Rarement expression – sans (aucun) doute – n’aura été utilisée, employée, à bon escient par les temps qui courent : « deux poids, deux mesures »

D’un côté, à cause de la crise sanitaire liée au COVID-19 (coronavirus) qui sévit, les discothèques et autres établissements « clos » de distraction ont interdiction d’ouvrir depuis maintenant plus de quatre mois ; et d’un autre côté, des bars-musicaux « emmurés » – ni terrasse, ni jardin… – qui ont pu rouvrir leurs portes au public depuis la fin du confinement généralisé et qui fonctionnent comme… des boîtes-de-nuit ! Ce qui s’appelle « deux poids, deux mesures ».

Dans ces lieux de Licence IV, où alcools et décibels coulent à flot, où on se dodeline et trémousse à gogo, souvent de façon torride genre « Quand tu serres mon corps… », entre comptoirs et banquettes les espaces de circulation se sont littéralement transformés en piste de danse. Il ne manque plus que le linoléum au sol et les boules à facettes au plafond pour apposer le label « discothèque ». Tous les soirs, en cette haute saison estivale, à Leucate, à Canet-en-Roussillon ou à Argelès-sur-Mer, en dehors ou en dedans, c’est la Saturday night fever » (la fièvre du samedi soir). Sauf que les discothèques, on le rappelle au passage, restent « maisons closes », avec interdiction de (ré)ouvrir jusqu’à nouvel ordre Elyséen.

Tout cela fait désordre, évidemment. Et si on veut pousser le bouchon de la dérision un peu plus loin, on ne comprend toujours pas pourquoi, après-tout, les patrons de discothèques ne transformeraient pas leurs établissements en bars tout simplement, histoire de sauver les meubles…

Même certains clubs de plage sont devenus des nightclubs à ciel ouvert. On y danse les pieds ancrés dans le sable jusqu’à plus soif ! Justement, à propos de « soif », prenez la rue éponyme de Canet-plage : c’est carrément dans la rue,  dans l’espace public, que les clients consomment, s’enlacent, à coups de drinks et de bisounours… Un constat : les autorités laissent faire sur la voie publique dont elles sont sensées avoir la maîtrise et donc la responsabilité, ce qu’elles interdisent dans des lieux commerciaux privés.

« Deux poids, deux mesures » : nous y revoilà ! On peut y ajouter, sans crainte d’être excessif : « c’est le monde à l’envers » !

Dans cet univers de « Monsieur Bricolage » roi de notre société, une nouvelle rassurante cependant : Monsieur Déconfinement, un certain Jean Castex devenu Premier ministre de la Douce France, pourrait devenir Monsieur Reconfinement… eh ben, on n’est pas sortis de l’auberge ! La Danse du canard a un bel avenir devant elle, même discothèques fermées.

L.M.