C’est avec attention que nous avons feuilleté le dernier bulletin municipal distribué ces derniers jours. Plein de satisfactions, comme il se doit, à la gloire des élus de la majorité, mais rien en ce qui concerne ce qui n’a pas été fait.

Nous n’aurons pas la prétention de citer tous les aspects laissés sous silence. Il nous semble toutefois que deux sont dignes d’intérêt.

La solidarité avec les travailleurs en lutte

En principe, les élus de gauche, qui de plus est communistes, sont toujours considérés comme des supports utiles aux luttes des travailleurs. Or, voilà notre pays traversé par des grèves. Principalement par celles des cheminots qui, avec un courage exemplaire, défendent non seulement leur profession, mais dans le même élan, tout le service public.
Dans notre milieu rural, nous savons bien l’utilité de ce dernier. Nous savons que depuis la fermeture de la perception à Estagel, les démarches requises sont toujours plus compliquées pour les citoyens. La permanence des impôts également à été supprimée de l’ordinaire.
D’autres services qui pourraient être assimilés au service public ont disparu.
La permanence de la MSA (mutualité sociale agricole). Groupama, l’assurance des agriculteurs a aussi fermé son bureau dans le village. Il fut un temps ou, par exemple, la solidarité des élus s’était manifestée envers les ouvriers de chez Bella, l’entreprise de fabrication de poupées, patrimoine départemental. D’autres solidarités ont existé comme pour défendre en son temps, le bureau de poste au bord de la fermeture. Un barrage filtrant avait ainsi été organisé par les élus.
Si nous nous réjouissons de la rénovation des toilettes publiques, de l’agrandissement d’un parking déjà existant, d’une signalisation horizontale et verticale améliorée, etc., etc., nous regrettons que cette solidarité ne s’exprime pas. Elle est pourtant déterminante pour que vive le milieu rural avec tous les services publics. Sans eux, le développement économique n’est guère envisageable et leur disparition met en péril, d’ores et déjà, l’installation de la future zone économique.
Alors, nous dirons tout simplement et en prenant un raccourci pour être compris, qu’être solidaire des cheminots, c’est défendre et aimer son village, défendre la ruralité. Nul doute, que le maire, Roger FERRER (divers gauche) et ancien de la CGT des douanes, aura à cœur de rectifier ce manque à gagner pour tous.

Un déni de démocratie à notre porte : Catalogne du Sud

Si plusieurs mois de tergiversations ont été nécessaires pour apposer des panneaux « Pays Catalans » aux limites du village, nous aurions pu penser que nos élus majoritaires avec une étiquette bien déterminée et que chacun connaît, auraient pu être d’avantage sensibles aux manquements à la démocratie dans le pays à une soixantaine de kilomètres d’Estagel.
En effet, lorsque des hommes, des femmes, sont jetés en prison ou mis dans l’obligation de s’exiler pour continuer leur combat pour des idées, cela porte un nom : la répression politique.
Il est vrai qu’il est plus aisé de rendre grâce à sa majesté le roi d’Espagne, héritier de Franco, ou au Prince de Monaco, que de se porter garant de Républicains qui n’ont eu de cesse depuis des décennies, de lutter pour la démocratie, de lutter pour la reconnaissance légitime de leur identité, de leur culture qui, en partie est aussi la nôtre.
Mais là non plus nous ne fermerons pas la porte. Nous souhaitons que la signature du maire d’Estagel (divers gauche), vienne s’ajouter aux 28 noms des maires du département réunis le 4 avril dernier à Pézilla-la-Rivière, pour réclamer la libération des personnes emprisonnées, la fin des pressions et des menaces, la fin de poursuites judiciaires.
Voilà ce que nous aurions aussi aimé voir dans le dernier bulletin municipal.
À moins que « ne pas faire de politique » soit l’adage de nos élus majoritaires ? En ces périodes compliquées, leurs prises de position auraient été les bienvenues pour les électeurs du village profondément attachés à tous les aspects de démocratie à travers le monde.
Mais il est toujours temps de rectifier. Un homme ne se grandit-il pas à reconnaître ses erreurs ?

Joseph JOURDA