Les chiffres sont là pour le montrer, mais malheureusement le mode de scrutin actuel démontre tout autre chose : « J’ai participé à la campagne du RN et je m’incline devant le résultat », nous écrit un lecteur. « C’est de nouveau la Gauche qui va décider pour le département des Pyrénées-Orientales, alors qu’elle est minoritaire… il en est ainsi !… mais jusqu’à quand encore, les électeurs majoritaires pourront-ils accepter une telle situation ? Car là est l’une des clés du problème électoral de notre démocratie dans la Ve République. Beaucoup de gens ne vont plus voter parce qu’ils pensent – pire ils savent, désormais -, que leur vote sera inutile, que leur voix ne sera jamais plus entendue, ne sera pas prise en compte, puisque le système électoral actuel ne donne plus la parole à la majorité, aussi incroyable que cela puisse paraître ! Là est le coeur, pour ne pas dire le noeud du phénomène de l’abstention. Et bizarrement, aucun politologue, aucun éditorialiste, aucun chef des partis politiques institutionnels bien entendu, ne met l’accent sur cette situation devenue insupportable pour le citoyen lambda ». 

Les chiffres confirment ce propos, comme nous l’avons déjà mentionné dans ces mêmes colonnes, hier, au lendemain du 2nd tour des élections départementales dans les P-O.

Sur les dix-sept cantons du 66, aucun est tombé dans l’escarcelle du Rassemblement National (RN), alors que les candidats soutenus par le maire de Perpignan, Louis Aliot (RN), arrivent nettement en tête de ce scrutin parmi les suffrages qui se sont exprimés le dimanche 27 juin 2021 : 42 051 voix pour le RN donc, suivi des candidats de la Droite et du Centre avec 40 437 voix, puis la Gauche (PS, PCF, Divers) avec 40 147 voix. Mais c’est la Majorité départementale (de gauche) qui rafle la mise au final avec dix cantons remportés sur les dix-sept.

L’abstention – dont tout le monde parle, tous les ténors politicards s’en inquiètent, mais on vous rassure, juste devant les caméras, « en façade » -, a été telle, dimanche dernier, lors des élections départementales, que nombre de binômes ont été élus par moins de 20% des inscrits ! C’est notamment le cas sur le canton 6 (Perpignan-I Le Vernet), où la conseillère départementale sortante, Annabelle Brunet (Centre-Droit) et Benoît Castanedo ont été élus par 14,4% des électeurs inscrits seulement ! Le plus bas score de participation dans le 66.

On pourrait ajouter le canton 8 (Perpignan-5 Cabestany) : le binôme communiste sortant, Françoise Fiter et Rémi Lacapère, réélu avec seulement 17,4% des inscrits qui se sont déplacés.

Et encore le canton 9 (Perpignan-4 Le Moulin-à-Vent) : le binôme sortant député Romain Grau (LaREM) et Isabelle Marchesan de Noëll (Divers Droite) reconduit alors que seulement 15,95% des électeurs inscrits se sont déplacés.

Idem sur le canton 10 (Perpignan-5 Canohès), où certes le binôme d’Union de la Gauche, Mathias Blanc & Françoise Chatard, enlève le canton à la Droite, mais avec l’une des participations les plus faibles, pour ne pas dire les plus ridicules des P-0 : 15,69%…

A partir de là, quelle est réellement la légitimité pour ces candidats, quand moins d’un électeur sur cinq s’est déplacé ? Sachant que le taux de participation le plus élevé dans le 66 à cette élection a été enregistré dans le canton 5 (La Côte Vermeille), avec un taux de participation de seulement 26,59%, il n’y a pas de quoi crier « Victoire ! » pour les heureux gagnants : Grégory Marty, maire de Port-Vendres, et Julie Sanz, maire-adjointe d’Argelès-sur-Mer. Mais autant terminer sur une note optimiste, non ?

 

L.M.