(Communiqué)

 

Suite à la lecture du rapport des députés Yannick Kerlogot et Christophe Euzet ont remis au Premier Ministre sur l’enseignement des langues régionales, ci-dessous la position du réseau d’écoles associatives immersives en langues régionales de la République, ESKOLIM, dont fait partie La Bressola et en a actuellement la Présidence.

 

Rapport Kerlogot-Euzet, une grande déception, copie à revoir !

 

-« Les députés Christophe Euzet et Yannick Kerlogot missionnés par le Premier Ministre Jean Castex devaient « formuler des propositions tenant au cadre juridique et aux modalités pratiques de l’offre pédagogique permettant de conforter l’action des réseaux associatifs » que nous représentons.
La demande du chef du gouvernement était précédée d’une déclaration du Président de la République demandant au « gouvernement et au Parlement de trouver les moyens de garantir la transmission de cette diversité linguistique dans le respect des cadres pédagogiques largement reconnus depuis un demi-siècle », rappelant que le système immersif pratiqué par notre réseau « a fait vivre ces langues et a garanti leur avenir » et que « rien ne saurait entraver cette action décisive ».
Les représentants des six fédérations du réseau Eskolim avons été entendus séparément par les deux
députés. Les échanges ont été cordiaux. Mais le contenu du rapport ne traduit pas nos échanges. Et c’est avec stupéfaction que nous avons pris connaissances des propositions faites par les rapporteurs.
Le rapport est le contraire de ce qui était attendu. Si le président de la République rappelait que le « le droit doit libérer, jamais étouffer », « ouvrir, jamais réduire », les propositions du rapport ne cherchent qu’à réduire notre pratique pédagogique. Les rapporteurs n’ont pas fait autre chose que suivre les directives du ministre de l’Education Jean Michel Blanquer, qui au soir même de la décision du Conseil Constitutionnel préconisait que le système immersif devrait « évoluer »
Le rapport oublie l’essentiel : la représentation parlementaire à une très large majorité, à l’Assemblée nationale comme au Sénat a souhaité le développement et le renforcement de l’enseignement des langues régionales, or c’est une involution qui est proposée par les rapporteurs, des préconisations rétrogrades et inacceptables.
Le rapport balaie d’un revers de main, l’opportunité présentée par le projet de lois relatif à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l’action publique dit « 3DS » qui a débuté son parcours parlementaire en ce mois de juillet au Sénat. Le cadre de cette loi peut être l’occasion d’approfondir dans la responsabilisation des collectivités locales dans l’enseignement des langues régionales. Cette territorialisation est déjà prévue dans le cadre de l’enseignement bilingue dans son l’article 312-10 du Code de l’Education. La Constitution responsabilise également les collectivités territoriales en matière de langues régionales dans son article 75.1 qui fait partie du chapitre XII dédié aux collectivités territoriales. La loi Notre précise de même que les compétences en matière de promotion des langues régionales sont partagées entre les communes, les départements, les régions et les collectivités à statut particulier.
Décentraliser ou déconcentrer l’enseignement des langues régionales aux collectivités locales qui géreraient cela de la meilleure façon, en lien avec la demande des populations (choix du modèle Eskolim : A.B.C.M. Zweisprachigkeit – Calandreta – Diwan – La Bressola – Scola Corsa – Seaska pédagogique, investissements, personnel etc), serait donc une suite logique. Le rapport omet de dire également que les présidents des Régions ont été unanimes en soutien de l’enseignement immersif au lendemain de la décision du Conseil Constitutionnel. Un amendement gouvernemental au projet de loi qui sera examiné à l’Assemblée nationale au mois de septembre, est une opportunité dont le chef du gouvernement doit se saisir.
Le rapport estime également que le changement constitutionnel demandé par plus d’une centaine de parlementaires, n’est « ni réaliste ni fondamentalement souhaitable », et ne fait aucune référence à la contribution du groupe Modem à leur rapport, précisant entre autres que « seule une évolution constitutionnelle sera à même d’apporter une solution pérenne » par la modification de l’article 75-1 de la Constitution.
Aucune proposition concernant les subventions d’investissement pour nos réseaux évoqués par le Premier Ministre devant l’Assemblée nationale, ainsi que dans sa la lettre de mission aux deux députés. Aucune proposition concernant notre demande de renforcer les moyens de la formation des enseignants. Aucune proposition concernant la réécriture de la circulaire n° 2017-072 du 12-4- 2017 définissant les modalités d’examens concernant le Brevet et le Bac en langue régionales, pourtant devenue obsolète.
Le Premier Ministre dans sa lettre de mission précisait également que les réflexions devraient être accompagnées de calendriers de mise en œuvre, mais aucune proposition de calendrier ne ressort du rapport.
Enfin le rapport préconise la création d’un Conseil national de l’enseignement des langues régionales.
Une coquille vide sortie du chapeau, qui n’apportera rien. Pour rappel, un Conseil national des langues et cultures régionales avait été créé en 1985 par le Premier ministre de l’époque, qui au final ne s’était jamais réuni… Le Premier Ministre de l’époque était un certain Laurent Fabius, aujourd’hui président du Conseil Constitutionnel. Copie à revoir ».