Ouillade.eu : pourquoi la fin des contrats aidés ?

Frédérique LIS, référente départementale du mouvement « En Marche! » (Majorité présidentielle) : « Le principe du contrat aidé est de permettre aux personnes rencontrant des difficultés à s’insérer sur le marché du travail (en fonction de leur âge, de leur situation ou de leur niveau de formation) d’accéder à un emploi durable et stable.

Or, ce dispositif n’a pas démontré son efficacité : 70% des bénéficiaires retournent vers une situation de précarité dès la fin de leur contrat.

Aujourd’hui, le Gouvernement fait le constat d’une politique publique qui ne produit pas de bons résultats pour le retour à l’emploi et prend l’initiative de repenser le système de la formation et de l’assurance chômage ».

Ouillade. eu : quelles sont les propositions du gouvernement ?

Frédérique Lis : « La ministre du Travail, Murielle PENICAUD, résume très bien la vision qui anime le Gouvernement : « La solution de long terme n’est pas de créer des emplois de court terme, précaires, en contrats aidés, mais d’investir dans la formation, dans le développement des compétences ».

Le Gouvernement opte pour une « politique active » de retour à l’emploi. La baisse des charges va permettre de réduire le coût du travail et le retour de la croissance accompagner la création d’emplois.

De plus, l’accent est mis sur la formation individualisée. Le Gouvernement lancera à l’automne un grand plan de compétences et de formations, pour que des mesures pérennes et durables d’accompagnement vers le retour à l’emploi soient mises en œuvre ».

Ouillade.eu : quelles solutions à court terme pour répondre aux inquiétudes de nos collectivités ?

Frédérique LIS : « Le Premier Ministre a annoncé que les contrats aidés auront toujours vocation à être utilisés en 2018, mais dans une moindre mesure (moins de 200 000 en 2018 contre 320 000 en 2017). Deux secteurs sont principalement préservés: l’éducation et l’Outre-Mer.

Dans l’immédiat, il pourra y avoir renouvellement du contrat lorsque l’enveloppe dévolue à l’organisme qui la gère n’est pas terminée, avec une priorité aux secteurs de l’éducation et de la santé.

Il ne s’agit pas de dépenser moins, mais de dépenser mieux et non plus uniquement sur le court terme. On retrouve l’esprit qui a animé la création des contrats aidés : accompagner les personnes éloignées de l’emploi vers la formation et un emploi stable.

Gardons à l’esprit que la première précarité, c’est le chômage ; la première sécurité c’est la compétence et le premier levier de réussite, c’est la formation ».