Cette année 2020 restera dans les mémoires comme étant celle qui aura vu la désignation des élus municipaux traîner aussi longtemps. Elle sera celle aussi, qui aura vu les tergiversations les plus humiliantes, se dérouler sous nos yeux de simples citoyens. Nos édiles, en ont-ils conscience ?

Des changements d’étiquettes politiques en cours de mandat pour revenir en arrière, comme dans notre village par exemple (voir le journal local du 18 mars 2018 ou notre maire était devenu « divers gauche » pour finalement, redevenir PCF), aux tractations pour les représentants aux Communautés de Communes, la liste est longue et semble vouloir encore s’allonger.

Les prochaines échéances

Ainsi, pour le canton de Rivesaltes dont Estagel fait parti, nous voilà avec la présence de Toussainte Calabresse devenue maire de Caudiès-de-Fenouillèdes, conseillère départementale. Est-elle venue dans le Fenouillèdes pour prendre une retraite anticipée ou pour essayer de garder son siège au département ? Dans cette hypothèse, que va devenir le binôme existant, Charles Chivilo et Lola Beuze, inscrit sur les bancs de gauche ? Encore une nébuleuse, direz-vous ? Pour le simple citoyen certainement. Pour les futurs candidats, pas tellement. Il faut conserver un siège.
De quoi souffrent en particulier, les électeurs qui se réfugient dans l’abstention ? De clarté politique à n’en pas douter. Malheureusement, nous avons comme une impression que cela va encore perdurer. Trop de candidats, vont encore dire vouloir se projeter dans un avenir lumineux, placé sous le signe de la franchise.

Qu’en pensent les citoyens ?

Tu es de droite et tu affirmes : profond respect.
Tu es de gauche, et tu assumes : profond respect.
Tu es communiste et tu revendiques : profond respect.
Évidemment, dans un camp ou dans l’autre, le raisonnement est bon à partir du moment ou la position politique a été prouvée par des actes, par une adhésion.
Par contre, tu te caches derrière des suppositions fallacieuses, tu ne donnes jamais ton étiquette politique, tu n’exprimes jamais ta philosophie, tes convictions, tu ne combats pas des orientations politiques contraire aux tiennes : profond mépris ! Autrement dit, pour ce mépris mérité, lorsque tu revendiques le : « Je suis ni pour, ni contre ». Certains Estagellois ont en mémoire de tels propos.
Dans ce cas, tu ressembles à cette vipère qui se cache dans un buisson ou les couleurs se confondent et qui vient te pincer alors que tu ne fais plus la différence, que ton attention est relâchée à cause de ta supercherie.
Tu ressembles à cette misère. (la plante.) Certaines sont ornées de brillants, mais elles restent « la misère ».
Tu ressembles à ces plats sans consistance harmonieuse dans la saveur, qui te laissent finalement un goût amer dans la bouche et qui finit par exploser dans la cuvette des WC.
À la suite de toutes les dernières tergiversations électoralistes, il serait bon de faire autrement. Une majorité de citoyens le pensent, même s’ils n’expriment pas leurs pensées tout à fait légitimes. Arrêtons de nous féliciter, de n’importe quel bord que nous appartenions, d’une élection d’un candidat avec 20-30 % des inscrits.
Arrêtons de ne rien dire quand ça nous arrange, et de crier au voleur lorsque ça ne nous arrange plus.
L’abstention, comme chacun le sait, est la cause d’un mal bien plus profond pour notre démocratie.
Nous ne pouvons pas non plus nous retrancher indéfiniment derrière le : « l’abstention est l’expression de… ».
D’autre part, il n’est pas sûr que de jeter l’anathème sur les gens, de les mépriser, de les humilier, soit le meilleur moyen de rassembler.
Il n’y aura pas de raccourci pour changer le monde. Ceux qui le croient, de deux choses l’une. Ou ils ne veulent rien changer, ou ils sont impatients et n’ont pas encore compris que rien n’est mécanique, rien n’est spontané.
Il faut prendre le temps de convaincre. Il n’y a pas d’autre solution. Il faut essayer de faire, pas uniquement pendant une période électorale, mais bien entre deux élections.
N’est-ce pas cela le débat démocratique ?
C’est ce que nos populations attendent !

Joseph Jourda