L’excuse de la partie de pêche ne tient pas. Le beau temps n’était pas vraiment pas de la partie. Le repas en famille, pas plus. La panne de voiture, encore moins. La pandémie, elle est sur son déclin. En vérité, un rendez-vous manqué qui risque bien de se perpétuer.

Rien n’y fais. Pour cette fois, les médias sont à la peine. Les explications plus ou moins convaincantes pour expliquer l’abstention ne sont plus recevables, ne sont plus reçues. Une constatation : le phénomène s’amplifie.

Ce phénomène électoral s’amplifie

Pour cette élection, dimanche soir et ce lundi matin, il n’a pas été rare de rencontrer des anciens dire :  » c’est la première fois depuis que j’ai le droit de vote, que je suis resté à la maison ». Cette phrase, elle est toujours dite avec les lèvres crispées, une intonation particulière dans la voix. Cette phrase, dite avec amertume par nombre de nos anciens, résume bien la situation politique dans laquelle nous nous trouvons. Jetés dans un brasier avant la damnation pouvons nous dire sur le ton de la plaisanterie, mais pour essayer aussi de situer le problème le plus simplement possible.
Il faut bien se l’avouer. C’est une défaite d’une certaine pratique politique qui tend à dire : « votez pour moi, ne vous inquiétez pas du reste ».
Ceux qui, dans une semaine, auront retrouvé leur mandat, ou qui vont l’acquérir pour une première fois, sont-ils persuadés qu’il faut changer cette pratique politique au risque, dans 10 ans, de ne plus voir personne dans les bureaux de vote ?
Un certain scepticisme flotte dans l’air. Même les sortants et peu importent les étiquettes politiques, qui ont bénéficié pour ce premier tour de la prime, n’ont pas le droit de se réjouir du résultat. Lorsque seulement 30 % des électeurs se déplacent, on pleure.

Quelle traduction au niveau local

Rien n’y a fait.
Par exemple, à Estagel, où le maire Roger Ferrer a signé l’appel appelant à voter pour Carole Delga, cette dernière n’a obtenu que 228 voix. Pour les municipales, la liste sortante en a obtenu 743.
Il est vrai que mis à part quelques initiés, peu de citoyens ont été informés de l’appel de l’édile municipal. Nous laissons à l’interprétation de chacun cette situation.
L’influence d’un maire, dont certains se contentent d’avoir dans leurs fichiers comme s’ils étaient une reconnaissance existentielle, serait elle remise en cause pour finalement ne servir à rien ?
Bien sûr, nous laisserons le soin à des politologues pleins de savoir, d’interpréter cette abstention massive. Elle est tellement emplie de contradictions. Chacun a des motifs bien à lui. Une chose est certaine, elle existe. La crainte est qu’elle devint durable. Ce qui reviendrait à dire, qu’elle est effectivement une expression politique, qu’il n’est plus besoin d’aller chercher dans les votes blancs, peu nombreux en proportion.
Le risque est grand de voir un système s’ériger en loi, ou uniquement, un petit nombre d’électeurs (30 %), aurait finalement la possibilité grâce à leur savoir, de décider pour les autres. La vérité ne peut pas être celle-là. Ce système existait dans notre pays. Le vote censitaire. Il a été aboli.

S’abstenir, la seule solution ?

Mais s’abstenir, veut aussi dire se taire. Ne pas revendiquer. Jusqu’à quand dirons-nous ? La rue, sera-t-elle demain le seul lieu pour se faire entendre ?
Nous terminerons nos propos par un simple exemple. Avez-vous remarqué, sur les affiches électorales, comme il a été difficile de savoir à quel parti politique était assujetti tel ou tel candidat ? Une seule affiche était lisible.
Et si le changement de pratique commençait par là ?
Plus de clarté, et moins de tambouilles politique.
La démocratie, c’est notre sentiment, en sortirait gagnante.

Joseph Jourda