Comme nous sommes loin du 15 mars dernier, premier tour des élections municipales, élections qui d’ailleurs n’ont pas encore connu leur prologue, même si les bases sont jetées pour continuer. Mais continuer comment, vers où ?

Comme nous sommes loin des petites phrases voulues assassines exprimées pour acquérir un pouvoir illusoire, ceci d’autant plus dans nos petites communes rurales. Comme nous sommes loin de l’esprit méprisable qui tend à faire mal, blesser, mépriser, humilier, ou encore à essayer de mettre au ban de la société des opposants souvent lucides sur l’avenir. D’autres choix humains sont possibles. Il suffit de s’en convaincre.

Sommes-nous à un tournant de notre société ?

Certains disent « que les choses ne seront plus comme avant ». D’autres « que la situation va être pire ». Une réalité apparaît, pour peu que la réflexion prenne le pas sur l’immobilisme, sur la vision étriquée du pas à pas, sans regarder plus loin que le bout du soulier.
Les enjeux sont ailleurs. Ils dépassent le confinement, le masque autorisé ou pas, du protocolaire ou fait main. Il sont ailleurs qu’une rentrée des classes usurpée, ne servant en vérité que de garde-enfant pour les forces du capital. Ces mêmes forces qui ont la prétention aujourd’hui, au travers des dires du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, de vouloir sauvegarder notre économie, alors qu’elles travaillent depuis des décennies à la détruire. Bien évidemment, ces choses deviennent essentielles dans la vie de tous les jours et sont à prendre en compte par celles et ceux qui, dans la dernière période, ont demandé la confiance des électeurs. Électeurs aujourd’hui perdus, dans un brouillard risquant de devenir givrant, si des positions claires ne sont pas annoncées sur toutes les réalités de la vie de tous les jours.
C’est pourtant ce qui se dessine au vu du regard porté sur l’actualité.
Sur les 36 000 maires en exercice, uniquement quelques centaines, en étant généreux, se sont prononcés contre la rentrée des classes le 11 mai. (la rentrée n’est qu’un exemple.). Ce qui revient à dire, que le pouvoir en place, tant décrié sur les réseaux sociaux, a encore de beaux jours devant lui.
Comme pour les Gilets Jaunes, ceux qui gouvernent, ont déjà mis en place la contre-offensive pour faire face à un mouvement qui pourrait voir le jour, grandir et triompher pour construire autre chose au service de l’humain.

La place à ceux qui produisent les richesses

Ils vont à nouveau prendre appui sur ceux qui sont au plus près des populations : les maires et leurs Conseils municipaux. Dans le même temps, combien de fois ces derniers ont été bousculés par des propos proches de l’offense, par le chef de l’Etat en personne ? Qu’à cela ne tienne. Une petite parole sympathique, laissant supposer un pouvoir pour nos élus locaux et tout est oublié. Toujours trop enclins à recommencer avec le sourire, trop sensibles à la brosse à reluire diront certains, s’adressant ainsi aux élus dits de proximité.
Demain, les choses seraient différentes, si en lieu et place de courber l’échine, de sourire lorsqu’il faudrait crier à la révolte, ces femmes et ces hommes disaient non, ça suffit. Et le disent haut et fort.
Bien évidemment, la destinée de notre pays, ne passera pas exclusivement, par des positions plus fermes, plus tranchées, plus radicales venant de leur initiative. L’intervention de ceux qui travaillent, qui produisent les richesses, qui font vivre l’économie, le pays, sera toujours déterminante. Sans cette alchimie aux composantes pourtant si simples, rien de possible pour l’avenir. L’homme providentiel n’existe pas. Les exemples ne manquent pas dans notre histoire, récente ou passée, pour étayer ces dires. Seul un rapport de force organisé, favorisé, instruit par des femmes et des hommes déterminés, pourra faire évoluer dans le bon sens la situation dans laquelle nous nous trouvons.
Alors, oui ! L’heure est peut-être venue, de mettre du sable ou du sel sous nos pieds (au choix), pour arrêter de glisser dans le même sens, celui de l’intérêt, grand ou petit, de quelques-uns.
L’heure est peut-être venue de commencer à construire un monde de Paix, de Justice, de Liberté.
Les semaines à venir, vont être déterminantes.
La balle est dans notre camp.

Joseph JOURDA