En soutenant et présentant, dans la 4e circonscription des P-O, la candidature dissidente du 1er secrétaire fédéral du PS des P-O, Alexandre Reynal (sous l’étiquette Divers Gauche/ DvG), par ailleurs conseiller départemental et ancien maire d’Amélie-les-Bains-Palalda, Carole Delga a non seulement perdu son pari (certes risqué d’avance), mais en plus – et surtout -, elle fait perdre la NUPES, dans un dérapage électoral totalement incontrôlé. La présidente de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée nous avait habitué à plus de tac et de finesse dans l’analyse…

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, sur cette 4e circonscription, où la candidate du RN, Michèle Martinez, arrive en tête, avec 30,40%, devançant le député sortant LaREM/ Ensemble, Sébastien Cazenove (21,81%) de près de 9 points ! En troisième position, avec 20,79%, arrive le candidat de la NUPES, Jérôme Pous, jusqu’ici parfait inconnu – Qui va vite devenir célèbre – à 1 point seulement… Puis, au bas du podium, Alexandre Reynal, la carte traitresse de Carole Delga, réalise l’un des plus gros scores d’un socialiste dissident dans ce 1er tour des élections législatives, avec 9,55% des suffrages exprimés.

Le tableau des résultats est clair, limpide comme de l’eau de roche : Sébastien Cazenove peut dire un big MAMA MERCI à Carole Delga, car sans la nuisance d’Alexandre Reynal, il serait ce matin dans les choux, à pointer au Pôle Emploi de l’Assemblée Nationale.

Quand le candidat de la NUPES rate le second tour de seulement un tout petit point, alors qu’un autre candidat de gauche réalise près de 9 points, les comptes sont vite faits : en l’absence d’Alexandre Reynal, Jérôme Pous accédait au second tour de ces législatives, qui aura lieu dimanche prochain, 19 juin 2022, et, essentiellement, il avait toutes les chances et cartes en main pour gagner, pour être élu député de la 4e circonscription.

La présidente de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée a beau jeu ce matin dans la presse locale redevable d’affirmer, après avoir été l’auteure d’un schisme historique : « J’appelle à voter contre le RN et pour la gauche ». Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Que est le mode d’emploi à comprendre ? Car les chiffres sont têtus : dans la 4e circonscription, Carole Delga restera dans l’Histoire comme celle qui a flingué la gauche et, par ricochet, donner un sacré coup de pouce au RN.

Carole Delga, propriétaire d’une résidence secondaire familiale à Argelès-sur-Mer, la principal réservoir démographique et donc électoral de la 4e circonscription, ne pouvait ignorer la situation, le contexte local. A d’autres !

Dans la 4e circonscription des P-O, si l’on suit les propos de Carole Delga à la lettre, doit-on en conclure que LA gauche serait incarnée désormais par les « Macronistes », en la personne du candidat-député-sortant Sébastien Cazenove (LaREM/ Ensemble), puisque désormais la présidente de la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée appelle à « voter contre le RN et pour la gauche » ?… Voilà une manoeuvre politicienne des plus embarrassantes, voire des plus tordues.

Imaginons un court instant ce qui va se passer cette semaine.

Au plan national, nous aurons l’Insoumis Mélenchon qui va invectiver – et le mot est light -, le président de la République, Emmanuel Macron et sa Première ministre, Elisabeth Borne, en les affublant de tous les noms d’oiseaux afin de les déshabiller pour l’été, électoralement parlant.

Au plan local, nous aurons une Delga, soi-disant de gauche (nous n’en doutons pas), qui va appeler à voter pour Macron-Borne contre le RN ?!… Mais quel pastaga ! Qu’on ne vienne pas pleurer, ensuite, si les Français désertent les urnes, par simple écoeurement de la Chôôôse politique.

En revanche, une chose est sûre et certaine : en déclarant la guerre (électorale) à la NUPES, Carole Delga a commis un faux-pas qui pourrait lui coûter très cher à l’avenir. Bonjour l’ambiance dans l’hémicycle de la Région ! Douce France…

 

L.M.