« L’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) signale 4 912 habitants supplémentaires en Pays Catalan (NDLR, le département des Pyrénées-Orientales) depuis un an. La croissance démographique représente 20.000 personnes en cinq ans, pour 462 705 habitants au 1er janvier 2016, avec un apport nettement supérieur au solde naturel. Cette hausse est-elle un progrès ? Nous constatons la course folle engagée par les maires rêvant d’une commune plus grande, pour une finalité obscure. Sous leurs programmes de lotissements à l’architecture impersonnelle, dans un pays de caractère, les villages deviennent des bourgs anonymes. Cette politique brise les solidarités sociales, délite le lien humain et menace l’existence d’une société partagée. Le béton des logements sociaux remplace les vignes et les cultures maraîchères, les paysages et les modes de vie à partager sont altérés à jamais. Est-ce vraiment ce que nous voulons ? A Perpignan, les naissances ont baissé de 4,9 % et les décès ont augmenté de 17 % en 2015. Si la hausse démographique était un bénéfice, les magasins désespérément fermés devraient rouvrir sous la pression de nouveaux clients.
Dans notre département, l‘attrait du soleil produit la frénésie immobilière, l’abandon du patrimoine foncier, la spéculation et parfois la discrimination financière des enfants du pays. Si à Prades, où la population a baissé de 11%, en Haut-Conflent ou encore à Cerbère, le recul démographique est inquiétant, la course inverse l’est aussi. La quantité n’est pas tout, sans quoi le chiffre du chômage ne frôlerait pas 16%, la pauvreté reculerait et le nombre d’entreprises productives exploserait.
Ces constats doivent être posés afin d’extirper le Pays Catalan de son statut de zone de repli et d’oisiveté, où seule la balnéarisation et les grandes surfaces semblent tenir lieu de modèle de développement économique ».