Communiqué de presse

« Au vu des exactions commises sur les camions espagnols à Perpignan ainsi que suite aux différents articles de presse rapportant la prise de position des syndicats d’arboriculteurs régionaux, et tout récemment la position du Ministère de l’Agriculture sur la nécessité d’intensifier les contrôles, la plateforme Saint-Charles International souhaite rappeler quelques faits concrets et vérifiables :

Nous sommes dans un marché unique européen où les normes de garantie de sécurité alimentaire existent de façon identique que les produits proviennent d’Almeria, de Sicile, de Perpignan ou du Péloponnèse. Tous les producteurs européens ainsi que des pays tiers commerçant avec l’Europe sont soumis aux mêmes obligations émises par Bruxelles en matière de traçabilité et de normes.

Nous dénonçons les fausses informations diffusées tous azimuts quant au fait que les camions espagnols circuleraient sans les papiers obligatoires. Chaque camion qui arrive chez nos membres, dispose d’une lettre de voiture, comme la loi l’exige (y compris les camions qui ont été vidés par les manifestants). Quant à la marchandise, elle circule dans le cadre de la vente en consignation dont les règles juridiques sont définies clairement.

Il est bon de rappeler qu’il existe un Comité franco-italo-espagnol dont le rôle est d’améliorer les relations entre professionnels des trois pays et d’examiner les dispositifs européens concernant notamment les mesures de gestion des crises qui affectent ce marché. Réuni le 29 avril 2014 à Rome, il a examiné les risques de surproduction de l’ordre de 15% en pêche/nectarine pour ces trois pays sans définir, ni arrêter de plan d’action.

De même, lors du dernier salon Medfel de Perpignan, qui s’est déroulé du 13 au 15 mai 2014, l’annonce du télescopage des productions du Sud de la Méditerranée faisait déjà l’objet des conversations. Une climatologie peu favorable en juin et début juillet n’a fait qu’amplifier le phénomène, avec une consommation atone sur les fruits d’été.

Il est évident que nous sommes rentrés dans un contexte fortement concurrentiel où l’offre fruits et légumes annuelle est souvent excédentaire par rapport à une demande organisée d’autant plus sélective qu’elle est sollicitée par une multitude de produits indifféremment des saisons. Devant une telle situation, il est important au niveau européen d’anticiper les opportunités comme les risques de tension.

Depuis plus d’un demi-siècle, les groupes « exportateurs » espagnols ont acquis une solide expérience en matière d’exportation, de commercialisation, de maitrise des normes et de distribution et suivent les mêmes modes opératoires que l’ensemble des producteurs européens.

Enfin nous souhaitons que chaque partie concernée, ainsi que le grand public, soit réellement informé des points suivants :

→Chacun sait que les niveaux de salaire et de charges sociales sont différents en Espagne, en France, en Italie et en Grèce, gros pays producteurs, mais aussi en Allemagne et en Grande Bretagne, gros pays consommateurs.

→Il est bon de rappeler que le Syndicat National des Importateurs-Exportateurs de Fruits et Légumes de Saint-Charles rassemble des TPE et PME qui, dans un contexte tendu, maintiennent quelques 2000 emplois directs et tentent d’en créer de nouveaux, jouant pleinement leur rôle d’acteur économique de tout premier plan.

Toute situation de surproduction provoquant une baisse des prix les préoccupent tout autant que les producteurs. L’intérêt de ces opérateurs privés est de maintenir les prix autant que la situation le permet, y compris dans leur propre intérêt en tant que responsable des résultats de leurs entreprises.

Aujourd’hui si nous n’y prenons garde, ce sont les fondamentaux de la liberté du commerce et de la libre circulation qui sont également menacés ».