La victoire – au soir du 2nd tour des élections départementales, le dimanche 27 juin 2021 – du binôme « Grégory Marty (maire de Port-Vendres) et Julie Sanz (maire adjointe d’Argelès-sur-Mer) » – est large, belle et incontestable. Elle est avant tout le fruit d’une campagne électorale menée tambour battant sur le terrain, sous la baguette d’un coach de premier choix, en la personne du président de la communauté de communes d’Albères-Côte Vermeille-Illibéris, Antoine Parra, également inclassable politiquement s’entend dans cette élection, lequel n’a pas hésité à délaisser sa commune (il est le maire d’Argelès-sur-Mer) pendant plusieurs semaines pour prendre les deux candidats vainqueurs par la main et les balader aux quatre coins du canton La Côte Vermeille…

Et maintenant ? Où le binôme élu hier va-t-il siéger ? Se réfugier ? Dans quel camp ? Certes, logiquement, ce sera dans l’Opposition, puisque officiellement Grégory Marty et Julie Sanz étaient étiquetés en préfecture à Perpignan « UD » (Union de la Droite).

Le maire de Collioure, Guy Llobet, éliminé de la course dès le 1er tour, qui défendait les couleurs de la présidente socialiste départementale l’ex-sénatrice Hermeline Malherbe dans le canton, a pondu entre les deux tours du scrutin un communiqué de presse, une réaction politique qui ne fait aucun doute sur le sujet : mettant le binôme du RN (Rassemblement National) et le duo « Marty – Sanz » dos à dos. Dans le style littéraire « entre la peste et la peste je ne choisi pas (…) », l’ambiance et le décor politiques étaient plantés. Le climat à venir au sein de la gouvernance de la communauté de communes Albères-Côte Vermeille-Illibéris promet !

Si Antoine Parra peut être fier du résultat de ces cantonales dans son canton, avec la victoire éclatante et incontestable de son binôme qu’on ne peut que saluer, en revanche sa tentative masquée – politiquement s’entend, une fois de plus – de jouer sur les deux tableaux risquent de lui coûter cher à l’arrivée. Et les « coupeurs de têtes », qualifiés ainsi par la presse propagandiste à la botte du maire d’Argelès-sur-Mer, pourraient plus vite qu’on ne le croit se retrouver sans voix.

La Majorité départementale ne lui fera aucun cadeau, et elle aurait bien tort de s’en priver.  Les élus de gauche qui siègent à la communauté de communes ne manqueront pas de se souvenir de la « maltraitance politique » dont ils font l’objet.

La semaine dernière, dans le journal L’Indépendant, on pouvait lire que le canton d’Argelès/ La Côte Vermeille « ferait le futur président du Conseil Départemental »… Sous-entendu Jean Sol, le sénateur LR, vainqueur dans son canton mais vaincu sur le scène départementale ?… Si telle était vraiment l’ambition du binôme « Marty – Sanz » et de leur coach, alors le trio s’est mis le doigt dans l’oeil et pourrait bien signer, après son installation, sa première défaite ! Car en politique, comme sur la route et en mer, on aime bien savoir où l’on va, où l’on se dirige, sous quel pavillon on navigue… sinon c’est un naufrage assuré.

 

L.M.