« Il y a dix-huit mois, je décidais de m’engager pour les élections régionales sous les couleurs du « Rassemblement Bleu Marine » (RBM) de Marine Le Pen. A ce moment-là, les dirigeants « frontistes » m’ont proposé de conduire la liste départementale des Pyrénées-Orientales dans un but précis : celui d’une ouverture Républicaine.

De part mon parcours professionnel, mes valeurs, mes convictions et mes engagements, je devais incarner cette ouverture, je devais porter l’ambition d’un changement avec pour mission, avec celles et ceux qui m’accompagnaient, de faire évoluer le FN, en quelque sorte et en d’autres termes de le « dédiaboliser » auprès du grand public.

Très sincèrement, à l’époque j’y ai cru. A tel point que je n’ai pas hésité à mettre un terme à ma carrière professionnelle pour pouvoir me consacrer entièrement à mon nouveau mandat politique.

J’ai pensé que je pourrais inverser le cours des choses. En tout cas, j’ai essayé. Pendant des mois, mon quotidien s’est bâti autour de ce défi. J’étais convaincu d’y arriver. J’ai vécu animé par la force de celles et ceux qui croient toujours qu’il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent jamais. J’ai osé. J’ai rêvé. J’ai imaginé. J’ai travaillé pour… Puis l’évidence s’est imposée. Hélas. Jour après jour, combat après combat, illusion après désillusion, au sein d’une belle équipe et d’un projet qui pourtant à mes yeux avaient les atouts et les espérances pour faire face, je me suis senti bien seul, comme perdu au milieu d’un océan, sans cap, sans capitaine et, surtout, sans boussole, entouré (presque) de fantômes.

J’ai eu l’occasion de m’entretenir de cette situation avec Louis Aliot, pour lequel je continuerai à avoir beaucoup de respect, car l’homme a un sens profond et aigü du devoir. Je l’ai prévenu : « soit on change, soit je pars ! ». J’ai attendu la fin de l’élection présidentielle pour m’en expliquer à nouveau avec lui et lui signifier mon intention de quitter l’équipe. Ce n’est donc pas une surprise. Ce n’est pas là la conséquence de l’échec de Marine Le Pen à la Présidentielle. Ce n’est pas un coup de gueule. Ce n’est pas non plus une quelconque lubbie.

Je quitte tout simplement le Groupe FN de la Région Occitanie parce que je ne m’y sens plus à l’aise. Je n’y trouve plus ma place. J’ai décidé en revanche de conserver mon siège de conseiller régional, de rester aux responsabilités, car je sais que je peux être utile au tissu économique, aux TPME en particulier de par mes compétences acquises au sein d’un établissement bancaire pendant plus de 40 ans. Je veux être également un fidèle serviteur de mon Pays Catalan ! ».

Jean-François FONS, conseiller régional Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée.