Selon le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, l’aide accordée à près de trois milions de familles en France pour la rentrée scolaire, serait en partie consacrée à l’achat… d’écrans plats. Il aurait pu ajouter également « ou à des vêtements, chaussures et accessoires de marques » !

 

Car nombre d’éléments – Qu’il s’agisse de faits relevés auprès de vendeurs en téléphonie, boutiques de vêtements de sport, et donc dans les rayons Hifi-Tv-Audio-Informatique… -, témoignent en faveur des propos tenus par le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer. Même des enseignants le reconnaissent et s’en inquiètent !

Une fois de plus, et c’est tout simplement hallucinant, il n’y a que les medias pour ne pas le croire. Plutôt que d’aller enquêter sur le terrain, les journalistes préfèrent polémiquer, en appuyant leur controverse qui n’a pas lieu d’être sur les données issues d’une enquête annuelle de la Caisse nationale des Allocations Familiales (la fameuse CAF) qui contredisent le ministre.

Deux enquêtes donc réalisées par la CAF en 2002 et 2013 – y’a fatem ! -, concluent que les familles consacreraient l’essentiel du montant de cette allocation scolaire de rentrée aux dépenses scolaires. Evidemment, la question posée aux familles concernées est : « Utilisez-vous cette allocation pour des dépenses liées à la rentrée scolaire ? »… Et, évidemment, il n’y a que les enquêteurs de la CAF pour imaginer que les familles pourraient répondre : « Non, c’est pour équiper le foyer en électroménager » ; « Non, c’est pour partir en vacances » ; « Non, c’est pour acheter un smartphone » ; « Non, c’est pour m’offrir un Home Cinéma » ; « Non, c’est pour inviter ma maîtresse dans un restaurant gastronomique »… Faut-être vraiment naïf !

Malgré cela, et il a parfaitement raison de maintenir son propos, Jean-Michel Blanquer n’a pas bougé d’un iota sur sa position. Interviewé sur Brut mardi, il a affirmé que « les quelques références qu’il y a sur le sujet sont assez datées et sont déclaratives ». « A partir du moment où vous donnez des moyens en euros, vous ne pouvez pas être certains que 100 % des gens vont les dépenser pour les enfants, c’est évident », a-t-il assuré avant de refaire un parallèle avec les ventes d’écrans plats qui « augmentent au mois de septembre ».

D’où la proposition – d’ailleurs qualifiée « d’intéressante » et méritant « d’être étudiée » par le ministre -, de la députée de la 1re circponscription de la Nièvre, Perrine Goulet (MoDEM), « de verser l’allocation de rentrée scolaire (ARS) sous la forme d’un bon d’achat ». Pourtant, cela ne règlera pas pour autant le problème. La preuve : cela n’empêche par les possesseurs de tickets-restaurant d’aller faire leurs courses au supermarché d’à-côté ou de garnir leur dressing.

De plus, rappelons ici que nombre de collectivités territoriales et locales – Régions, Départements, Intercommunalités, Municipalités – mettent déjà la main à la poche pour équiper les élèves (ordinateurs et matériels divers gratuits, etc.-etc.) ; on peut donc, dans certains cas, légitimement s’interroger sur l’attribution forfaitaire d’une telle allocation : destinée à quoi ?…

 

L.M.