Les divisions et autres divergences entre les deux Catalogne(s) seraient-elles autant vivaces qu’entre les deux Corée(s) ? On peut légitimement se poser LA question…

Alors que la nouvelle Grande Région issue de la fusion entre le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées se cherche encore et encore un nom pour être mieux identifiée et identifiable, alors que les indépendantistes nord-catalans n’en finissent pas de s’arquebouter sur des appellations souvent imprononçables aux quatre coins du monde – et surtout non repérables, du genre « Occitania-Catalunya » (par exemple), au sud des Pyrénées il y a belle lurette que les dynamiques chefs d’entreprise catalans ont tranché : « PirineusMed » pour Pirineus Mediterrani (ce qui signifie bien sûr « Pyrénées Méditerranée », chacun l’aura bien traduit).

Les membres-fondateurs de CCI PirineusMed sont : la Chambre de commerce, d’industrie et de services de la Principauté d’Andorre (Andorra) ; la Chambre de commerce, d’industrie et de navigation de Gérone (Girona) ; la Chambre de commerce et d’industrie de Lérida (Lleida) ; et la Chambre de commerce et d’industrie territoriale de Perpignan.

Alors, si nos voisins les plus proches – les plus performants et les plus catalanistes !, car on ne peut pas mettre en doute la catalanité et le génie dans les affaires de municipalités comme Gérone et Lérida, entr’autres – ont choisi la bannière « Pyrénées Méditerranée » comme marque et flamme porteuses de leurs ambitions économiques, sociales et culturelles, c’est que bien évidemment nous pouvons faire confiance à l’impact à l’international d’un tel nom.

Y’a pas photo !

A l’évidence : « Occitanie-Roussillon », « Languedoc-Pays Catalan », etc.-etc., constituent des impasses à l’échelle de la mondialisation. Favoriser un lopin de territoire identitaire créerait sans nul doute un sacré schisme : dès lors, pourquoi les habitants du Rouergue, du Quercy, du Pays Cathare, des Cévennes, du Gévaudan, de Mirepoix, de Saint-Papoul, etc.-etc., ne revendiqueraient pas à leur tour que l’on colle le nom historique de leur province bien-aimée à l’appellation de la nouvelle Grande Région ? Ridicule, pour faire court.

Souvenons-nous de l’époque héroïque quant il s’est agi de donner un nom à l’autoroute La Languedocienne, dans sa portion comprise entre Narbonne et Le Perthus… Quarante ans plus tard, « La Catalane » n’a toujours pas réussi à s’imposer sur l’itinéraire de l’autoroute A-9. Que ce soit sur les « infos trafic », dans les bulletins météo consacrés à la circulation, etc.-etc., depuis Paris ou Montpellier, et même à Perpignan !, les speakers citent toujours l’autoroute A-9. Ah, si nous avions été visionnaires, à ce moment-là, ah si nous avions laissé de côté nos interminables guéguerres de clochers, en ce temps-là : si nous avions choisi, parmi tous les exemples possibles, parmi les nombreuses combinaisons imaginables, « l’autoroute du Sud », « l’autoroute du Soleil », « l’autoroute des Pyrénées », « l’autoroute Via Méditerranée », « l’autoroute du Midi »… Si nous avions choisi un nom d’autoroute qui sente bon les vacances, tout simplement ! Quel succès alors !

Près d’un demi-siècle plus loin, attention à ne pas commettre la même erreur. Suivons l’exemple réfléchi des chefs d’entreprise catalans…