Tribune de militaires dans « Valeurs Actuelles » : les sanctions seront « exemplaires », promet Hervé Grandjean, le porte-parole des armées sur la radio publique FranceInfo 

 

 

« Ils sont sanctionnés car il n’ont pas respecté le principe de réserve », explique Hervé Grandjean. Ils risquent des « jours d’arrêt » jusqu’à la « radiation ». Les mots sont forts, terribles. On se croirait au Chili pour solder les « années Pinochet ».

Donc, dans ce pays qui s’appelle (encore) France, on peut détruire, casser, incendier, agresser, violenter, à volonté, en ne risquant, souvent, qu’un simple « rappel à la loi » (mdr), en guise de peine, mais… chut ! Encore faut-il se faire choper en flagrant délit, sans cagoule et sans gants… Comme le chantait autrefois feu Guy Béart : « Le premier qui dit la vérité – ici « le premier qui parle » (Ndlr) -, doit être exécuté »

Les militaires qui ont signé cette tribune dans le magazine Valeurs Actuelles – tribune qui ne déplait fortement et bizarrement qu’à la presse qui survit avec les deniers publics… -, sont donc menacés de passer devant le peloton d’exécution virtuel du Gouvernement, lequel a vu dans les propos de ladite Tribune une… tentative de Coup d’Etat ! Rien que ça. Du pain béni pour le Gouvernement afin de faire oublier son laxisme, son incompétence, ses ratés, face à l’insécurité ambiante qui gangrène la nation, et pas que dans ses banlieues.
La tribune signée par plusieurs militaires et publiée il y a une semaine dans l’hebdomadaire Valeurs Actuelles fait réagir jusqu’au sommet de l’armée, la fameuse Grande-Muette. Dans les colonnes du journal Le Parisien, le général François Lecointre, chef d’état major des Armées, annonce des sanctions contre au moins dix-huit militaires toujours en activité. Des sanctions qui seront « exemplaires », promet Hervé Grandjean, le porte-parole des armées, jeudi 29 avril sur FranceInfo.

Marine Le Pen ne pouvait rêver meilleur coup de pub, meilleur soutien, pour sa campagne électorale à une poignée de semaines des élections départementales et régionales. Car, en sanctionnant les militaires pour leurs propos, ce Gouvernement et son Président, décidément bien aveugles et sourds à la situation dans le pays, font preuve une fois de plus certes d’une évidente mauvaise foi bien calculée, mais surtout d’une méconnaissance totale et inquiétante du climat français ambiant… dont ces militaires se sont fait l’écho, plus ou moins maladroitement certes.

Désormais, avec une telle subjectivité qui frise la caricature et le ridicule, le Gouvernement aura fort à faire avec tout fonctionnaire, quel qu’il soit, et dont les obligations sont précisées dans le chapitre IV de la loi du 13 juillet 1983 : les obligations de dignité, d’impartialité, d’intégrité et de probité, consacrées depuis longtemps par le juge administratif, et qui sont inscrites dans le statut général du fonctionnaire par la loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations donc du fonctionnaire. Dès lors, on ne peut que souhaiter « bien du plaisir ! » au Gouvernement Castex – Macron pour faire appliquer cette loi.

L’habit ne fait pas le moine, dit le vieil adage, mais une fois de plus, en France, à Paris, entre l’Elysée et Matignon, Emmanuel Macron, Jean Castex et leur écurie de Bobos se trompent d’exemple : plutôt que de se battre sur l’uniforme, ils feraient mieux de se battre sur les idées !

 

L.M.