Communiqué

 

 

« Pesticides :
ZNT, CHARTE RIVERAIN, FINANCEMENT… UN DISPOSITIF COMPLET POUR NE RIEN CHANGER !

 

 

La Confédération paysanne des P-O, consultée par la chambre d’Agriculture, vient d’annoncer qu’elle refuse de signer le projet de charte riverain.
Cette charte découle d’un décret d’application du 27 décembre 2019 de la loi Egalim relatif aux mesures de protection des personnes lors de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques à proximité des zones d’habitation. Elle doit intégrer les modalités d’information, de dialogue et de conciliation, les distances de sécurité par rapport aux zones d’habitation.
Pour la Confédération paysanne la mise en place de Zones de Non Traitement (ZNT) n’a pas d’autres vocation que d’acheter la paix sociale dans les campagnes, avec l’accord du lobby des pesticides. Le ministère de l’Agriculture vient d’ailleurs d’annoncer par un communiqué le 9 mai une aide à l’investissement de 30 millions d’euros pour du matériel performant permettant de limiter les distances de traitement. Alors que ces investissements subventionnés vont permettre le traitement au plus près des habitations, le ministère ose s’exprimer ainsi : «L’idée, c’est d’accompagner tout le monde dans la transition vers l’agroécologie»
La meilleure manière de protéger la santé des paysans.nes et de la population en général est de permettre au monde agricole de s’affranchir des pesticides. Pour la Confédération paysanne, on ne protégera les riverains qu’en protégeant aussi les paysans. Ça se fera par l’interdiction immédiate des molécules les plus dangereuses. En parallèle, il faut généraliser les alternatives aux pesticides sur tout le territoire par des soutiens massifs aux paysans et des mesures vis-à-vis des importations de produits agricoles dont les normes seront inférieures aux nôtres. Rappelons que l’évolution de la consommation des pesticides de l’agriculture française a augmenté de 20% de 2009 à 2018, à l’inverse des objectifs du plan Ecophyto qui prévoyait une réduction de 50% pour 2018.

Cette charte doit encore faire l’objet d’une consultation publique dans les semaines à venir. Nous encouragerons alors à y participer massivement pour que chacun demande au préfet de ne pas valider une charte dont le seul but est d’appliquer le minimum réglementaire (très insuffisant) sous couvert de dialogue.
La Confédération paysanne, tout en refusant le principe même de cette charte riverain, a proposé à la présidente de la chambre d’agriculture de travailler avec elle, sur le développement de projets encourageant des alternatives aux pesticides.
Nous dénonçons la politique de ce gouvernement qui une fois de plus parle d’agroécologie tout en favorisant l’écocide et restons force de proposition pour un projet* ambitieux et réaliste pour une sortie de l’utilisation pesticides ».
*http://www.confederationpaysanne.fr/sites/1/mots_cles/documents/Livret_CONF_pesticide_web.pdf