Déclaration unitaire des organisations de gauche 66 (*)

« Solidarité avec les cheminots ! Défendons tous les services publics !

Voilà des années que les gouvernements successifs ont fait le choix de la privatisation des transports contre le climat, l’égalité et le social : sous-investissement dans le rail et investissement massif dans les autoroutes et autocars privatisés qui favorisent notamment l’explosion dutrafic de marchandises par poids lourds, dangereux et désastreux pour l’environnement.

Depuis 1997, la SNCF est toujours plus segmentée pour casser le corps social cheminot et poursuivre les privatisations préconisées par les « directives » européennes. Aujourd’hui, Macron pousse au bout la logique de l’éclatement de la SNCF. Partout en Europe, les recettes qu’il veut appliquer ici produisent la disparition de lignes, l’explosion des prix, la vétusté des installations et des trains, la disparition du fret. C’est toute la population qui paie triplement l’addition : financièrement, par l’inégalité territoriale induite et par sa santé altérée par la pollution
générée.

Après 20 ans d’une libéralisation amplifiée, Macron propose d’achever le service public ferroviaire par ordonnances avec des conséquences dramatiques pour les cheminots, les usagers et l’aménagement des territoires. Pour y arriver, il prend les cheminots pour boucs émissaires, les faisant passer pour des privilégiés qui, comme les retraités, les étudiants ou les chômeurs, ruineraient la France. La réalité est tout autre : ils se battent pour sauver l’emploi des générations qui viennent.
Pour un service public essentiel à la transition écologique et à l’égalité des territoires. Dans notre département déjà économiquement sinistré, avec une précarité et un chômage record, la suppression des lignes Perpignan/Villefranche et Perpignan/Port-Bou ne ferait qu’aggraver les conditions de vie et de travail de la population et nuire à
l’environnement.

Face à ce gouvernement, qui veut parachever la transformation d’un service public en une entreprise du CAC 40, les cheminots ne sont en rien responsables. En fait, ils sont victimes des politiques menées depuis des dizaines d’années. Tout comme en sont victimes les étudiants qui perdent une partie de leurs APL, les retraités qui voient la CSG augmenter, les personnels de la santé, les enseignants, les chômeurs ou l’ensemble des fonctionnaires et des salariés. Tout comme les migrants qui subissent une politique indigne. Ils nous veulent désunis ? Nous répondons qu’ensemble nous sommes aux côtés des cheminots en grève et de leurs syndicats. Nous pensons utile que
se développent des collectifs d’usagers et que soient soutenues les caisses de grève mises en place. Nous appelons à engager un débat démocratique, pour le développement du ferroviaire, de tous les services publics, pour les enjeux environnementaux et sociaux d’aujourd’hui ».

(*) CUP, EELV, ERC, GDS, Génération.s, NPA, PCF, PG

(Perpignan, 7 avril 2018)