« Pas de gros festival avant mi-juillet », a annoncé hier soir le Président de la République, Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée consacrée à la crise sanitaire liée au coronavirus (COVID-19) : si dans la foulée les organisateurs du Festival de théâtre d’Avignon (le plus important au monde) ont annulé, nous pouvons déclarer de facto qu’il en est de même pour « Les Déferlantes d’Argelès-sur-Mer » qui traditionnellement se tiennent sur les hauteurs de la commune, dans le célèbre site du Château de Valmy.

L’annulation de l’édition 2020 des Déferlantes va enfin ravir une majorité d’Argelésiens, tant la tenue de ce festival à cette date précisément, au cœur de la saison estivale qui n’a nullement besoin d’un tel rendez-vous pour dynamiser son économie touristique, n’a jamais fait l’unanimité. Loin s’en faut.

En effet, pour nombre d’acteurs locaux de la restauration, de l’hôtellerie (celle dite « de plein air » comprise), des touristes également, à l’exception d’une poignée de boutiquiers-rentiers-« boboïsés » au demeurant fort sympathiques, Les Déferlantes constituaient une plaie économique, un handicap dans le fonctionnement des « saisonniers », pire encore : une fâcheuse contrainte dans le budget communal. Le moment de la remise en question est venu.

Par exemple : le temps du festival, circulation et stationnement étaient interdits dans le secteur géographique de Port-Argelès et du Racou, étouffant une grande partie de l’activité commerciale dans ces lieux. La précédente municipalité n’a jamais voulu entendre la voix des très nombreux riverains fustigeant cette organisation en l’état. L’absence de cette édition 2020 sera à n’en pas douter un temps fort, pour permettre à la nouvelle municipalité de mener la réflexion qui s’impose désormais, autour de l’avenir des Déferlantes dans les conditions qui ont été celles jusqu’ici.

De plus, les organisateurs dudit festival, n’ont jamais réussi à s’intégrer dans le paysage argelésien, à de très rares exceptions près qui confirment la règle générale. Ces organisateurs n’acceptant pas la moindre critique, aussi justifiée soit-elle, avaient pris l’habitude de refuser d’informer sur leur programmation les journalistes qui ne leur ciraient pas les pompes ; on pourrait dire ça comme ça… Cela en dit long sur le fonctionnement interne de cette structure.

Il ne reste plus maintenant qu’à espérer que les subventions généreuses attribuées dans le passé aux Déferlantes (tombées dans le secteur « privé » depuis les derniers étés) soient redirigées vers des actions dynamiques, davantage porteuses d’initiatives cohérentes en tout cas plaidant pour un développement qualitatif, environnemental et innovant, de la commune d’Argelès-sur-Mer.

Alors oui, certains viendront nous bassiner avec le fait que Les Déferlantes exportent ailleurs en France et en Europe une image positive de la plus populaire de nos stations balnéaires… cependant permettons-nous d’en douter très sérieusement, comparativement à ce qu’apporte l’Electrobeach* au Barcarès ! Que depuis des années d’ailleurs soit dit au passage : les organisateurs des Déferlantes dézinguent régulièrement devant une certaine presse. Pas très gentil tout ça, pas du tout confraternel, et surtout pas très « pro ».

 

L.M.

 

*Les organisateurs de l’Electrobeach eux n’ont pas attendu l’intervention hier soir du Chef de l’Etat pour annuler le spectacle… Ils l’ont fait, à contre-coeur certes, dès la semaine dernière, ne serait-ce que par respect pour les partenaires officiels. C’est aussi ça « être professionnel ».