ESTAGEL : résultat sans surprise, le FN en tête

Comment en sommes nous arrivés là ? Telle était la question qui venait sur toutes les lèvres à la sortie de la salle Arago après que les résultats globaux aient été donnés par le premier magistrat, Roger FERRER (PCF).
( nombre d’inscrits = 1 557, de votants = 1199 – FN 551- Macron 478)

Nous serions tentés de répondre : « C’est parce que depuis des décennies, dans notre pays, l’alternance droite-gauche, a toujours fait le jeu des nantis ». Mais cette formule lapidaire, convient-elle vraiment à la situation ? La politique ne doit-elle pas s’élaborer au plus près des citoyens ? Ceux qui en sont détenteurs, ne doivent-ils pas faire preuve de courage et entrer en résistance si cela s’avère nécessaire ?

La dégradation politique au niveau local, l’enfoncement dans l’abîme

Nous ne reprendrons pas tous les exemples qui, malheureusement, sont venus remplir notre besace trop pleine aujourd’hui et qui sont la suite logique, à notre avis, du score du FN. Nous ne donnerons pas non plus les dates des déclarations et autres. Cela serait trop fastidieux. Nous les tenons toutefois à la disposition de tous ceux qui aimeraient vérifier.

En 2013-2014

Un réfugié économique venu de Catalogne Sud, est laissé pendant des mois, seul, vivre dans sa voiture. Après l’alerte donnée par un citoyen aux autorités municipales, le premier réflexe du maire a été de lui rendre visite pour lui demander sa carte d’identité. Mauvais réflexe dirons-nous alors que la personne concernée n’avait pas un quignon de pain à se mettre sous la dent. Nous avons encore de nombreux contacts avec cette personne. Elle peut, dans un éventuel débat, venir témoigner.

En 2014, les municipales

Monsieur POIROT, secrétaire de la section du PCF, responsable départemental de ce même parti, adresse un courrier au maire de Tautavel monsieur Guy ILARY lui demandant la possibilité d’intégrer sa liste. Cette lettre a été publiée dans le « Travailleur Aglyan », supplément du « Travailleur Catalan » en décembre 2013.
Après ces élections, une drôle de conception de la démocratie est mise en place à Estagel. Les élus de l’opposition devront présenter leurs questions au Conseil municipal, par écrit. Rien n’oblige cette mesure qui ampute le débat, dans les villes de l’importance d’Estagel.
Ce même M. POIROT, pour les municipales, adresse son soutien à l’actuel maire de Montner, M. BARBARO, qui a donné son parrainage à Emmanuel MACRON pour la Présidentielle.
Pour les Départementales, il organise le « jumelage » entre Mme BEUZE (PCF) et M. CHIVILO, maire de Maury, ex-PS. Pour la circonstance, ce dernier est devenu PRG, a donné son parrainage à Emmanuel MACRON et a été investi par ce même PRG pour les législatives prochaines. Depuis, aucune déclaration émanant du responsable du PCF, n’est venue condamner ces revirements politiques.
Dans la foulée, le maire d’Estagel, Roger FERRER (PCF), n’hésite pas à voter avec le maire LR (Les Républicains) de Perpignan à la Communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM). Pour ce qui est de l’adhésion de notre village à cette dernière, il fait preuve du plus grand opportunisme pour justifier son adhésion pleine et entière. Nous n’oublierons pas le nom de Jules FERRY, monarchiste, colonialiste, ennemi de la commune, donné à l’école nouvellement construite.
Nous ne parlerons pas de la non prise de position entre les deux tours de ces dernières élections. Le problème n’est pas que des citoyens disent ce qu’ils pensent. Il est, que trop souvent, les premiers magistrats de trop de communes, ne se positionnent pas.
La liste est encore longue. Nous arrêterons là.
Nous rappelons toutefois, qu’une simple lettre, très ambiguë, publiée sur les réseaux sociaux par les soins de la personne agressée, a été signifiée à la victime de l’agression du soir du dépouillement. C’est tout juste, si ce n’est elle la responsable de tous les maux, y compris les scores du FN dans le village. Grotesque !
Il a été porté à notre connaissance depuis, que dans le même moment, une dame a été brutalisée par le même énergumène.
Tous ces manquements, n’amènent-ils pas au vote FN ? De renoncements en renoncements, pour être comme les autres, voilà le résultat.
Comme le disait Gandhi : « Montrer l’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul ». Il nous semble que pour ce qui est de nos édiles, nous sommes loin du compte ou tout simplement à l’inverse. Ils donnent trop de mauvais exemples.

Le rendez-vous avec l’histoire

Pour s’inscrire dans le contre-courant nécessaire pour arrêter, stopper, la recrudescence des idées du FN, nos édiles municipaux, ont rendez-vous avec l’histoire. Aujourd’hui !
Ils doivent inverser leurs décisions politiques, reconnaître leurs erreurs passées, faire amende honorable, s’inscrire dans le sens de l’histoire, du progrès. Ils doivent faire leur aussi, la maxime attribuée à Voltaire : « Je pense le contraire de ce que vous avancez, mais je suis prêt à me battre pour que vous puissiez l’exprimer ».
Ce qui revient à dire, pour l’adapter au terrain, que tout doit être mis en œuvre pour organiser le débat, si possible fraternel, sans tabou ni a priori. Ouvrons ce débat, dès le prochain Conseil municipal. Choisissons tranquillement notre camp sans insulter l’autre. Réconcilions nos concitoyens. Nous ne pourrons y arriver, qu’en cessant de montrer du doigt la moitié des Estagelloises et des Estagellois.
Il nous appartient de veiller, tous ensemble, à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers, pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés, pas cette société où l’on remet en cause les acquis de la Sécurité sociale, pas cette société où les médias sont entre les mains des nantis.
Si ces mesures sont prises, si la décision est entérinée de changer de braquet, alors oui, les 38 maires qui se sont succédé depuis 1792 aux responsabilités de la gestion de notre village, de M. GARRIGO à Raphaël MORAT, en passant par Antoine ARAGO, Désiré TIXA, André DELONCLE, Antoine SARDA, pourront continuer de dormir tranquille sous le regard attentif de Lucile SUSPLUGAS.
S’il en était autrement, dans cinq ans, c’est le FN qui risque de gouverner la France, car la politique d’Emmanuel MACRON continuera de fabriquer des mécontents.
Alors, mesdames et messieurs les édiles municipaux, à vos responsabilités.

Joseph JOURDA.