Récemment dans les médias, et en particulier sur BFMTv, Eric Dupont-Moretti, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a dénoncé « une vision mensongère de l’insécurité », appuyant son propos sur des statistiques nationales, particulièrement celles qui concernent « la délinquance des mineurs qui n’a pas augmenté depuis dix ans ».

Pour le Garde ses Screaux, il y aurait donc plutôt « un sentiment d’insécurité » qui se propagerait actuellement dans la société française – au travers des médias, des réseaux sociaux et de la rumeur publique ? – mais concrètement pas de quoi paniquer sur l’augmentation réelle de l’insécurité.

En s’appuyant uniquement sur des statistiques nationales pour répondre aux inquiétudes légitimes de la population et forger une opinion, le ministre de la Justice commet une grave erreur d’appréciation et de jugement.

Dans ma rue, dans mon quartier, sur le front de mer à Argelès-plage, cet été, les actes de vandalisme, d’agressions verbales et de menaces physiques se sont multipliés à grande échelle, « comme jamais » ! Renseignement pris auprès des victimes : aucune, aucune !, n’a porté plainte. La plupart du temps, les victimes répondent que « cela ne sert à rien », « qu’il n’y aura aucun suivi », « que la plainte ira directement au panier »… voire que c’est compliqué pour aller déposer car : « il faut prendre un rendez-vous comme pour aller passer un scanner ou un IRM à l’hôpital » !

Bref, quand les faits sont uniquement matériels, par exemple, les victimes préfèrent « se débrouiller » avec leur assureur.

Dans les allées piétonnes d’Argelès-plage toujours, des commerçants au petit matin ont retrouvé devant leurs devantures des ustensiles pour se mettre la tête dans les étoiles, « à l’envers » comme on dit, voire des gouttelettes de sang, etc.-etc., mais là aussi, encore une fois, pas de traces de plaintes ! Pourtant, les témoignages sous le manteau sont précis et inquiétants : il y a bien une progression spectaculaire de l’insécurité.

Tout cela, faut-il le rappeler à notre Garde des Sceaux, ne rentre pas dans… les statistiques ? Et pourtant, il s’agit bien de faits réels.

Après le terme « d’incivilité » – pour cataloguer des agressions – voilà que nos hommes politiques hauts-placés, aux manettes de la Ve République nous inventent « le sentiment » pour ambiancer l’air du temps. Vraiment, ils sont très, très forts, pour… noyer le poisson ! Edifiant, hallucinant et, surtout, inquiétant pour la suite des événements.

 

L.M.