Communiqué de l’Association Départementale des Elus Communistes et Républicains des Pyrénées Orientales – ADECR’66

« L’Association Départementale des Élus Communistes et Républicains des Pyrénées Orientales réunie en assemblée générale le 4 février à Cabestany condamne avec force les pratiques certes « légales » mais totalement indécentes révélées par la presse ces dernières semaines.

L’affaire FILLON n’est qu’une affaire de plus qui révèle la dérive oligarchique de la Vème république. Elle met au jour les petits arrangements d’une caste de privilégiés affairistes toujours prompte à dénoncer les « privilèges » des fonctionnaires et des « assistés » mais peu regardante sur l’utilisation de l’argent public quand il s’agit de son train de vie.

Cette affaire vient alimenter la crise de confiance légitime de l’opinion et la litanie du « tous pourris ». Attention cependant aux dangers que la dénonciation tous azimuts fait courir à la démocratie.

Ce nouvel épisode ne doit pas jeter le discrédit sur la grande majorité des élus qui consacrent leur temps à servir l’intérêt général. La démocratie française est riche d’un grand nombre d’élus engagés, de tous bords, militants de l’action publique, indemnisés ou pas, qui la font vivre au quotidien. Les élus communistes, adeptes du principe du reversement de tout ou partie de leurs indemnités à leur parti, apportent de ce point de vue la meilleure démonstration de leur désintéressement.

Contrairement à ce que dénonce François FILLON, s’il y a un coup d’état aujourd’hui dans le pays, il n’est pas institutionnel contre sa candidature. C’est le coup d’État de la finance contre le politique. La remise en cause du coût de la démocratie sert bien ceux qui cherchent à soustraire au politique, et par conséquent au contrôle des citoyens, l’économie qu’ils veulent au service de leurs seuls intérêts. Oui, il faut abolir les privilèges et surtout ne pas oublier lors des prochaines échéances électorales ceux que s’octroient le capital et le actionnaires, l’évasion fiscale, les salaires mirobolants des grands patrons, les parachutes dorés et les retraites chapeaux.

La démocratie française est malade des privilèges et aussi des inégalités, de l’argent roi et de la collusion entre politiques et finance. Il est urgent de mettre fin à la concentration et à la privatisation des pouvoirs dans toute la société. Il est urgent d’organiser la diffusion et le partage de ces pouvoirs dans tout le corps social. C’est dans la perspective d’une VIème République développant en tous domaines une logique d’intervention citoyenne directe et permanente que se placent, à la veilles des grands rendez-vous électoraux du printemps, les élus communistes et républicains des Pyrénées-Orientales ».

Jean André MAGDALOU, maire d’Alénya, président de l’ADECR’66,

Marc SéVERAC, adjoint au maire d’Argelès-sur-Mer, secrétaire général.