Depuis avant-hier soir, depuis l’officialisation des résultats du 1er tour des élections départementales (pour ce qui nous concerne) et des régionales : on assiste à la télé, à la radio, dans les journaux, sur les réseaux sociaux, dans tous les médias, à des commentaires hallucinants concernant la faible participation des électeurs à ce scrutin

 

Chaque chef de parti, chaque chef de file, chaque éditorialiste, chaque journaliste, chaque complotiste, chaque politologue constitutionnaliste, chaque péquenaud du PAF, chaque imbécile assermenté, chaque Bobo patenté : tous, sans exception, drapés dans un parisianisme bêlant et ringard, condescendant bien sûr, y vont de leur refrain, de leur rengaine, de leur bêtise, etc.-etc., sans jamais, oh grand jamais, se remettre en question. Habitent-ils vraiment en France ? La question peut-être posée quant on les écoute, les regarde, les entend, les lit, pour justifier à leur manière les raisons de l’abstentionnisme. En matière de caricature(s), difficile de faire mieux. Ou plutôt difficile de faire pire !

Ils défilent, ils blablatèrent, de l’extrême gauche à l’extrême droite, comme si face à eux il n’y avait que des palmiers et des singes pour admirer leur bravoure. Ils nous prennent pour les crétins de service. Insupportable ! Carrément.

C’est la faute au COVID, c’est la faute à Voltaire-Macron, c’est la faute à Rousseau-Castex, bref c’est toujours, encore et encore, la faute aux autres. Pendant ce temps, personne ne se remet en question. Pas même les candidats ! Ils sont pourtant les principaux acteurs de ce désastre au niveau de la participation citoyenne.

Dans des cantons entiers on ne les a pas aperçus « faire campagne ». Avant, on les voyait tracter : sur les marchés, aux terrasses de café, s’invectiver aux comptoirs, devant les boîtes aux lettres, à la sortie des entreprises, sur les parkings des hypermarchés, à l’entrée des centres commerciaux, etc.-etc. Ils allaient se présenter devant les électeurs, pour entamer des discussions, et peu importait s’ils parlaient des goûts culinaires de la belle-mère, du prix du litre du Super à la pompe, des nids de poule dans le quartier, des bonheurs des uns et des petits-malheurs des autres, des fumeurs de « H »… de la pluie et du beau temps – justement, hier, dans les P-O, la météo était orageuse donc propice à aller voter -, au moins il y avait de la proximité, l’électeur pouvait mettre un visage sur un nom. Presque si l’on ne trempait pas ensemble sa tartine dans son café au lait du matin, dans la tiédeur douillette du « at home ».

Mais ça c’était dans le temps d’avant. Or, aujourd’hui, les candidats ne se mouillent plus. Ils ne s’affichent plus (hors panneaux officiels). Ils traînent leurs savates sur les réseaux sociaux. On ne les (re)connait plus. On ne les voit plus ! Ont-ils le trouillomètre à zéro ? Alors qu’ils ne se présentent pas !

En cela, on ne peut que féliciter le binôme « Grégory Marty – Julie Sanz », candidats sur le canton 5 « La Côte Vermeille » ; le jeune maire de Port-Vendres et la jeune maire-adjointe d’Argelès-sur-Mer, coachés de mains de maître par un Antoine Parra motivé, illuminé par des ambitions permanentes et la soif dans découvre définitivement avec ses adversaires attitrés, rajeuni par le défi électoral à relever, maire d’Argelès-sur-Mer et président de la communauté de communes Albères-Côte Vermeille-Illibéris… Grégory Marty et Julie Sanz ont su aller au mail, comme on dit en Pays Catalan. Ils sont descendus régulièrement sur le terrain, sur tous les terrains, dans l’arène humaine, à la rencontre de la population pour respirer à pleins poumons l’air du temps flottant dans les sept communes du territoire : Argelès-sur-Mer, Banyuls-sur-Mer, Cerbère, Collioure, Palau-del-Vidre, Port-Vendres et Saint-André.

Et ils ont su capter l’attention du public. Certains n’ont pas hésité à poster des selfies aux côtés de ce binôme dont c’est une première dans le genre électoral cantonal. On les a vus et reconnus dans les associations, les clubs du 3e âge, on les a vus et reconnus arpenter les rues, récolter et empiler les procurations, serpenter sur les bas-côtés broussailleux, entrer chez l’habitant, affronter chichement l’heure de vérité… et tout cela sans (presque) jamais rencontrer les autres candidats !

A l’arrivée, Julie Sanz et Grégory Marty caracolent en tête avec près de 2 200 voix d’avance sur le second binôme, « Marie-Claire Deixonne Cesari & Eric Paget-Blanc » (RN). Les premiers affichent 4 247 voix au compteur (43,23% des suffrages exprimés) ; les seconds 2 072 voix (21,09%). La Gauche a d’ores et déjà perdu ce canton de « La Côte Vermeille » qui lui était historique, puisque le maire de Collioure, Guy Llobet, en binôme avec l’Argelésienne Marie-Christine Bodinier-Colomines, arrive 3e avec 2 058 voix (20,95%) mais ils ne pourront se maintenir pour le second tour à cause de la barre fatidique des 12,5%.

Grégory Marty et Julie Sanz sont bien évidemment assurés d’être élus dimanche prochain. Les doigts dans le nez !

 

L.M.