Récemment, les buralistes de France ont eu une bonne nouvelle : dans le cadre de la solidarité nationale mise en place pour combattre de COVID-19 (coronavirus), le Gouvernement les autorisait à vendre en exclusivité des masques pour se protéger de l’éventuelle propagation à la sortie partielle du confinement (annoncée pour le lundi 11 mai, jour de la sainte-Estelle).

Puis, soudainement, subitement, cette exclusivité a pris du plomb dans l’aile et est devenue partielle. En effet, désormais, les buralistes ET les pharmaciens devront se partager le magot (aux yeux dudit Gouvernement, of course).

Les Officines pourront donc également vendre des masques à leur clients-patients. Seule différence : les buralistes commercialiseront les masques à un prix imposé et – surtout – plus élevé que les tarifs qui seront vraisemblablement pratiqués en pharmacie. Cherchez l’erreur.

Et maintenant, car avec ce Gouvernement les choses ne sont jamais très claires dès le départ – ça fonctionne un peu bizarrement comme les déplacements hésitants d’un pangolin, à vue de « nez »… décidément on y revient sans cesse à cet animal, à tous les coups ! – on apprend que la grande distribution aussi (hyper et supermarchés confondus) pourra écouler ses stocks (ah bon, elle avait des réserves ?), bien évidemment à un coût moindre, qui pourrait être jusqu’à dix fois inférieur à celui imposé comme un vulgaire paquet de clopes aux buralistes.

Comme dirait le très regretté Fernand Raynaud, dont d’ailleurs aujourd’hui la plupart des sketches seraient interdits d’antenne pour cause de « politiquement correct » obligatoire : « y’a comme un défaut ! ».

Alors voilà, pour rectifier le défaut, l’erreur, on nous annonce dès à présent, sur le ton d’une découverte scientifique, que la nicotine auraient de nouvelles et paradoxales vertus magiques et surtout sanitaires pour lutter contre le coronavirus : « les personnes qui fument du tabac semblent moins atteintes que la moyenne (…) ». La simple curiosité statistique devient tout à coup une marche à suivre, une nouvelle piste thérapeutique, un espoir de vaccin ?… Ne rigolez pas, l’hypothèse est tellement prise au sérieux par les autorités françaises que celles-ci vont, prochainement, conduire au lancement de premiers essais cliniques originaux à base dons de nicotine. Les éclaircisseuses de pipes Saint-Claude (Jura) peuvent se remettre au boulot, celles de La Jonquera (Espagne) ont aussi un avenir prometteur… devant elles !

Mon buraliste – grâce auquel je continue de lire la presse, de m’informer et d’accéder à divers services essentiels (comme la vente de timbres, etc.) – attend maintenant de savoir à quelle sauce il va être mangé et, surtout, quel nom d’oiseau va-t-il lui être attribué dans cette pandémie, après les feuilletons des masques, de la nicotine…

 

L.M.