Nous avons pu apercevoir, comme des chats mouillés après un orage et pressés de se sécher, quelques candidats, sans pouvoir dire lesquels. Nous avons pu les entrevoir sur le marché du vendredi à Estagel. Celui du lundi n’existant pratiquement plus, sans que personne ne s’en offusque. Ce jour-là, et toutes les semaines, un vendeur de fruits et légumes, bien sympathique d’ailleurs, vient pourtant honorer la place du Général de Gaulle.

Où sont donc passées ces folles années, où la question démocratique se discutait dans la rue, au porte-à-porte, ou encore autour du zinc ? Aujourd’hui, tout semble mis en œuvre pour mettre le citoyen devant les rumeurs et finalement devant le fait accompli comme dans un bal de carnaval mal fagoté.

 

Même pas de promesses visibles, audibles 

 

Même si ces dernières n’engagent que ceux qui y croient, il n’en reste pas moins que, à partir du moment ou personne ou quasiment n’est là pour les entendre, elles deviennent invisibles, tout à fait inaudibles et donc inopérantes.
Ce qui reste de cette campagne électorale, est rapidement décrit. Quelques tracts, diffusés à la sauvette. Quelques affiches, collées par un courageux et lorsque nous connaissons l’influence de ces dernières !
Attention toutefois. Je ne dis pas qu’elles sont inutiles. Bien au contraire.
Quelques visites inopinées dans le haut canton du Fenouillèdes, ou la présence de l’homme ne se compte que par quelques unités au kilomètres carré.
Une réunion publique, à ma connaissance sur Estagel, ou deux ou trois dizaines de l’élite plus ou moins locale, s’est retrouvée. Pour discuter de quoi au fait ? Rien n’a filtré comme d’habitude.
Reste un ancien journal, qui fait sa réapparition. Depuis janvier 2021, nous n’avions pas vu son titre. Bizarre ! Il réapparaît juste avant les élections. Comme pour affirmer : « Je suis bien comme tous les autres. Je ne tiens surtout pas à être porteur de combats émancipateurs ». Et en effet, rien, dans le contenu, ne pouvait donner une lueur d’espoir. Le vide politique sidéral qui nous sidère.

 

Pourtant, les sujets de conversation ne manquent pas

 

Il y a celui de l’eau, ou rien de significatif n’a été porté à la connaissance des citoyens pour enrayer une situation qui devient catastrophique. Évidemment, sur ce sujet, rien sur le vote des élus de la Métropole Perpignan Méditerranée. Par leur vote, ils viennent de passer le relais à des sociétés privées pour la gestion. Seuls les élus de Cabestany ont voté contre.
Celui de la santé, alors que notre ruralité est en train de devenir un désert médical. Aucune petite phrase sur la maison de santé de Latour-de-France.
Et encore, celui du transport ou aucune allusion n’a été faite au train du Fenouillèdes.
Aucun signe envers la viticulture et les caves coopératives, qui connaissent pourtant des moments de détresse, à la limite d’une misère annoncée.
Rien non plus, sur la perte de revenus depuis des mois, pour les commerçants.
Aucun propos, ne serait-ce de compassion, envers le rôle joué par les aides ménagères qui continuent d’être rémunérées avec un lance-pierre. Pourtant, à notre connaissance, le budget des associations d’aide à domicile, vient d’être alimenté par le département. Rien non plus sur le musée de Tautavel, fleuron de notre arrière-pays en matière de culture et de tourisme. Une perspective de redéploiement semble passionner bien des cœurs.
Et pourtant !

 

Et pourtant, que pense le citoyen normal ?

 

Pour ce dernier, qui connaît bien tous ces problèmes, car ils font partie de son quotidien, pas ou peu d’alternative.
« Pour cette fois, je vais rester à la maison. Je n’ai aucune connaissance des propositions faites. Je ne connais personne, aucun candidat. »
Voilà rapidement résumé, l’état d’esprit des électeurs en vue des élections législatives.
Et cet état de fait, n’est pas celui des plus jeunes. Bien au contraire.
Cette situation est d’autant plus alarmante pour la démocratie.

Joseph Jourda