Il aura fallu qu’un étudiant s’immole pour que la presse, écrite et audiovisuelle, découvre le quotidien précaire des étudiants.

Il aura fallu que l’association de consommateurs UFC-Que Choisir publie une étude, pour que la presse découvre qu’en France « un médecin généraliste sur (presque) deux refuserait de soigner de nouveaux patients ».

Il aura fallu un rapport du Conseil d’orientation des retraites qui pointe du doigt « le déficit du régime de retraite (qui) pourrait être compris entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros en 2025 », pour que la presse française découvre l’urgence d’une situation budgétaire à inverser dans la cadre d’une réforme des retraites inévitable… sauf à vouloir plonger dans le gouffre !

Il aura fallu un rapport de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanes (OFDT), pour que la presse découvre que les usagers de cocaïne chez les 18-24 ans avaient presque doublé en trois ans. Il aurait suffit à notre presse-bien-aimée qu’elle se promène en saison dans les stations balnéaires qui bordent littoral catalan pour constater que depuis une décennie la « coco » a détrôner la beuh… Le rhume de Bogota et la grippe de Medellin y sont très en vogue !

Il aura fallu un sondage sur les inégalités territoriales, pour que la presse découvre « Que les origines géographiques, conjuguées aux caractéristiques sociales pèsent fortement sur la condition des jeunes de 17 à 23 ans se projetant vers l’avenir »… C’est évident, les jeunes ruraux aujourd’hui disposent de beaucoup moins de clés pour s’orienter – et réussir – que les jeunes des banlieues. Mais depuis plus de trois décennies, c’est bien ces dernières qu’on nourrit au détriment d’une France dite « profonde ».

Etc.-etc.

Nous pourrions multiplier les exemples à souhaits. Sans excès. En toute objectivité. Ainsi va la vie des médias en France, au rythme des rapports divers et variés de la Cour des comptes, de la Chambre régionale des comptes, des conclusions et autres études d’organismes plus ou moins officiels, plus ou moins fiables, d’associations plus ou moins objectives, de syndicats parties prenantes, d’institutions grassement rémunérées, de sondages aux questions souvent biaisées (« on » interroge l’opinion publique en fonction des réponses qu’on veut entendre, tout en respectant bien sûr et la main sur le cœur l’échantillon représentatif culturellement et socialement de la nation, de la commune, d’un territoire)…

Il y a belle lurette que les médias français ne descendent plus sur le terrain. Qu’ils se contentent d’effectuer leurs enquêtes, leurs « pseudo-scoops », depuis leurs smartphones, via Internet, en scrutant Facebook, Instagram (…), en sautant sur le moindre fait-divers… et de préférence « à charge », cela est si facile, cela (leur) évite de remonter le fil du temps, d’aller enquêter sur place, en face. Dire du Mal d’une réforme, d’une politique, d’un projet, salir une personne, célèbre ou inconnue, cela rapporterait donc mieux et plus que de dire du Bien ? Mais où sont alors la déontologie et l’objectivité du journaliste dans tout ça ? Drôle d’époque.

« Je suis tombé par terre,

C’est la faute à Voltaire,

Le nez dans le ruisseau,

C’est la faute à Rousseau »

(Les Misérables de Victor Hugo)

Quelques mots pour conclure sur ce chapitre à propos du bouc émissaire très en Cour actuellement dans les médias : Emmanuel MACRON, Président de la République Française. Quotidiennement, dans les journaux, télévisés ou sur-papier, il est la, leur cible privilégiée… Nos médias français seraient-ils à ce point si amnésiques : oublier que pendant trois décennies, les CHIRAC, SARKOZY et HOLLANDE n’ont rien fait pour réformer le pays… et donc MACRON auraient tout le poids de notre misère sociale et humaine à supporter, seule et unique responsable de notre malaise, de notre mal-Être, de la gadoue dans laquelle ses prédécesseurs nous ont englués ? Hélas, c’est bien connu : l’herbe est (toujours) meilleure ailleurs, c’est c’l’a même !

« L’année prochaine nous irons,

Dans un pays où il fait bon,

Et nous oublierons la gadoue »

(chanson La Gadoue, paroles de Serge GAINSBOURG)

Emmanuel MACRON a raison de dire : « Notre pays est devenu négatif »… et pourtant la France est l’un des pays parmi les plus ensoleillés d’Europe ! Dommage que les trois députés de La République En Marche (LaREM) des P-O – Laurence GAYTE, Romain GRAU et Sébastien CAZENOVE – ne s’en soient pas (encore) rendus compte, au point d’être d’un silence assourdissant s’agissant d’assurer et d’assumer sur le terrain la promotion des réformes souhaitées et impulsées par le Président MACRON.

Allez, terminons par une information optimiste, sortie ce vendredi matin 22 novembre 2019 : la nationalité française vient d’être à nouveau classée la meilleure du monde : puissance économique, stabilité, liberté de voyager et de travailler à l’étranger… Selon l’indice de qualité de la nationalité mesurée chaque année, la nationalité française est celle qui offrirait le plus d’avantages. Cocorico !

La nationalité française arrive en tête du classement avec un score de 83,5%, juste devant la nationalité allemande et néerlandaise à égalité avec 82,5%, le Danemark complétant le podium avec 81,7%.

Allons voir comment maintenant les médias français vont-ils s’approprier cette excellente nouvelle… Il faut s’attendre à tout.

 

 

La Rédaction de Ouillade.eu