retraite** ?!… Cela reste à prouver. Par ailleurs, c’est hélas souvent un réflexe érigé en règle dans les collectivités locales et territoriales publiques et personne, ni à droite ni à gauche, ne s’en émeut, préférant la politique de l’autruche, personne ne l’a jamais dénoncé, avec en plus quelquefois une bénédiction syndicale. Vive la République !

Bien sûr que si Fernand Roig a été pris la main dans le sac, que si une quelconque faute, entorse à la loi ou tricherie est démasquée – ce sera compliqué en période de COVID-19, vous pariez combien ? -, il devra alors démissionner sur le champ. Mais il ne devra pas alors être le seul à payer. La même justice devra s’appliquer à tous. Et si c’est le cas, nombre d’élus en Pays Catalan doivent commencer à trembler.

L.M.

 

*Suite aux conclusions rendues publiques du rapport de la Chambre Régionale des Comptes.

**Dans le Public, pour le calcul de la retraite, seuls sont pris en compte les salaires des six derniers mois (contre les vingt-cinq meilleures années dans le Privé).