Ras-le-bol ! Mon boucher en a gros sur la patate, depuis les déclarations, hier à Varsovie en Pologne, du président des Etats-Unis d’Amérique, Joe Biden, qui a qualifié son homologue russe, Vladimir Poutine, de « boucher » au regard du conflit armé en Ukraine. Trop c’est trop !

 

Mon boucher veut bien être mis à toutes les sauces, mais il me rappelle qu’en 2022 les va t’en guerre ne peuvent pas utiliser le même jargon qu’avant : « Les mots ont un sens, ils ont du poids ! Poutine peut être qualifié de dictateur, de criminel de guerre, de despote, de tyran… mais de grâce, à chacun son métier ! Comme dit le proverbe breton : mieux vaut être boucher que veau. Joe devrait mettre un peu plus de charolais et d’Aubrac dans ses hamburgers, cela lui ferait au moins tourner sept fois sa langue dans sa bouche, côté saveurs, plutôt que de gober, d’avaler les phrases-choc de ses communicants ! ».

Vous l’aurez compris, ce dimanche matin mon boucher a la rage contre le yankee-donneur-de-leçons à l’Occident, débarquant chancelant sur le sol européen, à la frontière polonaise de l’Ukraine : « Vous l’avez vu descendre de son avion, déambuler sur le tarmac et aller à la croisée de ses soldats sur un air de sénilité ambiante… Comme disait le Grand Charles : la vieillesse, quel naufrage ! ».

Je vous avais prévenu : mon boucher est très remonté, il a comme on dit chez les rappeurs du 9-3 la Haine : « Quand on voit sa tête de végan, cela me donne encore plus envie de manger de la viande ».

Quand je lui dis qu’il va trop loin dans son propos, que Biden vient défendre un peuple agressé par Poutine, il me sort de son imprimante un flot de statistiques : « les States et leurs interventions pour le rétablissement de la Paix dans le monde, ce sont (environ) 16 500 morts en Afghanistan,  14 400 morts en Libye, 224 000 morts en Syrie… sans oublier l’Iraq et son gros million de morts » (…). « Et dans ces pays-là, croyez-vous que maintenant la Paix règne ? ».

Décidément, ce matin-là, mon boucher est inconsolable et, surtout, du haut de son étal, entre deux jongleries avec son hachoir et un couperet, il n’en démord pas.

 

L.M.