Alors qu’il était maire, un élu des Pyrénées-Orientales s’était vu offrir, lors d’une cérémonie de jumelage, un magnifique tableau signé d’un artiste-peintre d’origine écossaise, lequel avait d’ailleurs effectué de nombreux séjours sur le littoral roussillonnais.

Les mois ont passé – dix-huit au total – entre temps le maire, battu aux élections, s’est retrouvé dans l’Opposition, mais son épouse, tombée amoureuse du fameux tableau, n’a jamais voulu que son époux le restitue, songeant sans aucun doute que ce « prêt » (qui n’en était point un), finirait par tomber dans l’oubli…

Que nenni ! Le nouveau maire n’a jamais cessé de le réclamer. Son prédécesseur feint d’ignorer les nombreux rappels à l’ordre et avertissements, allant jusqu’à prétexter que la toile lui avait été offerte « très amicalement » et non « ès-qualité de 1er magistrat ».

Le successeur ne l’entendit pas de cette oreille et monta plusieurs fois à la charge pour récupérer le bien « partie intégrante du patrimoine communal » selon lui.

La madame de l’ancien maire continua de faire la sourde oreille, refusant d’entendre la version officielle. C’est que, dans sa chambre, au-dessus du lit, ce tableau de maître (estimé à plusieurs milliers d’euros) avait surtout atteint au bout de dix-huit mois une valeur sentimentale.

Il n’empêche que le couple a dû se résoudre à rendre le tableau, avant que la justice ne s’en mêle, car la nouvelle équipe municipale était bien décidée à aller jusqu’au bout dans cette affaire.