Christian Bourquin (PS), sénateur des P-O et président de la Région Languedoc-Roussillon : Libre comme l’oiseau !

C’est fou le nombre de plumitifs locaux qui se hasardent à de stupéfiants pronostics à propos des prochaines élections municipales (2014), en particulier sur Perpignan.

Autant vous le dire d’emblée, c’est du n’importe quoi !

Prenons le cas le plus simple, celui de Christian Bourquin (PS), sénateur des Pyrénées-Orientales et président de la Région Languedoc-Roussillon…

Les fins limiers rédactionnels locaux le voient partout. Partout ! C’est devenu quasiment-obsessionnel. Il suffit que Christian Bourquin se promène au pied du Canigou, à l’ombre du clocher de Collioure, participe à une quelconque inauguration en Conflent ou en Salanque, pour qu’immédiatement on lui prête des intentions d’être candidat à une future échéance électorale. Décidément, ce doit être son côté libre et indépendant qui gênent les stakhanovistes du pamphlet en Pays catalan…

En tout cas, c’est à croire que nos plumitifs locaux n’ont même pas pris la peine de lire la centaine de pages du rapport rédigé par la Commission de rénovation et de déontologie de la vie publique, présidée par l’ex-Premier ministre Lionel Jospin.

Cette Commission recommande l’interdiction du cumul d’un mandat de député ou sénateur avec un mandat « d’éxécutif local » : maire, président de conseil général, président de conseil régional, président d’une communauté de communes, président d’une communauté d’agglomération, président d’un district de communes, etc. Ce régime, s’il est validé par le Gouvernement Ayrault et les parlementaires, s’appliquera pour les députés comme pour les sénateurs, qui pourraient toutefois tous détenir un mandat de conseiller municipal, communautaire, général ou régional, sans fonction exécutive.

Dans ces conditions, et en dépit de l’obstination quotidienne de certains médias et blogs qui s’engluent dans une méconnaissance inquiétante (pour des gens qui prétendent vouloir informer…) des textes, on voit mal comment Christian Bourquin, par exemple, pourrait en 2014 briguer la mairie de Perpignan – ou celle de Montpellier, de Nîmes… – ou la présidence de l’agglo PMCA puisque la future réforme cumule strictement le cumul des mandats des parlementaires.

Seul le « timing » pourrait imposer un tempo… lequel ne saurait être que temporaire : hier, sur LCI, le dirigeant socialiste Bruno Le Roux a assuré que la loi sera votée avant 2014 : « Elle sera votée avant 2014 et je souhaite qu’elle soit mise en oeuvre avant 2014. Je souhaite qu’elle soit faite le plus rapidement possible (…) ». Mais cette réforme pose un problème très politique au PS. Car si plusieurs députés optent pour leur mairie – ce pourrait être le cas pour Pierre Aylagas, dans la 4ème circonscription des P-O, par ailleurs maire d’Argelès-sur-Mer et président de la communauté de communes Albères/ Côte Vermeille – et qu’un nombre important de législatives partielles sont tenues, le Parti socialiste risque de perdre la majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Déjà, dans un premier temps, Christian Bourquin devra abandonner l’un de ses deux mandats actuels : probablement celui de sénateur – dans ce cas c’est sa suppléante, la présidente du conseil général’66, Hermeline Malherbe (PS), qui lui succèdera… et qui à son tour devra faire un choix ! – pour conserver celui évidemment qui lui tient le plus à coeur, président de la Région Languedoc-Roussillon (renouvelable en 2015).

Dès lors, et si l’on s’en tient strictement à ce chemin de fer, ce n’est ni du côté de Christian Bourquin, ni parmi les députés Jacques Cresta et Ségolène Neuville qu’il faut (re)chercher la future tête de liste du PS sur la ville de Perpignan pour les municipales de l’année prochaine. On sait aussi que Christian Bourquin souhaite mettre en place un duo, un tandem ?, pour ravir la mairie de Perpignan (et son agglo) à l’UMP. A propos de duetto, à gauche, Jacqueline Amiel-Donat/ Jean Codognès sont déjà dans les starting-blocks… Mais ce n’est certainement pas là le type d’attelage auquel pense Christian Bourquin pour battre la droite…

A droite, justement, la situation semble plus dégagée.  Pour l’instant. Quoi qu’on en dise et quoi qu’on en pense, Jean-Marc Pujol (UMP), candidat à sa propre succession, est assuré de conduire la liste UMP en 2014 : car on a jamais vu un parti politique abandonner un maire sortant, surtout à la tête d’une ville de plus de 100 000 habitants.

Les observateurs locaux sont formels : « Pujol n’a pas de problème avec l’UMP, c’est plutôt un problème de personnes, avec des personnalités comme Daniel Mach (ex-député et maire de Pollestres) ou encore Jean-Paul Alduy (ex-sénateur et président de l’agglo PMCA)… Et encore, on peut considérer que JPA a signé son arrêt de mort en politique en plusieurs étapes, en abandonnant la Ville, en quittant l’UMP et en perdant sa place au Sénat… Romain Grau, son successeur ? Romain Grau pense comme Jean Codognès, dont il fut son assistant parlementaire : il croit que parce qu’il va manger au restaurant et que le chef-de-cuisine quitte ses fourneaux pour venir le saluer, qu’il est connu comme le loup blanc, que c’est gagné !… Il se trompe. Il sera obligé de rentrer dans les rangs, derrière Pujol ».

En définitive, à droite, le seul concurrent actuellement en lice – « le seul véritable danger », pronostiquent ces mêmes observateurs de la politique locale – c’est Louis Aliot, le vice-président du Front national (FN) et conseiller régional des P-O.

Car l’avocat « Frontiste » surfe sur une certaine vague qui, déjà, le transporterait au 2ème tour des prochaines municipales… L’objectif étant pour l’équipe de Jean-Marc Pujol de contenir la popularité de cet adversaire en espérant lui barrer la route au-delà des 20% de l’électorat.

Mais Christian Bourquin (coucou le revoilou !) n’a pas dit son dernier mot. L’homme a plus d’une corde à son arc. En fonction du contexte, des textes, des dissidences, des personnalités en présence, de l’air du temps, il sait que jusqu’au dernier moment il pourra toujours créer l’événement : rien ne l’empêchera, s’il l’a décidé, d’annoncer sa candidature jusque deux mois à peine avant le 1er tour des municipales de mars 2014. Sa popularité et sa connaissance parfaite du terrain perpignanais le lui permettraient, assurément !