Communiqué de presse.

 

« LE SNALC LANCE UN PREAVIS DE GREVE POUR LE BAC  GENERAL,TECHNOLOGIQUE,PROFESSIONNEL ET LE BREVET DES COLLEGES

Jusqu’à présent, rien n’a fonctionné.
Le ministre de l’Education nationale reste complètement sourd aux alertes des organisations syndicales unanimes, et continue de gouverner au mépris de l’intérêt des personnels et des élèves. Pire, c’est avec une com’ mensongère que l’on fait passer les réformes désastreuses pour des améliorations du système éducatif et la dégradation incessante des conditions de travail pour une revalorisation.

Dans cette impasse et face à un tel point de blocage et de non écoute de la profession, les syndicats SNALC, SNES, SNUEP, CGT, SUD, SNETAP, SUNDEP, SYNEP, réunis en intersyndicale et soutenus par les organisations Stylos rouges, CNT, Chaîne des bahuts à la demande d’une écrasante majorité de leurs adhérents, lancent un préavis de grève pour le premier jour de la surveillance du bac, le 17 juin, et attendent du ministre et du gouvernement une réelle écoute et une prise en compte de leurs revendications.

Jusqu’au 17 juin, la porte des syndicats leur est ouverte pour entamer de vraies négociations, pour entendre l’intérêt des personnels et celui des élèves qu’ils ont à cœur d’instruire chaque jour, pour cesser de tromper les parents et l’opinion à coups de communications mensongères sur des réformes désastreuses.

 

Nos revendications sont claires :
-une hausse significative des rémunérations
-le retrait des lois Blanquer et fonction publique
-le retrait des réformes des trois voies du lycée
Le traitement des personnels d’enseignement et d’éducation stagne depuis de très nombreuses années.
Ils ont en conséquence subi un fort décrochage de leur pouvoir d’achat et un déclassement évident : alors qu’ils sont encore considérés comme des cadres de catégorie A, ils sont loin d’en avoir les salaires. Ainsi, à qualifications égales, leurs rémunérations sont globalement inférieures de près de 1000€ par mois à celles des autres cadres de la fonction publique. De plus, alors que les enseignants français fournissent davantage de travail que la moyenne de leurs collègues de l’OCDE, leur rémunération est bien plus faible : le coût salarial annuel des enseignants par élève en France est très nettement inférieur à la moyenne, et l’écart s’amplifie avec les réformes successives qui alourdissent constamment leur charge de travail. Le SNALC considère, avec ses adhérents, que les revendications salariales sont désormais une priorité pour les enseignants. Les dernières réponses apportées sont loin d’être à la hauteur de leurs attentes légitimes, puisqu’on propose aux professeurs du second degré d’améliorer leur traitement en leur imposant de travailler en heures supplémentaires, qui sont moins bien rémunérées que les heures de service. Nous demandons donc que le traitement net des enseignants soit revalorisé à hauteur de la rémunération moyenne des cadres A de la fonction publique, ce qui implique :

-L’augmentation des indemnités de façon à ce que leur part atteigne 30% du traitement brut, comme dans le reste de la fonction publique au lieu des 10% actuels.
-En conséquence, une augmentation substantielle de l’ISOE / ISAE.
-La modification du calcul de la rémunération des HSA et HSE, avec majoration de 25% par rapport à l’heure de service normale et indexation sur l’échelon.
-Le dégel du point d’indice est par ailleurs indispensable pour mettre un terme à l’effondrement du pouvoir d’achat.

 

La Loi Blanquer

La Loi dite de l’école de la confiance s’ouvre sur l’exemplarité des enseignants ; une disposition qui risque de mener à un musèlement de ceux qui oseraient ne pas être d’accord avec le système. Avec le recours à l’expérimentation, elle permettra de sortir du droit commun et de jouer avec les services des enseignants, remettant en cause nos obligations. Les INSPE et la modification de la place du concours vont aboutir à un appauvrissement disciplinaire et à un formatage pédagogique des futurs professeurs. L’âge du concours va reculer et réduire encore plus l’attractivité de notre métier. Le nouveau statut des AED va créer une main d’œuvre à bon marché. La loi crée un conseil d’évaluation de l’école qui ne comprendra que des personnes désignées par le ministre ainsi que des députés et sénateurs. Cette instance très politique devra évaluer notre système et faire des préconisations. La loi introduit de nombreuses possibilités d’ordonnances qui sont le moyen le moins démocratique pour diriger ou transformer l’éducation nationale. Le SNALC ne demande pas au ministre de ne rien changer. Le SNALC demande que les réformes soient faites pour le bien des professeurs et des élèves.

 

La fonction publique

Parmi les objectifs de ce projet de loi, « Promouvoir le dialogue social » se traduit par la suppression de la consultation des CAP, instances actuelles de représentation des personnels où ce rare dialogue pouvait encore avoir lieu. Pour faire disparaître la température, supprimons les thermomètres ! Exit l’avis des élus, experts et garants du respect de l’égalité de traitement en termes de droits et de barème des personnels : la décision d’une mutation, d’une promotion, d’un congé de formation ou d’un poste aménagé sera désormais prise dans les bureaux des gestionnaires et les agents mécontents se verront renvoyés à une instance de recours catégorielle. Excepté pour des questions d’avancement ou de mutation, exclues des possibilités de recours.

On note aussi un renforcement du caractère autoritaire à l’égard des agents, avec l’exclusion de 3 jours qui, en changeant de groupe de sanctions disciplinaires, pourra désormais être prononcée directement par la hiérarchie sans passer par la défense des syndicats en CAP.

La loi prévoit aussi un recours accru aux contractuels, notamment pour des emplois de catégories B et C (actuellement, c’est possible uniquement pour ceux de la catégorie A), tout en étendant la possibilité de recruter directement l’agent en CDI lorsqu’il s’agit d’occuper un emploi permanent. Il crée un nouveau CDD spécifique à la fonction publique, le « contrat de projet », qui prend fin quand le projet arrive à échéance et qui n’ouvre droit ni à la CDéisation, ni à la titularisation.

Le gouvernement juge la transformation de la fonction publique indispensable pour réduire la dépense publique et améliorer l’action de l’État. Comment des agents contractuels, aux rémunérations modestes et discontinues, souvent à temps incomplet et insuffisamment formés, contraints à la mobilité, sans perspective d’avenir pourraient-ils être plus investis et efficaces que des fonctionnaires ? La finalité gouvernementale est bien la réduction drastique des dépenses au mépris du statut et des conditions de travail des personnels, au mépris de la qualité du service public.

Toutes les organisation syndicales ont voté contre ce projet de loi lors du Conseil commun de la fonction publique. Même les représentants des employeurs territoriaux se sont abstenus.

Le retrait des réformes des trois voies du lycée

Alors que le ministre de l’Education Nationale avait assuré qu’il ne serait pas le ministre d’une énième réforme, il entend transformer en profondeur notre système ni pour le bien des élèves ni pour celui des enseignants. Il a commencé par une réforme néfaste du lycée. La réforme du lycée général et technologique va permettre au ministère de supprimer des postes. Elle constitue une baisse globale des volumes horaires. Elle introduit des spécialités pluridisciplinaires et des contraintes organisationnelles qui vont mener à des conflits dans les salles des professeurs et à une dégradation des conditions de travail des enseignants.
Elle réduit le champ des possibles en Terminale avec le passage de trois à deux spécialités. Elle introduit des différences territoriales par son offre de spécialités variable selon les établissements et ment sur le large choix laissé à l’élève. Mais la transformation ne s’arrête pas au lycée. L’éducation nationale va subir les changements imposés par la Loi, dite de l’école de la confiance (voir ci-dessus)

 

Et pour la voie professionnelle le SNALC dénonce :

-Suppression de postes massives avec perte de 300 H de formation en bac pro sur les 3 ans à venir.
-Des heures de dispositifs (cointervention et chefs d œuvres) non affectées ne respectant pas le volume horaire obligatoire de formation des élèves. Heures de concertation et de préparations de la cointervention non rémunérées.
-La fin de la liberté pédagogique pour les PLP avec la mixité des publics et des rythmes scolaires différents.
-Nouveaux programmes imposés à la va vite, inappropriés et théoriques. Hétérogénéisation du bac pro avec des applications locales de la réforme.
-Danger du statut des PLP en travaillant dans les UFA des LP, contractualisation et complément de service.

• DEPUIS 1968, LES EXAMENS N’ONT PAS ETE PERTURBES .LE SNALC DIT STOP AU MEPRIS ! APOLITIQUE ET INDEPENDANT, LE SNALC MENERA LA BATAILLE POUR DEFENDRE DES SALAIRES DIGNES POUR TOUS LES PERSONNELS DE L’EDUCATION NATIONALE ET UNE EDUCATION DE QUALITE POUR TOUS NOS ENFANTS SUR TOUT LE TERRITOIRE.

• DES ACTIONS FORTES SERONT PREVUES PENDANT TOUTES LES EPREUVES DANS LES P-O, L’AUDE, L’HERAULT, LE GARD ET LA LOZERE.