Nos chers platanes n’ont pas encore perdu toutes leurs feuilles. Encore un petit effort, une petite gelée, un brin de tramontane et l’affaire sera réglée. Pendant ce temps, les étiquettes virevoltent, se posent, repartent, s’accrochent.

Certaines resteront pour longtemps, collées à la peau de la dérision, de l’outrecuidance, telle une symphonie de paroles inédites, qui explosent dans un ciel pourtant bien calme, serein, mais pourtant impitoyable.

Dans mille ans, dix mille peut-être !

Il est bien sûr, en ces périodes électorales, question d’étiquettes politiques et non pas, de celles immuables pour l’année, que nous collions sur nos livres et cahier de classe dans un temps bien révolu. Nous en sommes aujourd’hui à l’époque du numérique ou tout reste gravé à jamais sur des disques durs. Dans mille ans, dix-mille peut-être, nos descendants pourront ainsi, après quelques clics côté droit, retrouver rapidement l’histoire d’un village, d’une cité, de son histoire politique, des moments forts des élections municipales.
Ainsi, lorsque les recherches seront orientées vers celles de mars 2020, dans le chapitre « étiquettes politiques des candidats », nos descendants qui auront réglé à jamais le problème du mépris envers les « sans dents », pourront lire : « Le maire sortant a eu tout loisir pour changer sa marque, son étiquette. De candidat du PCF en 2008, il est passé à celle de divers-gauche le 18 mars 2018, pour revenir à ces anciens amours le 19 décembre 2019  (lu dans le journal local de l’époque en haut de page…à droite de la page 8) ».
La rubrique continuera certainement ses rappels, en précisant « que le Parti Communiste, à l’occasion des ces élections, s’est engagé à appuyer, entr’autre, la candidature du maire du village d’Estagel, le bien nommé, village qui a vu naître l’illustre François Arago, etc. ».
Et de continuer de préciser, que ce dernier, (pas François Arago, mais le maire sortant), en date du 19 décembre, n’avait pas encore fait acte de candidature ou tout du moins considérait que s’il « partait » pour un troisième mandat, c’est parce qu’il n’y avait personne d’autre. Merci pour les autres ! Ces derniers petits quatre mots, ne seront certainement pas écrits, car comme nous l’avons dit un peu plus haut, les générations futures, n’en doutons pas, auront réglé le problème du mépris.

Une page d’anthologie

Cette page d’anthologie politique, côtoiera l’œuvre de Charlie Chaplin. Celle des temps modernes, qui racontera certainement sur le fond de la pensée universelle, la même histoire : ou comment se débarrasser de l’impitoyable loi de la jungle qui retarde celle de l’émancipation humaine. Dans l’analyse qui pourra être inscrite en lettres d’imprimerie, nos vaillants descendants pourront apprécier : « Mais qu’ont-ils fait à ce moment-là, de leurs amours, de leur détermination, de leur fierté pour une cause bien entendue, celle de changer le monde ».
Nous terminerons là, nos élucubrations.
À nous de faire en sorte, que la fin de cette histoire se termine en faisant toute sa place à l’intégrité, dont le monde ne peut pas se passer, s’il veut continuer d’avancer sur les bons rails pour une éternité bien raisonnée.

Joseph JOURDA