Sur le blog d’Alain Ferrand (UMP), maire de Le Barcarès, conseiller communautaire, on peut lire :

« C’est lundi 14 avril que s’est tenu le premier conseil communautaire de PMCA, durant lequel il a été procédé à l’élection de son Président et de ses 15 vice-présidents.

A l’issue du premier des scrutins organisés, c’est sans surprise Jean-Marc Pujol Maire de Perpignan, qui a été élu Président de PMCA. Cette victoire annoncée, il est de ma responsabilité de la souligner et je formule tous mes vœux de réussite à l’équipe en charge de notre Agglomération ainsi qu’à son nouveau Président.

Durant la campagne électorale, Jean-Marc Pujol avait pris l’engagement de ne pas briguer la présidence de PMCA. Il est cependant revenu sur cette position une fois l’élection remportée.

Pour habiller ce revirement, Jean-Marc Pujol nous a demandé, à nous les maires UMP de l’Agglomération, d’en appeler publiquement à sa candidature.

Dans la mesure où j’estimais que sa qualité de Maire de Perpignan rendait légitime sa décision, je l’ai suivi dans la démarche qu’il nous a proposé afin d’être porté à l’exécutif de PMCA.

Cela correspondait à la majorité politique de l’assemblée communautaire et j’ai alors naturellement pris part à l’appel formulé par ce collectif des maires.

Le Maire de Perpignan s’était pour sa part engagé à assurer une vice-présidence à l’ensemble des maires appartenant à la majorité communautaire, et cela en fonction de l’importance de leur commune respective au sein de l’archipel de PMCA. L’engagement avait donc été pris de confier au représentant du Barcarès l’une des quinze vice-présidences de l’Agglomération.

Mais comme vous le savez, cela n’a pas été le cas au final.

Si naturellement je le regrette, ce n’est pas eu égard au manque de considération que cela témoigne pour ma propre personne, mais uniquement parce qu’il n’est pas légitime que Le Barcarès soit de cette manière exclu de la gouvernance de PMCA.

Notre commune est le 3e plus gros contributeur de l’agglomération après Perpignan et Canet-en-Roussillon. Le Barcarès est aussi l’une des villes frontières avec un département voisin et qui organise des animations d’envergure internationale en même temps qu’elle accueille plusieurs dizaines de milliers de personnes en période estivale.

De par son importance et sa situation de ville littorale, Le Barcarès concentre plusieurs des enjeux déterminants pour le territoire de notre agglomération.

De plus, je compte parmi les Maires élus sous la même étiquette politique que Jean-Marc Pujol et la majorité des personnes qui composent la nouvelle gouvernance de PMCA.  Je n’ai d’ailleurs pas hésité à apporter tout mon soutien au Maire de Perpignan lorsque la demande m’en a été faite entre les deux tours des élections municipales.

Rien ne justifiait donc que le Barcarès soit écarté du nouvel exécutif de l’Agglomération. C’est pourtant l’option qui a été finalement choisie par le Maire de Perpignan.

Reniant subitement les engagements qu’il avait lui-même imposé, Jean-Marc Pujol a décidé de m’écarter de la gouvernance de PMCA. Pour ce faire, il a trouvé refuge derrière la Charte ANTICOR dont il est signataire et dont le respect serait incompatible avec l’élection du Maire du Barcarès aux fonctions de vice-président de PMCA.

Sans porter de jugement de valeur sur les principes avancés par La charte ANTICOR, il me semble toutefois opportun de rappeler qu’il s’agit d’un document associatif, dépourvu de valeur règlementaire, et qui ne doit pas être substitué aux lois de la République.

Que Jean-Marc Pujol « juge » qu’Alain Ferrand n’est pas digne d’exercer une vice-présidence de PMCA est une chose. Le placer sur le compte de la charte ANTICOR dont il est signataire en est une autre. En effet, cela revient à considérer contre la loi, et avec les auteurs de ce document, que certains sont légitimes à exercer des fonctions publiques alors que d’autres ne le sont pas peu importe s’ils sont choisis par le suffrage universel. La position d’ANTICOR est relativement simple, pour ne pas dire simpliste : une personne ayant fait l’objet condamnation ne doit exercer aucune fonction élective et c’est à cela qu’adhère les signataires et fondateurs de leur charte (Parmi les principaux desquels on trouve Eric HALPEN, Christiane TAUBIRA, Pascal CANFIN…).

Cela signifie-t-il alors, et par exemple, que Jean-Marc Pujol considère que Monsieur Alain Juppé n’est pas légitime à exercer ses fonctions de Maire de Bordeaux et de Président de la Communauté urbaine de Bordeaux ?

L’association ANTICOR se prévaut par ailleurs d’être « constituée partie civile depuis 2009 dans le cadre de plusieurs affaires judiciaires importantes : Pérol, Karachi, emplois fictifs à la Mairie de Paris, sondages de l’Elysée et dépenses de communication de Matignon sous la Présidence Sarkozy » ou bien encore d’avoir obtenu « la condamnation de Monsieur Chirac dans le procès dit des emplois fictifs ».

Est-ce que Jean-Marc Pujol apporte là aussi tout son soutien aux actions menées par ANTICOR ?

Dans chacune des affaires mentionnées par l’association, notre famille politique a apporté ou apporte encore son soutien aux personnes mises en cause.

Jean-Marc Pujol, pour respecter la charte ANTICOR  dont il est signataire, s’opposerait-il à apporter son soutien à Nicolas SARKOZY, tristement montré du doigt dans différentes affaires, s’il devenait le candidat de l’UMP en 2017 ?

Plus encore, l’article de la Charte ANTICOR signée par Jean-Marc Pujol impose à ses signataires d’exiger de leurs colistiers la publication de leurs déclarations d’intérêt respectives.

Le Maire de Perpignan s’est-il conformer à cette obligation ou envisage-t-il de le faire ?

Chacun l’aura compris, l’argument de la Charte ANTICOR, je le reçois tel qu’il est ; c’est-à-dire le prétexte sur lequel a été appuyée la mise à l’écart du Barcarès.

Et puisque la charte ANTICOR a pour but de promouvoir l’éthique en politique, je souhaite seulement rappeler que tenir ses engagements est la principale manière d’y parvenir. Avant tout autre chose, c’est à cela que devraient se conformer les élus signataires de cette Charte.

J’ai alors décidé de porter ma candidature à l’une des vice-présidences de PMCA pour faire valoir la voix de notre commune. Sur les 88 personnes qui siègent au conseil d’agglomération, 20 d’entre-elles, Maires et élus, m’ont apporté leurs votes. Sur les 36 communes qui composent l’Archipel de PMCA, ce sont donc 20 de leurs représentants qui n’ont pas accepté de se soumettre à la consigne de vote donné par Jean-Marc Pujol. Je tiens à les remercier de cet acte qui exprime toute la considération qu’ils apportent, non pas à ma personne, mais à l’égard de la commune du Barcarès.

Parce que c’est d’ailleurs là l’essentiel dans le résultat du conseil communautaire d’installation ! Qu’Alain Ferrand ait obtenu ou pas une vice-présidence de PMCA reste un fait insignifiant. En revanche, il fort regrettable et totalement incohérent que la commune 3eme contributrice de notre agglomération soit exclue de sa gouvernance.

En ce qui me concerne personnellement, j’aurais préféré que Jean-Marc Pujol me fasse part directement et dès l’origine de sa candidature de sa conception du management de PMCA.

Cela n’enlève rien à l’estime que je lui porte mais je ne cesse, hélas, de m’interroger sur l’avenir politique de l’Agglomération et sur les conditions dans lesquelles la cohérence territoriale de l’action communautaire sera garantie.

Je n’ai jamais vécu de mes fonctions politiques. Je les exerce par conviction et dévouement pour la collectivité. C’est donc sans amertume et sans rancœur personnelle, que je réitère mes vœux de réussite au nouveau président de PMCA et à son équipe.

Il est déterminant pour une structure intercommunale d’assurer la plus grande représentativité des communes qui la compose. C’était là toute le sens de ma candidature et, sans nul doute, ce qui fera défaut à PMCA dans le fait d’avoir exclu Le Barcarès de sa gouvernance.

Plus ou moins directement, j’y vois un lien avec la motion voté par les élus de la Communauté de commune Sud-Roussillon le 16 avril 2014 suite à l’intervention de Jean-Marc Pujol annonçant l’intégration de Saint-Cyprien comme étant l’un de ses principaux objectifs.

Pour opposer leur fin de non-recevoir à Jean-Marc Pujol, les élus de Sud-Roussillon ont avancé « leur souhait de maîtriser les orientations politiques de leur intercommunalité par une gouvernance souple et soucieuse de l’expression pluraliste des maires formant leur groupement ». Par ailleurs, ils n’ont pas manqué de souligner que la perspective développée par Jean-Marc Pujol « n’a pas manqué de surprendre le président de la Communauté de Communes Sud Roussillon Me Thierry Del Poso, maire de Saint-Cyprien – alors qu’aucune démarche, initiative ni même aucun contact spécifique à un projet de cette nature n’ont été engagés avec le maire de Saint Cyprien ».

Chacun comprendra aujourd’hui que je partage la réticence des élus de Sud-Roussillon et que,  plus qu’auparavant, je reste convaincu qu’une gouvernance communautaire doit tenir compte des tendances politiques de son conseil et de la diversité de son territoire. Agir de manière différente c’est hypothéquer à coup sûr la cohérence et la cohésion des politiques intercommunales.

Durant la précédente mandature, je pense avoir été un 2e vice-président délégué au tourisme soucieux de l’efficacité des politiques communautaires. Durant le mandat qui vient de débuter, je serai le conseiller communautaire du Barcarès particulièrement attentif à la défense des intérêts de ma commune ».