Trois questions à Manuella Hallier et Nicolas Sanchis, candidats remplaçants du Parti de Gauche et associés avec EELV dans le canton 13 Pyrénées-Catalanes

Nicolas Sanchis, pouvez-vous présenter votre binôme ?

« Agés respectivement de 34 et 32 ans, tout juste parents d’un petit garçon, nous sommes tous deux enseignants et installés en Cerdagne. Manuella enseigne l’Histoire-Géographie au collège d’Ax-les-Thermes tandis que j’enseigne l’économie, la sociologie et la science politique aux lycéens de Font-Romeu. Notre engagement politique se situe dans la continuité de ce qui nous anime en classe : faire passer des valeurs de respect, de tolérance et de citoyenneté en combattant les idées reçues auxquels nos élèves sont si souvent exposés. Pour que notre démocratie reste vivante, au-delà des périodes d’élections, il est nécessaire que chacun puisse s’investir dans son rôle de citoyen, c’est-à-dire s’exprime et pense par soi-même face à des personnalités qui ont fait de la politique un métier, une source de revenu et qui en plus, feignent de parler au nom de la population.

Nous sommes tout aussi écœurés par le manque de sincérité et le clientélisme d’une grande partie du personnel politique. Mais plutôt que de laisser place à la fatalité, au désespoir voire à la haine qui mènent à l’abstention et au vote FN, nous pensons qu’il est temps d’agir et de proposer des solutions nouvelles et alternatives. Le Parti de Gauche et le discours de Jean-Luc Mélenchon nous ont convaincu en conciliant des valeurs qui nous sont chères : la République, le socialisme et l’écologie ».

Manuella et Nicolas, pourquoi êtes-vous impliqués dans cette élection départementale ?

« N’étant pas natifs de la région, nous avons découvert ce territoire de montagne avec un regard suffisamment neuf et extérieur pour en percevoir certaines forces et faiblesses.  La Cerdagne jouit d’un environnement et d’un climat exceptionnel, d’une proximité avec l’Espagne source de multiples richesses.

Pourtant, le poids des conservatismes, la concentration des patrimoines et les rivalités claniques entre les villages paralysent complètement toutes les bonnes volontés qui ne trouvent ni l’espace pour s’exprimer, ni le soutien pour entreprendre des actions solidaires et respectueuses de l’environnement. C’est ce qui nous amène à nous poser comme un relais de ces initiatives au niveau du département, lequel reste un échelon encore proche des citoyens, tout en ayant des moyens pour chaque habitant supérieurs à ceux des régions ».

Quelles sont les principales idées que vous souhaitez porter ?

– « Nous souhaitons que notre département et plus particulièrement, les habitants de nos cantons ruraux de montagne, aient les moyens de s’orienter vers une plus grande autonomie alimentaire, énergétique et socio-économique.

Alimentaire en soutenant davantage la production locale biologique à travers des aides à la conversion et en  lui offrant des débouchés dans les cantines scolaires et les maisons de retraites par le biais de l’UDSIS, organisme géré par le conseil général. Nous ne voulons pas que nos enfants nous accusent plus tard d’avoir fermé les yeux sur les ravages sanitaires et environnementaux que produit aujourd’hui l’agriculture conventionnelle et que plus personne ne peut désormais ignorer.

Energétique car nous disposons de toutes les ressources nécessaires pour nous passer de l’énergie nucléaire et des multinationales qui ont soustrait l’eau au bien commun. Il faut soutenir publiquement les projets coopératifs liés aux énergies renouvelables, instaurer une régie départementale de l’eau avec un tarif solidaire et écologique, fournir davantage d’aides à la rénovation des bâtis collectifs et particuliers pour éviter les gaspillages et faire face à la précarité énergétique.

Socio-économique par la réorientation des politiques d’insertion, principale compétence du département. Face à ceux qui stigmatisent les chômeurs comme des assistés devant effectuer des travaux d’intérêt général, nous souhaitons que la formation à  de véritables métiers porteurs d’avenir et de solidarité devienne la priorité. Notre économie est trop dépendante du « tout-tourisme », lequel nous a surtout porté sur la 1ère marche du chômage, de la précarité et de la pauvreté. Il existe pourtant de multiples secteurs, porteurs d’emplois et beaucoup plus respectueux de l’homme et de l’environnement, que nous devons aider à se développer : les transports collectifs, les maisons de santé et d’insertion, l’agriculture biologique, les services à la personne, le commerce de proximité, la rénovation et les énergies renouvelables, l’éducation et la culture… ».