La presse française s’enflamme autour de ce qu’il convient d’appeler désormais « l’affaire BENALLA » : le journal Le Monde est convaincu d’avoir trouver là son « scoop de l’année », les journalistes français vont enfin pouvoir régler leurs comptes avec un Président de la République impérieux qui les méprise (souvent d’ailleurs très justement), Emmanuel MACRON… Alors, depuis cinq jours, tous les médias confondus en font des tonnes et des tonnes, encore et encore et encore. La vie française s’est arrêtée : circulez y’a rien à (sa)voir, juste « l’affaire BENALLA », le casse médiatique du siècle…

Pauvre petite presse riche.

Les quotidiens, les chaînes de télés d’infos en boucle, les radios « Londres » : haro sur la Macronie, qu’ils n’ont toujours pas digéré. Ils n’acceptent pas la vérité de la réalité : MACRON est en passe de réussir la transformation de notre société à coups de réformes (il faut remonter aux Années-MITTERRAND pour retrouver un tel courage face aux défis et aux verrouillages corporatistes d’une société française corsetée dans ses avantages et privilèges d’une époque révolue).

Les partis politiques ne sont pas en reste. Loin s’en faut. Ils ont là – du moins le croient-ils, l’espèrent-ils – une occasion en Or de tuer MACRON, politiquement s’entend.

On entend les pseudos-Républicains monter au créneau pour se refaire une santé électorale à quelques mois des prochaines élections municipales… Pourtant, et ça s’est passé dans leurs propres rangs, en début de semaine dernière le tribunal correctionnel a condamné sévèrement à un an de prison et dix ans d’inéligibilité la maire d’Aix-en-Provence, Maryse JOISSAINS-MASINI. L’élue Les Républicains (LR) a été condamnée pour : prise illégale d’intérêt et détournement de fonds publics. Rien que ça. Les magistrats l’accusent d’avoir promu indûment son chauffeur Omar ACHOURI (et la création de deux emplois pour les enfants de ce dernier) et fourni des emplois de complaisance à des proches. Vous en avez entendu parler ? Si peu. Le parti LR qui vomit aujourd’hui sur MACRON et son gouvernement n’en a pas dit un mot. Silence radio. Pourtant, pour être crédible aujourd’hui aux yeux de l’opinion publique, LR aurait dû réagir et commencer par faire le ménage dans ses propres troupes, non ?

La semaine dernière encore : c’est le député des Hauts-de-Seine (transfuge de LR étiqueté maintenant La République En Marche!), Thierry SOLèRE, qui, soupçonné de fraude fiscale, a été placé en garde à vue. Le saviez-vous ? Si peu… Il en est ressorti libre, mercredi soir, « sur avis médical », a annoncé le parquet de Nanterre, précisant toutefois : « les investigations nécessaires à la manifestation de la vérité et à la vérification de certains éléments avancés par Thierry SOLèRE se poursuivent ». Les soupçons porteraient sur des centaines de milliers d’euros. Certes, on est encore très loin des records de corruption constatés en Catalogne du Sud où les Jordi PUJOL and C° et autres Artur MAS auraient détourné des millions d’€…

Au sein de la gauche française, le repli n’est guère moins pathétique. Il y a quelques jours, une vidéo montrait un policier en train de tabasser avec une violence inouïe un détenu. La scène se passait dans l’enceinte du tribunal de grande instance de Paris ; elle a été révélée par l’émission « Là-bas si j’y suis ». Des images de vidéosurveillance, d’une durée de près de six minutes, montrent ce gardien de la paix menottant puis frappant au sol un homme qui devait être jugé en comparution immédiate pour vol. Aucune réaction dans les partis de gauche pourtant habituellement si prompts à réagir – ni chez les communistes, ni chez les Insoumis, ni chez les socialistes, ni chez les radicaux – pas plus d’ailleurs au MRAP et à la LICRA. Bizarre-bizarre, non ? Cherchez l’erreur. Pas même une voiture en feu dans les banlieues françaises ! Mais diantre, pourquoi ?… Faut-il s’intéresser à l’auteur de ce passage à tabac pour (mieux) comprendre ? Drôle d’époque.

Revenons à notre chère presse. On l’a beaucoup moins entendue concernant ces fait-divers. Elle a été une discrétion exemplaire. Les cheminots, les retraités, les étudiants, les policiers, les habitants de la ruralité hexagonale (où les services publics fondent comme neige au soleil), etc.-etc., auraient certainement apprécié le combat militant que mènent en ce moment « nos » médias dans « l’affaire BENALLA ».

D’autant qu’à l’arrivée, « l’affaire BENALLA » pourrait bien faire pschitt : l’Elysée constatera des dysfonctionnements, condamnera bien sûr les agissements d’Alexandre BENELLA… puis il suffira de mettre à la retraite un ou plusieurs fonctionnaires, de sacrifier un haut-dignitaire d’En Marche!, voire de faire démissionner un ministre… et « l’affaire BENALLA » est dans le sac.