Estagel/ Municipales 2014 : « Un choix impossible »

Sous ce titre, Joseph Jourda communique :

« Toujours, dans nos villages, les veilles d’élections sont des moments privilégiés où les langues se délient et où les esprits prennent un air de Liberté. Pas autant que je le souhaiterais mais quand même. Ainsi, la place Arago, le dimanche matin, est un de ces lieux qu’il faut absolument fréquenter car il risquerait de manquer quelque chose dans votre culture générale. Ce serait dommage. J’ai connu l’époque pas si lointaine, où elle était l’agora du village. Tous les jours de l’année, des discussions enflammées, passionnaient les groupes qui se formaient. Que de souvenirs ! Les temps changent, mais l’esprit reste. Estagel, mon village, continue d’exister avec cette franchise, ce franc parler où les choses doivent être dites. Est-ce une résurgence de l’esprit de F. Arago le Républicain ou bien celui d’un Parti de progrès, que je ne nommerai pas et qui comptait 150 adhérents. Nul ne saura le dire. Que ceux qui voudraient qu’il en soit autrement, c’est à dire que les gens se taisent, n’écrivent plus, disparaissent de la vie politique car c’est de démocratie directe dont il est question et il ne faut pas toucher à la démocratie. L’histoire nous enseigne que lorsqu’il en est ainsi les simples gens souffrent les mille maux. Qu’ils sachent que les idées ne peuvent pas être mises en prison. Elles passent à travers les barreaux. Ni les insultes, ni les menaces cachées n’y peuvent rien. On ne fait pas rentrer dans le rang des êtres humains lorsqu’ils sont libres. Les ceps de vigne, les légumes peut-être, pas les humains. Qu’ils sachent qu’à travers le monde des femmes, des hommes meurent pour des idées. Le Che disait : « Mieux vaut mourir debout que vivre à genoux ». Comme cette maxime est belle !

Donc, des élus ou des candidats, pratiquement invisibles depuis les dernières élections, apparaissent soudain, comme par enchantement, semblant sortir d’une boite magique, comme le lapin ou la blanche colombe(au choix) du chapeau du magicien. Tiens donc, quelqu’un leur devrait-il quelque chose ? Ne soyons pas mauvaise langue. Ils viennent « cueillir » les voix des électeurs en toute simplicité, sans démagogie, en toute candeur mais souvent sans pudeur. Mais à Estagel comme ailleurs j’espère, les gens ne sont pas dupes. Ils sourient poliment mais n’en pensent pas moins. De temps en temps tout de même, une réflexion, une parole bien sentie font comprendre que la discussion a été serrée même si l’on n’a pas tout entendu. Ainsi dimanche dernier, un électeur répondait à un candidat en lui disant : « …entre la peste et le choléra je ne choisis pas ». Effectivement, cet électeur à raison, le choix est impossible. Personnellement, je pense que ces deux maladies doivent être combattues avec la plus grande détermination, la plus grande fermeté. Autrement c’est la mort assurée ainsi que la médiocrité de la vie à venir pour nos enfants. A Estagel comme ailleurs, les citoyens veulent vivre.

Je sais de qui il était question dans la discussion, mais je ne le dirai pas. Venez dimanche prochain sur la place vous en saurez un peu plus. Enfin j’espère ».