Pour connaître les qualifiés du second tour dans ces élections législatives, dans les quatre circonscriptions des P-O, y’avait vraiment pas besoin d’être devin ou de se ruiner en stocks de camembert (infographies) auprès des sondeurs habituels. Aucune surprise !

Même la faible participation était écrite : il suffisait de se caler sur les résultats du second tour de la présidentielle.

Tour d’horizon rapide…

Sur la 1ère : Romain GRAU (LREM) en tête, suivi du FN Alexandre BOLO. Le ticket était couru d’avance. Mais reconnaissons qu’il s’en est fallu d’un chouia, d’un cheveu, 294 voix très exactement, pour que Daniel MACH (LR-UDI) passe devant le candidat « Frontiste ». Romain GRAU est assuré d’entrer à l’Assemblée Nationale dans 8 jours.

Sur la 2ème : Louis ALIOT, député européen FN-RBM, était donné gagnant pour être 1er le soir du 1er tour. Mission accomplie. La surprise viendrait plutôt de la candidate du MoDEM, Christine ESPERT, soutenue par La République En Marche (LREM), qui fait un score remarquable en talonnant le favori : 781 voix seulement les séparent. Le député sortant Fernand SIRé (LR-UDI) dans les choux : c’était écrit. Car pour lui retrouver son siège était carrément mission impossible avec plusieurs maires de grandes villes contre lui, qui hier soir ont du boire le champagne, on pense notamment là aux deux Alain : FERRAND, maire du Barcarès, et GOT, maire de Saint-Laurent-de-la-Salanque. Entre autres. Bien malin celui, ou celle, qui pourra dire à partir de ce matin qui de Louis ALIOT ou de Christine ESPERT l’emportera dimanche prochain, à l’issue du second tour. Toutefois, sur le papier, en cumulant les possibles reports de voix, le candidat « frontiste » bénéficie d’une légère et certaine avance.

Sur la 3ème circonscription : là aussi c’était écrit. Ce sera donc LREM contre FN. Sandrine DOGOR contre Laurence GAYTE. Deux inconnues au paradis ! Pendant une semaine en tout cas. Incontestablement, Laurence GAYTE a bénéficié de son implantation dans le Ribéral, très peuplé, ainsi que de la présence à ses côtés du maire de la petite commune de Sansa, Antoine TAHOCèS, lequel est très actif dans des réseaux qui irriguent les communes rurales, le tissu associatif (les chasseurs, etc.). Le tandem a superbement bien fonctionné, alors même que sa construction était des plus récentes. La discrète et néanmoins efficace Sandrine DOGOR n’est pas totalement inconnue du grand public, car elle a déjà été candidate aux élections départementales dans la Vallée de la Têt, ainsi qu’elle a figuré sur la liste de Louis ALIOT aux dernières élections régionales. L’élimination de Ségolène NEUVILLE (PS) n’est pas une surprise en soi. Même si pendant cette campagne elle peut se targuer d’avoir reçu un accueil des plus chaleureux, les habitants de la 3ème circonscription lui ont fait grief – alors qu’elle a été ministre pendant plus de trois ans – de ne pas les avoir soutenus sur les grands dossiers du territoire : le Train Jaune, la Route Nationale 116, le TGV… Il suffisait de se balader sur le terrain pour entendre la rouspétance populaire et les reproches corrosifs sur ces sujets. L’échec de l’ancienne secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l’exclusion était donc tout à fait prévisible. Là aussi, c’était écrit. D’autant plus que l’on savait que, sur sa gauche, le candidat de La France Insoumise, Philippe ASSENS,  afficherait un beau résultat ; près de 15% en l’occurrence !  Son problème désormais, à Ségolène NEUVILLE, sera de gérer son avenir (bien incertain) sur la scène politique perpignanaise. Car, en dépit des plans de son entourage sur la comète, en cas de victoire aux sénatoriales de Hermeline MALHERBE (PS), candidate à sa propre succession et qui serait donc obligée d’abandonner son fauteuil de présidente du Conseil Départemental, c’est bien le maire de Saint-Jean-Pla-de-Corts, Robert GARRABé, qui lui succèdera au perchoir. Vous pariez combien ? C’est écrit… Retour aux législatives : Laurence GAYTE, au final, devrait l’emporter aisément. A noter pour l’anecdote qu’aucun des deux candidats sélectionnés pour le second tour ne franchit la barre des 12,5% des inscrits. Les deux sont repêchés !

Sur la 4ème circonscription : Sébastien CAZENOVE (LREM) creuse l’écart (avec 13 831 voix). Le parfait inconnu en politique – c’est vraiment sa première fois, il n’a eu jusqu’ici aucun mandat d’élu – est en passe de devenir célèbre et de donner à la région des Aspres le député tant attendu depuis des décennies. Il affrontera Stéphane MASSANELL (FN-RBM), repêché avec seulement 9,83% des inscrits (9 546 voix soit 20,02% des suffrages exprimés). Le candidat du député socialiste sortant (Pierre AYLAGAS) qui ne se représentait pas, Alexandre REYNAL (PS), maire d’Amélie-les-Bains et conseiller départemental, fait un score particulièrement décevant : 7,51%. Ce qui le place 6ème, derrière la candidate de la droite et du centre, Jacqueline IRLèS (LR-UDI), maire de Villeneuve-de-la-Raho, ancienne députée (2007-2012), et derrière le candidat communiste, Nicolas GARCIA (PCF-FdG), conseiller départemental et ancien maire d’Elne… Encore fois : c’était bien écrit. C’est le duel attendu. A n’en pas douter, même si air connu « il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant… », Sébastien CAZENOVE accompagnera Romain GRAU au Parlement à Paris la semaine prochaine.